Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

En prise avec le marché, les frères Saliou s’adaptent à grand pas

Installés en 2012 et en prise directe avec le marché, Nicolas et Sébastien Saliou abandonnent la cage pour faire coïncider leur production et leurs débouchés.

Toutes les transformations que nous avons opérées depuis bientôt cinq ans dans nos bâtiments ont été dictées par l’évolution de nos débouchés en vente directe, résume Nicolas Saliou, producteur indépendant en Côtes-d’Armor. Nous nous sommes constamment adaptés à la demande croissante en œuf alternatif. » Et « depuis l’été dernier nous sentons encore une forte accélération », ajoute son frère Sébastien. Les jumeaux, âgés de 35 ans, ont rejoint leur père et son associé fin 2011. Ingénieurs dans l’agroalimentaire, ils ont décidé de revenir sur l’entreprise familiale et de l’agrandir. « Le projet était de transformer en bio l’existant trop vétuste, de racheter un site en cage à mettre aux normes et de se diversifier en alternatif. Avec l’intention de développer la vente directe et de réduire la vente en libre pour moins dépendre des fluctuations des cours. » Ce qui a été fait dès 2012 à partir d’un effectif total des quatre associés de 160 000 places exclusivement en code 3 (avant mise aux normes) et de 100 000 places de poulettes élevées au sol. Au cours de ces quatre années, les bâtiments ont évolué pour coller à l’explosion des œufs alternatifs. Pour l’illustrer, Nicolas détaille la progression. En 2012, ils vendaient en moyenne la production de 4 000 poules plein air et de 3 000 bios par semaine. Depuis l’été dernier, les ventes se maintiennent à un niveau haut, et ils sont arrivés à 20 000 plein air et à plus de 30 000 bios au début de cette année. Par contre « en code 3, c’est resté stable depuis 2012. Nous écoulons en moyenne la production de 40 000 poules. »

Effectif cage réduit au minimum

L’autre élément décisif de leur mutation accélérée vers l’alternatif a été la chute des cours en 2013. Cette crise a failli tout mettre par terre, alors qu’ils détenaient encore 94 % de poules en cage et étaient fortement dépendants du marché libre. « Elle nous a fait réagir et nous a poussés à transformer nos bâtiments plus vite que prévu. » En cinq ans, tous les bâtiments existants ont changé de destination, sauf un qui abrite les dernières poules sous code 3 (55 000 places datant de 2003). Nicolas et Sébastien Saliou en sont à plus de dix bâtiments construits ou transformés. Deux bâtiments cage de 42 000 places ont été rénovés en volière plein air et bio (passage de 42 000 à 16 000 places). Les bâtiments de poulettes ont été modifiés en poules bio (logées au sol). À la fin de cette année, l’effectif atteindra 152 500 places : 28 % en bio, 16 % en plein air (volière), 20 % en sol (volière) et 36 % en cage, ainsi que 17 000 places de poulettes. Mais toutes ces transformations ne suffiront pas. « Nous manquons d’alternatif et nous devons nous approvisionner à l’extérieur. »

Créer le marché de l’œuf au sol

En 2012, leur projet d’installation comprenait aussi la création d’un bâtiment de 30 000 poules en volière code 2 qui a démarré en 2015. « On voulait miser sur l’avenir du code 2 et pas sur du code 3 », résume Nicolas. Mais pour l’instant, Sébastien constate qu’avec une mention « sol » peu valorisante, ce marché reste quasi inexistant. Leurs œufs sont contractualisés avec un groupe qui les valorise en ovoproduits. « Pour les indépendants qui se sont lancés sans contrat et qui sont obligés de vendre sur le marché libre, c’est très difficile. » Il espère que les opérateurs nationaux intéresseront vite la grande distribution, avec une valorisation supérieure. Ne serait-ce que pour permettre aux éleveurs contractualisés de transformer des bâtiments en cage. À leur niveau, les frères Saliou testent eux aussi le marché. « Depuis deux mois, nous avons lancé un œuf sol auprès de GMS indépendantes et de deux bases régionales, en communiquant sur le bien-être animal et sur l’origine (« les œufs d’Erwan » au packaging breton). C’est un début encourageant. » Et comme leurs œufs excédentaires de cage sont écoulés en libre « notre objectif serait de transformer ce bâtiment en volière ». Leur mutation du code 3 sera alors vraiment achevée.

Une transformation qui rapporte

Les deux éleveurs chiffrent les investissements moyens par place à 50-60 euros en bio (foncier compris), 30-35 euros en plein air, et 28-30 euros en volière (15 euros en aménagement). Même s’ils n’ont pas totalement amorti leurs investissements, ils préfèrent ne pas attendre. Nicolas l’illustre avec les 27 000 poules cage devenues 10 000 poules plein air logées en volière (l’effectif a été limité par le parcours). Sur les bases de la cotation TNO et d’un œuf plein air mieux valorisé aujourd’hui, la baisse de volume a réduit le chiffre d’affaires, mais pas le solde net, qui est supérieur de 34 000 euros. De plus, le bâtiment a été refait à neuf et « nous sommes sûr de vendre ces œufs plein air, alors que le prix du code 3 pourrait encore baisser dans les mois à venir. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Aviculture.
Publicité
Titre
abonnez-vous
Body
A partir de 8€ TTC/mois
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Aviculture
2 ans d'archives numériques
Articles en libre accès
Newsletter Filière Aviculture
Newsletter COT'Hedbo Aviculture (tendances et cotations de la semaine)