Aller au contenu principal

Viandes AOP
Les éleveurs des viandes AOP consolident leur modèle

 Malgré les exigences déjà élevées de leurs cahiers des charges, les éleveurs de viandes AOP réfléchissent à de nouveaux engagements en matière de durabilité pour renforcer un modèle payant du point de vue écologique et économique.

Le Porc Noir de Bigorre est l'une des 11 AOP Viande adhérente à la FEVAO.
© DR

Les éleveurs rassemblés au sein de la jeune fédération des viandes AOP de France (Fevao) entendent renforcer leur modèle en matière de durabilité économique, sociale et environnementale. « Les crises de ces dernières années, notamment la crise climatique, nous ont amené à réfléchir au moyen de conforter le socle de nos AOP en allant au-delà des exigences actuelles », a expliqué Michel Oçafrain, le président de la Fevao lors de l’assemblée générale de cette fédération qui s’est tenue à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées) en septembre dernier. « Nous répondons aussi en cela à l’appel lancé par l’INAO aux organismes de défense et de gestion (ODG) pour qu’elles engagent collectivement les exploitations dans des démarches environnementales », poursuit le président de l’AOP Kintoa, le porc basque. « L’AOP est en effet une démarche écologique par l’harmonie qu’elle suppose entre l’homme, le produit et le terroir ».

Depuis la création de la Fevao en 2019, les onze AOP adhérentes ont donc longuement débattu des modes de production des uns et des autres afin de dégager des axes de progrès.  « Ces échanges très riches nous ont permis de définir une douzaine d’enjeux et 34 objectifs en matière économique, sociale et environnementale avec des actions liées qui restent à définir », précise Sophie Deffis, présidente des éleveurs de porc noir de Bigorre. Ceux-ci vont de la nécessité « d’assurer l’accessibilité du produit à l’échelle locale » à « l’encouragement des pratiques permettant le stockage du carbone » en passant par « la protection des zones humides et des points d’eau », avec la part belle accordée aux objectifs environnementaux, qui comptent pour la moitié du total.

Des cahiers des charges à rouvrir

« Lors de la mise en place de cette feuille de route, nous nous sommes rendu compte que certaines démarches étaient engagées chez les uns mais pas toujours chez les autres », reprend Michel Oçafrain. « L’objectif est que chacun avance dans le domaine prioritaire qu’il s’est fixé. Pour ce qui concerne le porc Kintoa, notre priorité est de trouver les moyens de préserver la ressource en eau et de développer l’agroforesterie pour disposer de zones d’ombre plus importantes pour abriter les cochons élevés en plein air ».

La Fevao dit attendre de chacune des organisations adhérentes qu’elle prenne au moins un engagement sur chaque objectif d’ici la prochaine assemblée générale, en 2023. « Ce travail montre que les AOP ne comptent pas rester sur leurs acquis », poursuit Michel Oçafrain. « Basées sur l’observation des cycles naturels, les appellations constituent également une agriculture de précision ».

À cette occasion, les cahiers des charges de certaines AOP viandes pourraient être réouverts, comme ils l’ont été dans les vins ou les produits laitiers.

La durabilité n’est pas le seul chantier engagé par la Fevao. La jeune organisation entend en effet développer le travail en commun également sur les terrains économiques, politiques et juridiques. Sur le modèle du Conseil national des appellations d'origine laitières (CNAOL) créé en 2002, « la Fevao entend faire entendre sa voix singulière au niveau national et européen et de mutualiser ses moyens sur la reconnaissance, la promotion et la défense de la notion d’AOP pour les produits de viande, la lutte contre l’usurpation et la contrefaçon et les actions d’information et de promotion », détaille Michel Oçafrain. La Fevao met notamment en avant la bonne santé économique de la plupart des exploitations engagées dans les appellations et les perspectives favorables qu’elles offrent aux jeunes éleveurs.

L’appellation Noir de Bigorre, par exemple, compte installer au moins deux éleveurs supplémentaires en 2024. La moyenne d’âge dans l’appellation est d’à peine 45 ans.

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière