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S’organiser face à un cycle végétatif de la vigne plus court

La hausse des températures au printemps entraîne une pousse globale de la vigne plus rapide. Le viticulteur devra petit à petit s’organiser pour en faire plus dans un mois de mai déjà très rempli.

Pour faire le même travail dans un laps de temps de plus en plus limité, le viticulteur doit être à l'écoute de sa vigne.
© B.JACKSON/FOTOLIA

Pour les scientifiques, cela ne fait plus aucun doute, le cycle de la vigne raccourcit. Entre 1989 et nos jours, on observe déjà que deux jours et demi de moins séparent le débourrement de la floraison à Strasbourg. D’ici 2050, cette partie du cycle pourrait durer une semaine de moins à Avignon et jusqu’à deux semaines de moins à Bordeaux. « Les mois d’avril et mai seront plus chauds, prédit Nathalie Ollat, en charge du projet Laccave à l’Inra. Et cela à une période de l’année où la disponibilité en eau dans le sol n’est généralement pas un facteur de blocage. » Or la vitesse de pousse de la vigne est intimement liée à ces deux facteurs que sont l’eau et la température. « On peut s’attendre à ce que le développement végétatif s’accélère, poursuit l’ingénieure. Il est certain que la période des travaux en vert sera raccourcie. » Car une pousse qui accélère, c’est un planning qui se charge par la même occasion. « Je ne pense pas qu’il y aura plus de travail à l’avenir, mais il faudra le faire dans un temps plus limité », acquiesce Thierry Dufourcq, ingénieur à l’IFV Sud-Ouest. Certains viticulteurs en ont d’ores et déjà fait l’amère expérience lors des dernières campagnes. Il apparaît alors que l’organisation du travail va devoir être modifiée petit à petit pour réussir à boucler les chantiers d’épamprage, relevage, ébourgeonnage, travail du sol et autres dans un laps de temps plus réduit.

Mécanisation et combinaison d’outils pour gagner du temps

Une stratégie possible est d’avoir recours à des prestataires de services pour gérer les pics d’activité. La limite étant que le prestataire peut se retrouver dans l’incapacité de répondre à toutes les demandes si tous les viticulteurs le sollicitent au même moment. Une autre voie possible est de miser sur la mécanisation. Investir dans une palisseuse par exemple, plutôt que d’effectuer le relevage à la main. Il importe également de commencer à voir quels travaux peuvent être combinés, comme l’épamprage et le rognage. Par ailleurs, une vigne qui pousse plus vite veut dire aussi une protection phytosanitaire plus difficile à suivre avec des produits de contacts. « Plus que jamais, le viticulteur doit être attentif à son vignoble », recommande Thierry Dufourcq. Être à l’écoute des conditions de l’année est indispensable pour ne pas se faire piéger par le temps et pouvoir organiser son travail. » Pour aider le viticulteur, il existe notamment des modèles pour prédire la date de floraison, qui dépend de sommes de températures. Même si l’incertitude des prévisions météo ne permet pas d’être très précis sur la prédiction de ce stade phénologique, cela peut donner une tendance. Tendance qui peut être utile pour organiser son travail, prioriser les chantiers et éventuellement décider de faire l’impasse sur certains travaux comme l’ébourgeonnage, si on les juge non indispensables.

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