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La filière de volailles de chair lance sa démarche de responsabilité sociétale et trace sa route pour 2035

Avec sa démarche de responsabilité sociétale, la filière chair définit un plan stratégique à dix ans visant à améliorer l’autosuffisance, préserver la diversité de la production, attirer les jeunes éleveurs et répondre aux attentes sociétales.

Présentation de la démarche RSO de l'Anvol lors de l'assemblée générale
Présentée lors de l'assemblée générale de l'Anvol, la démarche collective et volontaire RSO repose sur quatre piliers pour répondre aux grands défis de la filière
© A. Puybasset

« Cap volailles françaises 2035. » C’est le nom donné par la filière volaille de chair à sa démarche de responsabilité sociétale des organisations RSO. Elle a été lancée officiellement lors de l’assemblée générale de l’interprofession de la volaille de chair Anvol, devant un parterre de plus de 300 participants et en présence de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard : une première depuis la création de l’interprofession Anvol, « signe d’une importance croissante de la volaille au sein des filières agricoles », se réjouit Jean-Michel Schaeffer, président de l’Anvol. 

Lire aussi : Volailles de chair : L’interprofession Anvol défend la souveraineté française

Derrière l’acronyme RSO se trouvent des objectifs très concrets que la filière s’est collectivement fixés afin de démontrer, de manière objective et argumentée, sa durabilité au regard des enjeux environnementaux, économiques et sociaux.

Ce plan stratégique à dix ans repose sur quatre piliers pour répondre aux grands défis de la filière : 

  1. Retrouver de la souveraineté alimentaire tout en préservant la diversité des productions ; 
  2. Améliorer l’attractivité des métiers et favoriser l’installation de nouveaux éleveurs ; 
  3. Réduire l’empreinte carbone des filières et préserver les ressources naturelles ; 
  4. Renforcer la santé et le bien-être animal. 

Ces enjeux se déclinent autour de onze engagements qui seront mesurés par des indicateurs avec des objectifs à atteindre d’ici 2035.

Un outil de communication des efforts réalisés

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement des engagements pris il y a cinq ans dans le cadre du pacte Ambition Anvol 2025, et dont certains objectifs ont déjà été dépassés. Citons le cas de l’accès à la lumière pour 50 % des volailles de chair ou encore la réduction de 60 % des antibiotiques entre 2011 et 2025. Avec la nouvelle démarche de progrès RSO « Cap volailles françaises 2035 », la filière veut aller plus loin, en communiquant d’une même voix sur les efforts déjà engagés et sur sa feuille de route. « Il s’agit vraiment d’une initiative de filière, « dans le sens noble du terme », construite dans le dialogue par l’ensemble de ses maillons : du couvoir, au distributeur, en passant par les éleveurs, les abattoirs… », souligne Dominique Grasset, président du CIPC et de la commission RSO d’Anvol. « C’est un travail qui a été entrepris il y a plus de deux ans et dont les enjeux ont été évalués par les acteurs de la filière mais aussi par des parties prenantes externes telles que des enseignants, chercheurs, ONG, organismes bancaires, vétérinaires… C’est l’ensemble des réponses des 180 parties prenantes qui a aidé à lister les enjeux prioritaires », précise Guillaume Malecki, responsable de la démarche RSO de l’Anvol. Maintenant que les engagements sont définis, l’une des prochaines étapes est de finaliser les indicateurs et les objectifs à atteindre à horizon 2035.

Des stratégies d’entreprises complémentaires

Il s’agira aussi de déployer les plans d’actions thématiques sur le terrain, dans les différentes régions de production, en s’appuyant sur l’expérience d’acteurs de la filière qui ont aussi entrepris des démarches de responsabilités sociétales à l’échelle de leur entreprise. C’est par exemple le cas de la coopérative Maïsadour avec son plan RSE Ambitions 2030 lancé en 2021. « Elle repose sur une complémentarité entre transition agroécologique (intégrant le bien-être animal) et une ambition économique d’attractivité de nos métiers, a souligné Christelle Forzy, directrice développement durable de Maisadour, lors de la table ronde organisée par l’Anvol. La stratégie RSE telle que nous l’avons construite n’est pas qu’un centre de coût. C’est aussi une source de gains car elle répond aux attentes de nos financeurs, de nos consommateurs, de nos clients. » « Ces dernières années, la question du revenu est devenue la préoccupation première des éleveurs, poursuit Hélène Bombart, éleveuse dans la Drôme et présidente d’Afivol. La démarche RSO va nous donner plus de poids pour convaincre nos élus de soutenir financièrement nos filières. Elle permet de porter des messages communs dans nos régions et de communiquer sur les progrès réalisés, en se basant sur des indicateurs avec une objectivation scientifique. » Isabelle Herman, présidente de KFC France, a rappelé les engagements de sa démarche RSE d’augmenter les approvisionnements en viande de volailles d’origine France. « Et cela, malgré un contexte économique tendu, où le prix a pris une place plus importante dans les critères de choix du consommateur. La démarche de responsabilité sociétale nous aide à pousser l’origine France en se basant sur des critères de compétitivité prix mais aussi sur notre trajectoire d’amélioration en termes d’empreintes carbone, de bien-être animal et de valorisation de la filière. » Car il s’agit bien pour la filière de transformer collectivement les enjeux sociétaux en leviers stratégiques pour être plus résiliente.

Sébastien Prin, directeur de la fédération du Crédit Mutuel

« Un outil pour juger le risque financier »

Sébastien Prin, directeur de la fédération du Crédit Agricole

« Nous sommes convaincus que nos clients engagés dans des démarches de transition aborderont sans doute mieux armés les bouleversements climatiques et géopolitiques de demain. Les démarches collectives de responsabilité sociétale comme celle de l’Anvol créent un langage commun, donnent un cadre partagé et offrent davantage de visibilité sur les trajectoires des entreprises. Pour le financeur, elle constitue un outil supplémentaire pour mieux apprécier le risque.

L’analyse bancaire repose principalement sur deux dimensions : la connaissance du client – son marché, son territoire, son modèle – et l’analyse de ses résultats économiques à travers des données comptables. Désormais, une troisième dimension est celle de l’évaluation des performances sociales et environnementales.

Ces indicateurs extra-financiers ne remplacent pas les critères économiques : ils les complètent. Ils permettent d’intégrer des facteurs qui pèseront demain sur la compétitivité et la pérennité des activités. Pour cela, nous avons besoin de données objectives reconnues par tous. C’est ce que peut apporter une démarche RSO de filière : créer des références communes qui améliorent l’évaluation du risque. »

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