Aller au contenu principal

question de vigneron
Mise en bouteille : quels conseils pour préparer les vins ?

Aboutissement d’une année de travail ou plus, la mise en bouteille mérite une bonne anticipation. Les conseils des œnologues de terrain.

<em class="placeholder">Stabilisation tartrique des vins blancs par le passage au froid en cuves inox à -4°C avant mise en bouteille, chai du domaine de Tariquet, à Eauze dans le Gers</em>
Anticiper est encore plus important en bio, car les méthodes physiques, comme la stabilisation tartrique au froid, peuvent prendre plus de temps.
© C. Nadaillac

François de Villaines, œnologue conseil chez Aix Œnologie dans les Bouches-du-Rhône

« Faire une première analyse 10 à 12 jours avant »

<em class="placeholder">François de Villaines, œnologue conseil chez Aix Œnologie dans les Bouches-du-Rhône.</em>
​​​Dans les blancs et les rosés, les protéines instables représentent le plus gros délai à anticiper, indique François de Villaines. © DR
« En théorie, la mise en bouteille est une opération de routine et tout doit se dérouler facilement. Mais dans la pratique, des scénarios pessimistes peuvent se produire : une mauvaise surprise à l’analyse et tout doit être décalé. Pour éviter ce contretemps, je conseille de réaliser une première analyse au minimum huit jours ouvrés avant la date de mise envisagée, soit 10 à 12 jours en comptant les week-ends.

​​​Dans les blancs et les rosés, les protéines instables représentent le plus gros délai à anticiper. En fonction des méthodes d’analyse, il faut compter 24 heures pour avoir le résultat, car l’échantillon doit passer plusieurs heures à l’étuve. Et si le résultat est positif, le traitement nécessite 10 à 12 heures de réhydratation de la bentonite et 24 heures de sédimentation. Le temps de soutirer et de refaire une analyse, on a perdu quatre jours. Il est relativement rare de trouver des protéines dans les vins traités, mais nous avons déjà vu des vins stables après la FA avec des retours de protéines avant la mise.

L’autre facteur qui peut engendrer un délai est une teneur en SO2 libre à zéro avec beaucoup d’éthanal, c’est le plus souvent le cas lors d’un stockage prolongé en cuve à chapeau flottant. Difficile de prévoir quelle quantité du SO2 ajouté va se combiner. Il faut donc envisager de réajuster et redoser. »

Delphine Engel, œnologue conseil au Laboratoire Beaujolais Bourgogne œnologie

« Le niveau de CO2 est à ajuster selon la dégustation »

<em class="placeholder">Delphine Engel, œnologue conseil au Laboratoire Beaujolais Bourgogne Œnologie</em>
Faire appel à l’œnologue avec une analyse trop proche du jour J restreint les interventions possibles, souligne Delphine Engel. © I. Aubert
« L’idéal est de déguster les vins un mois et demi avant la mise, afin de réaliser les assemblages et vérifier l’équilibre organoleptique. Selon la dégustation, les tanins des rouges peuvent être affinés avec un collage adapté : gélatines ou produits à base de patatine ou des extraits de levures s’il y a des exigences vegan de l’acheteur. Pour les blancs, on peut utiliser du pois, de la patatine pour assouplir, arrondir ou enlever des masques aromatiques.

Côté analytique, il est souhaitable d’anticiper aussi. Pour la stabilité protéique des blancs et rosés, nous adaptons nos préconisations à la bentonite employée et systématiquement nous vérifions la stabilité après le collage, suite aux difficultés rencontrées lors des millésimes avec stress hydrique.

Le SO2 libre recherché peut être modulé selon le circuit de vente : 18 mg/l de SO2 libre pour des beaujolais primeurs, jusqu’à 35 mg/l pour des vins de garde. Le niveau de CO2 est à ajuster selon la dégustation : dégazer davantage si les tanins sont réactifs sur les rouges. On peut aussi utiliser des gommes ou des dérivés de levure, mais il faut faire des essais car ces produits réagissent différemment selon les vins.

