Aller au contenu principal

Les larves d’insectes activent les poulets

Selon l'Itavi, distribuer quotidiennement des larves de mouches soldats noires permettrait d’augmenter l’activité des poulets de chair sans dégrader les performances de croissance.

L’apport de larves vivantes ou séchées augmente de plus de 40 % le nombre d’animaux en activité par rapport à ceux n’ayant reçu aucun enrichissement,  uniquement au moment de leur distribution.
L’apport de larves vivantes ou séchées augmente de plus de 40 % le nombre d’animaux en activité par rapport à ceux n’ayant reçu aucun enrichissement, uniquement au moment de leur distribution.
© Itavi

L’évolution récente de la réglementation permet d’envisager les insectes comme une source prometteuse de matière première alimentaire. Riches en protéines de haute qualité et d’acides aminés essentiels, les insectes sont des candidats idéaux à la substitution de soja importé. En revanche, ils sont encore pour l’instant très coûteux. Cependant, des propriétés intéressantes peuvent être exploitées, notamment au regard du bien-être animal.

De tout temps, les insectes ont fait partie du régime alimentaire des oiseaux, fouillant et grattant le sol à la recherche de ces mets attractifs. L’utilisation de larves d’insectes - vivantes ou pas - comme enrichissement du milieu de vie pourrait permettre de stimuler les comportements naturels.

Un effet important sur l’activité mais ponctuel

Afin d’identifier des modalités réalistes d’utilisation de ces larves comme matériel d’enrichissement du milieu d’élevage, l’Itavi a mis en place un essai dans la cadre du projet PINHS porté par l’Inrae. Il visait à étudier l’effet de la distribution de larves de mouches soldats noires (vivantes ou déshydratées) en complément d’un aliment complet, sur le comportement, l’activité, l’état sanitaire et les performances de poulets de chair Ross 308.

L’apport de larves vivantes ou séchées augmente de plus de 40 % le nombre d’animaux en activité par rapport à ceux n’ayant reçu aucun enrichissement, mais uniquement au moment de leur distribution. Cet effet est d’autant plus important que la fréquence de distribution est élevée.

Le mode de présentation des larves (vivantes ou séchées) n’influence pas l’activité.

 

 
Une plus grande appétence pour les larves vivantes a été observée avec un temps de quelques minutes contre plus d'une vingtaine avec les larves séchées.
Une plus grande appétence pour les larves vivantes a été observée avec un temps de quelques minutes contre plus d'une vingtaine avec les larves séchées. © Itavi

 

En revanche, une plus grande appétence pour les larves vivantes a été observée, avec une consommation totale des larves de l’ordre de quelques minutes, par rapport aux larves séchées (plus d’une vingtaine de minutes) ou encore au blé, où des refus ont été constatés.

Un indice de consommation amélioré

 

 
La consommation d’aliment sur la période croissance-finition a été diminuée d’environ 200 g par poulet lorsque des larves séchées étaient distribuées
La consommation d’aliment sur la période croissance-finition a été diminuée d’environ 200 g par poulet lorsque des larves séchées étaient distribuées © Itavi

 

L’apport de larves n’a pas eu d’effets négatifs sur les performances des poulets et sur leur état sanitaire (pododermatites, emplumement, troubles locomoteurs). La consommation d’aliment sur la période croissance-finition a été diminuée d’environ 200 g par poulet lorsque des larves séchées étaient distribuées, améliorant de plus de 0,13 point l’efficacité alimentaire des poulets nourris de larves, calculée hors consommation des insectes.

D’autres études sont encore nécessaires, notamment pour investiguer l’effet des larves sur les comportements spécifiques (exploration, confort) et l’impact coût/bénéfice.

Ce type d’enrichissement reste pour l’instant peu abordable. Il augmente le coût alimentaire respectivement de 17 % pour les larves vivantes et de 35 % pour les séchées, mais il pourra l’être d’ici quelques années avec l’optimisation du coût de production des insectes.

Le bien-être passe par l’enrichissement

– La plupart du temps inactifs, les poulets de chair à croissance rapide sont susceptibles de souffrir de problèmes de pattes ;

- L’enrichissement du milieu peut les atténuer en encourageant l’expression de comportements naturels et en stimulant l’activité des animaux ;

– Plusieurs études ont déjà montré l’intérêt des ballots de paille pour augmenter les comportements exploratoires (fouille, forage, perchage) ;

– Des enrichissements attractifs et naturels, tels que les larves d’insectes semblent prometteurs, mais peu d’éléments techniques sont disponibles et publiés.

Les plus lus

<em class="placeholder">Pour améliorer l’empreinte environnementale, la priorité pour un éleveur consiste à activer les leviers liés à l’alimentation à réduire notamment l’Indice de ...</em>
L’indice de consommation des volailles, un levier technique et environnemental

Réduire l’indice de consommation permet d’améliorer ses performances techniques et son empreinte environnementale. C’est un…

<em class="placeholder">« Je voulais un bâtiment performant », souligne Nicolas Ramond.</em>
« J’ai investi dans un poulailler performant »

Installé en 2022, Nicolas Ramond a investi dans un poulailler neuf de 1700 m² pour la production de poulets et de dindes. La…

<em class="placeholder">Dix-huit poulaillers ont été construits en 2025 et quarante bâtiments le seront en 2026.</em>
Près de 600 bâtiments de poules pondeuses à construire d’ici 2035

La filière œuf veut accélérer la construction de poulaillers, pour atteindre 10 millions de places supplémentaires d’ici…

<em class="placeholder">Les trois associés du Gaec de la Béharie, Valentin Durand, Pauline Neel et Valentin Neel, entourés d’Alain Salmon (à gauche) et Nicolas Leduc (à droite) des ...</em>
« Nous voulons plus de bien-être dans notre bâtiment de volailles de chair »

Le Gaec de la Béharie dans l’Orne a investi dans un bâtiment Terre-Neuve avec jardin d’hiver afin d’améliorer les conditions d…

<em class="placeholder">Huit parcs ont été divisés en deux parcs de 9 m² pour séparer les mâles et les femelles. </em>
Eclosion à la ferme : l'Anses obtient de meilleures performances en dindes

Une expérimentation de l’Anses montre que les performances de croissance sont plus élevées en éclosion à la ferme pour les…

<em class="placeholder">Si les souches blanches et rustiques sont les plus adaptées pour l’allongement de la durée de vie des poules, des leviers existent aussi pour les poules rousses et brunes.</em>
Lever les freins à l’allongement de la vie des poules

Lancé en 2024 pour quatre ans, le projet Interreg Omelette vise à identifier et lever les freins à l’allongement de la durée…

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)