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Le piégeage des taupes, une alternative à ne pas négliger

Les taupinières ont un impact mécanique et agronomique qui peut être important. Avec les contraintes croissantes sur la lutte chimique, le piégeage mécanique est appelé à se développer mais cela nécessite une grande connaissance de la biologie de l’animal et une certaine habileté de l’opérateur.

Mécaniques ou pyrotechniques, simples ou doubles, tous les pièges fonctionnent, leur efficacité dépendra surtout de l’expérience de l’applicateur.
Mécaniques ou pyrotechniques, simples ou doubles, tous les pièges fonctionnent, leur efficacité dépendra surtout de l’expérience de l’applicateur.
© GDS Creuse

La lutte contre les taupes nécessite une bonne connaissance de leur biologie et des différentes techniques de piégeage et de leurs contraintes.

Une prise en compte des caractéristiques biologiques…
S’il est acquis que la taupe est quasiment aveugle, tous ses autres sens sont extrêmement développés. Elle possède un sens du toucher particulièrement performant, avec des vibrisses sur la tête, les pattes et la queue. Au niveau de la peau, elle a de petits organes tactiles, les plaques de Pinkus, et au niveau du museau les organes de Eimer. Cela lui permet de sentir le moindre mouvement dans son environnement ou les mouvements d’air. Son ouïe est difficile à évaluer, car si la taupe fuit au moindre son, cela peut aussi être lié aux vibrations enregistrées dans le sol. L’odorat est l’autre sens très développé chez la taupe ; elle peut repérer l’odeur d’un ver de terre, son aliment quasi exclusif, à 6 centimètres ou à travers 10 millimètres de terre.

… et du réseau de galeries
Le réseau de galeries s’articule à partir de galeries principales, plus profondes et utilisées de manière permanente, souvent par plusieurs générations de taupes.  Elles sont situées le long des murs, des fossés, de rangées d’arbres ou de clôtures. Le nid, qui sert de refuge à la taupe, est raccordé à ces galeries principales et situé souvent sous un obstacle naturel. À partir de ces galeries permanentes, la taupe creuse ses galeries de chasse, le plus souvent moins profondes. La taupe est un animal territorial avec marquage olfactif. Son aire de vie peut varier considérablement en fonction des ressources alimentaires, de 300 m² dans un secteur riche en vers de terre à 3 000 m² dans une zone plus pauvre.

Un impact important sur les prairies…
Une forte infestation peut avoir des conséquences importantes sur le parcellaire. Selon une étude, la zone couverte par les taupinières varie de 4,3 à 11,2 % de la surface totale, principalement à l’automne. Cette terre extraite du sol peut contribuer au mécanisme d’érosion dans les zones de moyenne montagne. Les taupinières sont ensuite colonisées par les agrostis, au dépend du ray-grass et du trèfle blanc et favorisent également l’implantation de chardons. En période de sécheresse, les galeries contribuent à abaisser l’humidité du sol et elles profitent à un rongeur bien connu, le campagnol terrestre (ou rat-taupier) qui les utilise pour se déplacer et étendre sa colonisation.

… et les fourrages
Mais le problème sanitaire principal est la contamination des fourrages par la terre lors de la fauche. Cela entraîne une baisse de l’appétence, et pour les ensilages d’herbe, cela favorise le développement de bactéries telluriques, les clostridies butyriques, au détriment des bactéries lactiques. Le pH ne descend pas suffisamment et le fourrage chauffe, favorisant le développement de bactéries pathogènes comme Clostridium perfringens ou Listeria monocytogenes. Au final, l’ensilage est de moins bonne qualité, moins appétent et peut même s’avérer toxique. Pour limiter ce phénomène, il faut étaler les taupinières avant la pousse d’herbe mais c’est une charge de travail supplémentaire pour les éleveurs.

La lutte chimique pour les grandes surfaces…
Si on doit traiter de grandes surfaces, l’emploi de phosphure d’aluminium reste la solution principale mais cela nécessite un local adapté, de la traçabilité, une distance des habitations et son utilisation devient de plus en plus réglementée :
- Pour le traitement des surfaces agricoles, il est indispensable de disposer du Certiphyto individuel, du certificat de fumigateur renouvelable tous les 5 ans et de l’agrément annuel PH3 de l’entreprise à demander avant le 31 décembre de chaque année à la DRAAF Nouvelle-Aquitaine.
- Pour le traitement taupicide des zones non agricoles privées et publiques où les taupinières peuvent causer des dégâts, telles que les infrastructures ferroviaires (terre-plein, voies ferrées, ballast, etc.), les barrages et les digues, les complexes sportifs (terrains de golf), les jardins et les parcs, les aérodromes et autres types d’aires techniques, le Certibiocide est nécessaire ainsi que le certificat individuel et l’agrément d’entreprise.

… et le piégeage pour les petites surfaces
Le piégeage était la technique historique mais il conserve tout son intérêt pour des chantiers de moindre importance et s’il est pratiqué par un manipulateur expérimenté, les résultats sont probants. Les dispositifs mécaniques sont les plus classiques : piège à pince simple ou double, piège tube ou demi-tonneau, piège vertical, piège de Bavière… Tous ces dispositifs ont fait la preuve de leur efficacité. Il existe également des pièges pyrotechniques, la déflagration neutralisant instantanément l’animal. Pour le particulier, ces dispositifs sont certainement les plus adaptés car ce sont ceux qui nécessitent le moins de savoir-faire. Ils doivent en revanche être employés avec précaution, les déclenchements intempestifs pouvant conduire à des mutilations sur les doigts.

… qui nécessite une bonne technicité
La principale difficulté du piégeage est de choisir le bon emplacement. Pour être efficace, il faut les installer sur les galeries principales, que les taupes utilisent plusieurs fois par jour. Sur de petites parcelles, on les posera principalement en périphérie, si la prairie est plus grande, il faut également en mettre au centre. La règle est de poser 5 à 10 pièges par are en fonction du niveau d’infestation. Une fois la galerie repérée, elle est ouverte sur 30 à 35 cm, les extrémités de la galerie sont nettoyées et le piège est mis en place, un de chaque côté pour les pièges simples. On manipulera les pièges avec des gants pour déjouer l’odorat de la taupe. Le dispositif est ensuite recouvert avec une motte de terre ou une pierre plate, afin d’éviter toute entrée de lumière ou d’air qui alerterait la taupe et le piège est contrôlé au moins une fois par jour. Le piège doit être placé de manière à attraper la taupe par le milieu du corps afin d’avoir une mort le plus rapide possible. S’il n’a pas fonctionné après quelques jours, il faut revoir son emplacement ou sa technique.

La lutte contre les taupes, une pratique nécessitant matériel et expertise
La taupe constitue un sujet de préoccupation, que ce soit pour les éleveurs, les collectivités ou les particuliers. Farago Creuse et son équipe de 9 techniciens propose de la prestation ponctuelle ou du contrat à l’année, en passages illimités lors d’infestation constatée. Les techniciens sont formés à toutes les techniques et choisissent la plus adaptée au contexte. La pose de piège est accessible à tous avec un minimum de formation et un investissement minime. Nous proposons tous les types de pièges, mécanique ou pyrotechnique comme le Détaupeur. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à nous contacter ou venez échanger avec nous lors de notre Journée Portes Ouvertes le 11 mars 2023.

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