D’après la troisième édition de l’Observatoire de l’agriculture-viticulture publiée par le groupe coopératif de banque et d’assurance BPCE, 65 % des viticulteurs, et même 69 % des vignerons, se disent engagés dans une démarche agroécologique. Parmi les agriculteurs, cette proportion n’est que de 46 %. L’écart s’est encore accru en 2023, puisque l’engagement a gagné 4 points chez les viticulteurs, pendant qu’il a perdu 3 points chez les agriculteurs.
Les viticulteurs engagés ont mis en place des pratiques d’agroforesterie pour 9 % d’entre eux et de l’agriculture de conservation des sols pour 33 %. La viticulture durable se traduit également par un niveau très élevé de certification environnementale : 19 % produisent en bio, et 41 % disposent du label HVE (9 % pour les agriculteurs).
En contexte de crise, des freins plus difficiles à surmonter
Mais si 12 % des viticulteurs disent avoir l’intention de s’engager dans une certification environnementale dans les cinq ans, c’est 9 points de moins qu’en 2021. 6 % envisagent même de quitter l'agriculture biologique dans les 5 ans (11 % pour l'ensemble de l'agriculture).
En tête des besoins que nécessiterait un début d’engagement ou son intensification figurent les investissements en matériel (cités par 39 %) et la main-d’œuvre plus importante (citée par 28 %) devant l’acquisition de davantage de connaissance (22 %) et l’aide technique (21 %).
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Dans le contexte actuel, ces besoins sont justement plus compliqués à satisfaire. Les viticulteurs sont à 70 % employeurs. Or 48 % d’entre eux déclarent avoir des difficultés pour trouver de la main-d’œuvresaisonnière en quantité suffisante, et 28 % à avoir des problèmes pour fidéliser leur main-d’œuvre permanente ou saisonnière.
Nouveaux arbitrages pour les investissements
Les projets d’investissements dans les deux ans sont aussi sous tension. Le renouvellement d’un matériel, envisagé par 35 %, est la première des intentions d'investissement, mais avec un retrait de 13 points par rapport à 2021. « Cette baisse peut s’interpréter comme une forme d’attentisme, mais aussi le contrecoup d’années de ventes au plus haut : un effet de rationalisation et/ou de cycle d’investissement », commente la BPCE.
Non mesurées lors de l’enquête précédente, les intentions d’investissement pour l’économie d’énergie (18 %), la production d’énergie (15 %) ou la création de réserves d’eau et/ou meilleure gestion de l’irrigation (12 %) illustrent la montée de nouveaux arbitrages.