Aller au contenu principal

La filière foie gras se remplume

Le secteur du foie gras retrouve l’optimisme avec le retour d’une offre sanitairement maîtrisée et la montée en gamme des produits finis. Mais l’influenza aviaire a grippé sa balance commerciale.

Éric Dumas, président du Cifog : « Nous demandons la prolongation de la campagne de vaccination des canards ainsi que la poursuite de l’accompagnement financier de ...
Éric Dumas, président du Cifog : « Nous demandons la prolongation de la campagne de vaccination des canards ainsi que la poursuite de l’accompagnement financier de l’État »
© P. Le Douarin

Cela faisait longtemps que les responsables de l’interprofession du foie gras (Cifog) n’avaient affiché un tel moral, soulagés après avoir eu peur de disparaître. Organisée fin mars pour le bilan commercial de la saison festive, la conférence de presse du Cifog a permis de se féliciter du succès d’une campagne de vaccination des canards bien menée, grâce à l’engagement de toutes les parties prenantes.

Avec seulement dix foyers sur la saison (dont une minorité en canards et aucun cas dans le Sud-Ouest), contre 400 l’année précédente au même moment, les espoirs fondés sur la prévention vaccinale se sont concrétisés. Pour autant, l’ingénieure du Cifog Marie Laborde n’a pas mis ce succès au seul crédit du vaccin. Cette saison hivernale, les virus influenza ont été moins agressifs en Europe et la biosécurité doit rester de mise. La seconde campagne de vaccination est plus que jamais d’actualité pour conforter la relance de la production, même s’il reste encore à savoir à quel niveau les pouvoirs publics reconduiront leur participation.

Retour de la confiance et rebond de la production

L’absence de foyers a permis aux opérateurs de faire normalement leur métier, à commencer par les éleveurs. Selon le Cifog, les abattages ont remonté de 21 % pour atteindre 20 millions de canards sur 2023, après le trou à 16,6 millions en 2022. Il est fort probable que le volume 2 024 sera meilleur, dans la mesure où les abatteurs-transformateurs ont besoin de reconstituer des stocks. Le président Éric Dumas espère « une montée en puissance prudente, avec un objectif d’environ 25 millions de canards en 2024".

La pénurie s’est traduite par une baisse de l’offre sur le marché français et par une montée en gamme qu’a détaillé Marie Pierre Pé, directrice du Cifog. Au final, comme sur l’ensemble des produits festifs, les volumes commercialisés ont chuté de 10,7 % par rapport à 2022. En revanche, c’est la stabilité en valeur (+0,2 %). « Malgré le contexte anxiogène et inflationniste, les Français n’ont pas tourné le dos au foie gras », souligne la directrice, mais en accentuant leurs achats de dernière minute (35,9 % des ventes sur la semaine de Noël).

Plus d’importation et moins d’exportation

Le déficit de matière première s’est aussi fait sentir sur la balance commerciale, devenue déficitaire pour la première fois à -3,5 millions d’euros (+56,7 M€ en 2015). Pour alimenter le marché français, les transformateurs ont beaucoup plus importé de préparations (+112 % en volume), essentiellement bulgares, et de foies d’oie (+39 % en volume), essentiellement hongrois, qu’ils ont payé plus cher qu’en 2022. La valeur des importations a progressé de 28 %, alors que celle des exportations n’a pris que + 12 %. L’export a reculé en volume vers l’UE à 27, qui pèse 53 % des foies crus et 75 % des préparations, mais s’est accru en valeur. Vers les pays tiers, le commerce a rebondi sur le foie cru de 81 % en volume (+324 t) mais il a reculé de 10 % sur les préparations (-38 t).

 

 
La filière foie gras se remplume
© Cifog

Après les interdictions de certains pays tiers liées à la perte du statut « indemne d’influenza » succèdent des blocages plus récents liés à la vaccination, comme au Japon et au Canada alignés sur les USA. « Début mars, le Royaume-Uni a décidé de ne plus importer de produits issus de canards vaccinés », a indiqué l’ingénieure du Cifog. L’impact économique sera relatif, car en 2023 le Japon n’a importé que 80 t de foies gras et préparations et le Royaume Uni 33 t, soit 4 % des exports totaux.

 

 
La filière foie gras se remplume
© Cifog

Mais la portée est symbolique et il reste à convaincre les pays sceptiques. "Le succès de la vaccination sera vraiment réel quand on aura réussi à faire accepter ce process pour nos pays clients, reconnaît Marie-Pierre Pé qui ne baisse pas les bras : Il faut attendre. Nous avons un plan de surveillance extrêmement draconien. Ceci va permettre de rassurer petit à petit."

 

Les plus lus

<em class="placeholder">La pailleuse semi-portée est attelée à un tracteur de 110 ch.</em>
Dans le Loiret : « Avec le broyeur-calibreur, je gagne en temps et en qualité de paillage de mes poulaillers»

Dans le Loiret, Xavier Morin a optimisé la gestion de la paille de ses quatre poulaillers grâce à un broyeur-calibreur…

<em class="placeholder">bâtiment de poulet de chair en Bretagne</em>
« Il faudrait construire 2 200 poulaillers d’ici 2035 pour accompagner la croissance de la consommation de viande de volailles »

Pour répondre à la croissance de la consommation et gagner en souveraineté alimentaire, la filières volaille de chair…

<em class="placeholder">Julien Raoult reprend l’élevage de poules pondeuses de son père Michel et les anciennes terres de sa grand-mère Marie-Madeleine. </em>
« J’ai rénové le bâtiment de poules pondeuses en volière à la suite de mon père »

Julien Raoult a repris l'outil familial en poules pondeuses qu’il a totalement rénové en volière et jardin d’hiver au Vieux…

« J’ai remonté la pente de mes résultats techniques en poulet de chair»

Installée depuis huit ans en poulets de chair, Suzanne Plantec a redressé la barre et repris confiance grâce à une remise à…

<em class="placeholder">Produire des brins de paille courts et défibrés n&#039;est pas à la portée de tous les dispositifs de coupe.</em>
Litière de volailles : les solutions pour obtenir de la paille broyée

Valoriser la paille en litière de poulailler impose un broyage efficace. L’obtention de brins courts est à la portée de…

Sur 27 cabanes sans électricité, trois cabanes connectées sont testées.
« Je gagne une heure avec la cabane landaise connectée pour élever mes poulets Label rouge»

Dans les Landes, trois cabanes connectées sont testées chez Mathieu Labarthe pour diminuer l’astreinte en volailles Label…

Publicité
Titre
je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)