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Le pôle breton du groupe volailler LDC accélère sa transformation pour valoriser l’origine France

La Société bretonne de volailles développe ses capacités et son offre de produits et services en poulet, dinde, canard et en produits élaborés pour gagner des parts de marché sur les segments restauration hors domicile et des produits alimentaires intermédiaires (PAI), majoritairement approvisionnés par le poulet importé.

La Société bretonne de volailles (SBV) est le premier fournisseur français de volaille en restauration hors domicile et agro-industrie.

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 Deux réseaux qui représentent 72 % de ses débouchés. L’entreprise, créée il y a dix ans, veut désormais accélérer sa transformation pour continuer à valoriser l’origine France sur un marché en croissance qui profite surtout aux importations. Le pôle breton du groupe LDC mise pour cela sur l’augmentation de ses capacités de production, notamment en poulet et en produits élaborés, mais aussi sur une différenciation par son offre de produits et de services. 

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« Face à une concurrence internationale sur les volumes et les prix, notre réponse pour rester compétitif est de créer de la valeur ajoutée, plutôt que de chercher à rivaliser sur le quantitatif, relève Laurent Girard, directeur de SBV. Au-delà d’un euro d’écart au kilo, l’argument de la souveraineté alimentaire et de la préférence nationale n’a plus suffisamment de poids face aux produits importés. Notre objectif est de nous démarquer par des services, de l’innovation produits, mais aussi par notre expertise métier pour aider nos clients à mieux appréhender leur marché. Nous proposons une large gamme d’espèces et de modes de production (poulet, dinde, canard, élaborés). Cette offre diversifiée et complémentaire est une vraie force. »

Une valorisation de l’offre de produits

L’entreprise s’appuie aussi sur ses cahiers des charges amont, notamment la démarche Nature d’éleveurs, qui lui permettent d’être « mieux-disants » que le standard européen. « Pour pouvoir faire cela, nous devons nous appuyer sur un outil industriel solide et améliorer notre efficacité opérationnelle, logistique et industrielle. » C’est dans ce sens qu’ont été investis 85 millions d’euros depuis trois années au sein de ses douze outils de production bretons. Ces investissements ainsi que ceux à venir s’inscrivent dans un vaste programme de transformation, à travers la démarche RSE de développement durable « Graines d’avenir 2030 », initiée en 2022 par le groupe LDC. « Depuis sa création en 2015, SBV a structuré son organisation autour de ses quatre filières (poulets, dindes, canards, élaborés), elle a modernisé ses outils et développé des marques fortes, telles que Poule et Toque dédiée aux professionnels de la restauration. L’objectif aujourd’hui est de rendre notre modèle encore plus robuste. »

Développement capacitaire en poulet

« Pour accompagner la croissance de la consommation en poulet, le premier enjeu est de garantir une disponibilité en produit par une augmentation de la capacité de transformation », détaille Christophe Viaud, en charge de la filière poulet. Un programme d’investissement de 60 millions d’euros a été engagé pour augmenter de 100 000 poulets par semaine d’ici 2028 la capacité d’abattage, actuellement à 2,3 millions par semaine et la part de produits désossés-calibrés. Les sites agrandis sont celui de Boscher Volailles (augmentation de 50 000 poulets par semaine en 2026 soit 730 000 poulets par semaine, 100 % en mâles sexés) puis celui de Celia à Sérent. Ces investissements s’inscrivent dans le projet Niagara du groupe LDC qui porte sur une augmentation globale de capacité d’abattage de 300 000 poulets par semaine d’ici deux ans.

Une montée en gamme en élaborés

L’augmentation capacitaire concerne aussi sa filière de produits élaborés, qui représente 90 000 tonnes, dont la moitié en panés, l’autre en produits de charcuterie et culinaires (émincés…). « Pour développer l’origine France, il faut des produits élaborés français, en produits crus ou cuits, pour approvisionner nos filiales SBV ainsi que les autres réseaux de commercialisation », poursuit Maël Tanguy, de la filière élaborés. Sur le site Ronsard de Bignan repris en 2021, les activités ont été transformées vers la charcuterie, avec 35 millions d’euros investis (pour la fabrication de lardons de dindes puis pour développer la gamme de tranchés de dinde). L’objectif est aussi de développer l’offre de panés avec une montée en gamme.

15 % des surfaces de dindes avec préau

Pour la filière dinde, qui représente un volume hebdomadaire de 105 000 volailles, le projet pour 2026 de SBV est de mettre en avant les qualités nutritionnelles de la viande et de faciliter la consommation en misant sur l’innovation et le déploiement de l’offre élaborée. Il porte aussi sur l’évolution des cahiers des charges avec la dinde « Côté Jardin ». « Ce modèle de production, basé sur un bâtiment avec préau et 30 % de surface supplémentaire représente aujourd’hui 15 % de nos volumes », indique Christian Perrot, responsable filière dinde et canard.

Pour ce qui est de la filière canard (110 000 sujets par semaine dont 27 000 mulards sur le site Procanar), l’objectif est de renforcer la consommation grâce à une meilleure disponibilité de l’offre, après deux années fortement perturbées par les épizooties d’influenza aviaire. « L’enjeu est aussi d’améliorer l’attractivité de cette viande gastronomique et de travailler son positionnement par rapport à la viande rouge. »

En dinde comme en canard, l’objectif est d’atteindre 100 % des élevages dans la démarche Nature d’éleveurs d’ici 2030.

SBV a par ailleurs démarré un projet d’un outil d’abattage de poules de réformes afin de valoriser en France cette viande, notamment dans les produits élaborés, plutôt que de les laisser partir à l’export.

 

"Notre réponse pour rester compétitif est de créer de la valeur ajoutée, plutôt que de chercher à rivaliser sur le quantitatif."

Un pôle breton structuré autour de quatre filières complémentaires

La Société bretonne de volailles a été créée en 2015 par le groupe LDC pour regrouper ses activités bretonnes. Elle a rapidement développé son activité, passant en dix ans d’un chiffre d’affaires annuel de 0,645 à 1,25 milliard d’euros en 2025 pour un volume de 283 000 tonnes, en s’appuyant sur 1 200 éleveurs et plus de 4 500 salariés.

Elle représente une production hebdomadaire de 2,3 millions de poulets, 105 000 dindes et 110 000 canards ainsi qu’un volume annuel de 90 000 tonnes d’élaborés.

La restauration hors domicile représente 51 % de ses débouchés en volume, devant le secteur de l’agroalimentaire (21 %), les filiales élaborées de LDC (15 %) et la grande distribution (13 %).

SBV totalise douze sites de production dont quatre abattoirs en poulet (Boscher Volailles à Mûr de Bretagne, Volailles de Kéranna à Guiscriff, Celvia poulet à Sérent et LDC Bretagne à Lanfains), un abattoir de canard gras et mulard (Procanar à Lauzach) et un abattoir de dindes Celvia à Saint-Jean-Brévelay, le site produisant aussi des élaborés. S’y ajoutent les sites d’élaborés Celtys à Plouay, Celia charcuterie à Bignan, repris en 2021, Michel Robichon à Saint-Thuriau et Farmor à Saint-Agathon.

 

 
<em class="placeholder">Graphique = Quatre filière présentes en BretagneLocalisation des sites de production de SBV</em>
 

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