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Bovins
Mieux connaître ses bovins pour travailler en sécurité

Les bovins ont des particularités sensorielles qu'un éleveur se doit de connaître et d'intégrer dans son quotidien sur son exploitation. Passons-les en revue.

 

Connaître finement les caractéristiques et les perceptions sensorielles de ses animaux permet de travailler  en sécurité.
Connaître finement les caractéristiques et les perceptions sensorielles de ses animaux permet de travailler en sécurité.
© © HLP

« Tout propriétaire de bovins se doit de connaître finement les caractéristiques et les perceptions sensorielles de ses animaux. Il s’agit notamment de repérer les dominants et les plus apeurés afin de travailler au mieux, en santé et en sécurité, avec son troupeau. Un bovin n’a pas les mêmes perceptions qu’un humain. L’éleveur doit en être conscient pour éviter les risques d’accidents qui peuvent malheureusement être graves, voire mortels » indique Nadège Mallet, conseillère en prévention des risques professionnels à la MSA Auvergne.

Pour mieux comprendre vos bovins, la MSA Auvergne propose aux éleveurs de prendre connaissance de leurs particularités ; c’était justement l’objet de l’atelier proposé à l’occasion de la journée bâtiment organisée par la Chambre d'agriculture le 28 février, et animé par Nadège Mallet et Sébastien
Paquet, responsable du service prévention. Passons chacun de ces sens en revue afin de mieux comprendre ce que perçoit véritablement un bovin.

 

Vision panoramique et saccadée

 

Chacun sait que les animaux n'ont pas du tout la même vision que les êtres humains, mais savez-vous vraiment ce que voit un bovin ? Les bovins ont une vision panoramique jusqu'à 330° et ce sans bouger la tête, ce qui signifie qu'ils voient pratiquement tout ce qui se passe autour d'eux. Leur vision est monoculaire (sauf à l'avant de la tête). Ainsi ils apprécient mal le relief, la profondeur et les distances. L'œil des bovins est sensible à des lumières peu intenses pour l'homme et aux couleurs lumineuses et claires ; un simple ruban de couleur claire peut donc être utilisé comme clôture pour des interventions de courte durée, car un phénomène d'habituation intervient par la suite. Les bovins sont freinés par les contrastes lumineux au sol et mettent 5 fois plus de temps que l'homme à s'adapter au changement de lumière ; ce qui explique pourquoi vos vaches hésitent parfois à franchir la porte du bâtiment pour sortir. Autre information importante à connaître, ils ne perçoivent pas les mouvements de façon continue ; d'où la nécessité de les approcher lentement et d'éviter les gestes brusques. La vision saccadée des bovins a des conséquences concrètes :  "Lorsqu'un chien court autour d'une vache, celle-ci perçoit plusieurs chiens et lorsque l'éleveur tient ses bras ouverts, la vache perçoit une barrière de bras. Il faut également signaler que le stress impacte la vision des bovins qui devient noire à l'avant" signale Nadège Mallet.

L'odorat des bovins est particulièrement développé. Dotés d'une grande sensibilité olfactive, ces animaux sont capables d'identifier leur environnement, de se reconnaître et de communiquer entre eux (transmission de la peur par les urines). De ce fait, les odeurs connues, comme celle de l'éleveur les rassurent tandis que celles des intervenants extérieurs (vétérinaires, inséminateur) les inquiètent.

L'ouïe des bovins est sensible ; ils perçoivent des sons inaudibles par l'homme et se montrent plus sensibles aux sons aigus. Il est donc conseillé d'emprunter une voix plutôt grave pour les apaiser et surtout d'éviter de crier ou d'installer des cornadis très bruyants. Notons que les animaux s'habituent aux bruits familiers comme la voix de l'éleveur.

En matière de goût, les bovins choisissent leurs aliments en fonction de leur consistance et de leur texture ; la gourmandise peut être utilisée pour attirer les animaux et les mettre en confiance.

 

Un contact ferme pour calmer l'animal

 

Un bovin nécessite un toucher franc et sans effleurement. Le bâton peut être utilisé en prolongement du bras pour établir un contact et le guider. Un contact ferme de la main sur les zones sensibles (épis dorsal, base des oreilles, attache de queue) permet de calmer l'animal lors de la manipulation.

Les bovins ont de la mémoire ; ils reconnaissent les structures et les nuances du paysage, les lieux et les équipements (traite, contention, zones du bâtiment, véhicule de l'éleveur...). Attention, le chien ne doit pas être en échec pour éviter toute mémorisation de contestation, de fuite ou de charge.

 

Pour plus de renseignements, contactez le service prévention de la MSA Auvergne au 04 71 07 15 07 ou 04 71 07 15 08.
Mail : contactsst.blf@auvergne.msa.fr 

 

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