Faire appel à l’œnologue avec une analyse trop proche du jour J restreint les interventions possibles : il reste le traitement au cuivre en cas de réduction et la stabilité vis-à-vis des précipitations de bitartrate de potassium. Anticiper peut limiter la liste d’intrants à noter dans les ingrédients. »

Anne Buchet, œnologue conseil à la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher

« Analyser le calcium car il y a de plus en plus de précipitations en bouteille »

<em class="placeholder">Anne Buchet, œnologue conseil à la Chambre d’agriculture du Loir-et-Cher</em>
Anne Buchet conseille de vérifier systématiquement la stabilité calcique pour éviter les précipitations en bouteille. © CA 41
« Un check-up du vin pas moins d’un mois avant la mise assure 80 % de la réussite. Ce délai laisse le temps de faire les corrections nécessaires, d’affiner le vin par collage si besoin et de vérifier la stabilité du vin. Anticiper est encore plus important en bio, car les méthodes physiques peuvent prendre plus de temps.

Pour commencer, je conseille de déguster le vin et envoyer un échantillon à l’analyse pour contrôler le SOlibre et total mais aussi le CO2, qui n’est pas toujours vérifié, mais dont l’effet en bouche peut gêner les consommateurs, les protéines sur les blancs et rosés, la stabilité tartrique et calcique.

Concernant le calcium, nous rencontrons de plus en plus de précipitations en bouteille. Or c’est un problème que l’on sait traiter. Pour quelques euros d’analyse, cela vaut le coup de vérifier si le vin est à risque ou non.

Il faut ensuite réserver les prestataires de filtration et mise en bouteille, car ils ne sont pas si nombreux dans notre région et mieux vaut s’y prendre à l’avance.

Le jour J, ne jamais mettre en bouteille des vins en dessous de 12 °C. Essayer de réchauffer le vin (canne chauffante, cuve thermorégulée ou le stocker dans une cuve qui serait au soleil l’après-midi). Si on ne peut pas l’éviter, inerter un peu plus le matériel de pompage et ajuster le SO2 en conséquence. »

Les plus lus

<em class="placeholder">porte-outils de Grégory Bro</em>
Astuce de viticulteur héraultais : « J’ai créé un châssis léger polyvalent pour moins de 500 euros »
Premier prix de notre Concours de la meilleure astuce, Grégory Bro, viticulteur à Saint-Bauzille-de-la-Sylve, dans l’Hérault, a…
<em class="placeholder">Chai de la cave coopérative de Tutiac. Cuves en inox de 600 hl, goulotte pour décuvage, vis sans fin sous le sol grillagé pour évacuer le marc</em>
Crise : les caves coopératives de vinification au pied du mur

Pour faire face aux réductions de surfaces qui amputent leur rentabilité et au manque de perspectives encourageantes des…

<em class="placeholder">Émilie Faucheron</em>
Dans l’Hérault : « Nos couverts végétaux ne donnent pas assez de biomasse pour pailler le rang de vigne »

Émilie et Benjamin Faucheron, viticulteurs à Montady, dans l’Hérault, ont l’habitude d’implanter des couverts végétaux dans…

hydrologie régénérative à Cambes, en Bordelais
Vigne en Gironde : « Avec 290 mm de pluie, mon système d’hydrologie régénérative a bien fonctionné »

Avec 37 jours de pluie consécutifs du 14 janvier au 20 février, la France a connu la série la plus longue depuis le…

<em class="placeholder"> Bertrand Morand – Directeur Filières Coopérative U

&lt; Timothée Zimmerlin – Chef de groupe Liquides Coopérative U

&lt; Olivier Dabadie – Président Plaimont

&lt; ...</em>
Coopérative U choisit la cave coopérative de vinification Plaimont pour lancer son 126e contrat de filière

Le 10 février 2026, sur le salon Wine Paris, Coopérative U et la cave coopérative de Plaimont ont signé un accord de…

<em class="placeholder">Pressoirs pneumatiques grosse capacité : 320, 450 et 480 hl, à la cave coopérative de Tutiac en Gironde. Bucher Vaslin Xpert, et au fond pressoir inerté avec réserve de ...</em>
Nouvelle-Aquitaine : des pistes de rationalisation se dessinent pour les caves coopératives de vinification

Les caves coopératives de Nouvelle-Aquitaine ont été auditées par des cabinets indépendants en 2025. Plusieurs pistes d’…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole