L’édulcoration peut respecter le lien à l’origine et la qualité des vins
En validant l’édulcoration pour les vins sous appellation, l’Inao a assorti sa décision de conditions pratiques. Seul le bordeaux claret est concerné pour le millésime 2026, mais les AOP qui le souhaitent peuvent déposer une demande.
Longtemps taboue, l’édulcoration est désormais autorisée pour les vins AOP en France. À condition que leur cahier des charges l’autorise. Et en respectant les conditions édictées par l’Inao pour encadrer la pratique.
L’édulcoration constitue à ajuster la teneur en sucres d’un vin fini afin d’en améliorer l’équilibre organoleptique. Elle peut représenter une réponse à la demande des marchés export, mais pas uniquement. Autorisée par la réglementation européenne depuis plusieurs années, « elle n’était autorisée dans aucun cahier des charges jusqu’à présent en France, car aucune AOP n’en avait fait la demande », pose Victor Theuriet, chargé de mission technique et réglementaire à l’Inao.
Jusqu’au dossier de bordeaux claret en 2024. L’Inao a alors créé un groupe de travail pour vérifier si cette pratique pouvait respecter le lien à l’origine et la qualité des produits. La conclusion a été positive. Et l'édulcoration pour le bordeaux claret a été validée au comité national du 12 février 2026.
Uniquement avec des moûts ou moûts concentrés de l’appellation
Plusieurs conditions encadrent la pratique :
« Pour bien distinguer l’édulcoration de l’ajout de sucre pour augmenter le degré alcoolique, l’édulcoration ne doit pas être effectuée avant le 1er novembre de l’année de la récolte », indique Cyril Payon, œnologue et membre du comité national de l’Inao.
L’édulcoration doit être pratiquée avec des moûts, moûts concentrés ou moûts concentrés rectifiés de l’appellation. Les moûts concentrés peuvent être fabriqués à l’extérieur de l’aire d’appellation mais l’édulcoration doit être faite à l’intérieur de l’aire.
La teneur maximale en sucre résiduel autorisée après édulcoration va de 4 à 9 grammes par litre. « La réglementation européenne imposant un lien à l’acidité, avec les compositions actuelles des vins en France, le maximum possible sera de 4 à 6 grammes par litre », relativise Cyril Payon. En effet, l’acidité totale ne doit pas être inférieure de plus de 2 g/l à la teneur en sucres.
Attention, un vin destiné à être édulcoré ne doit pas avoir été acidifié ou chaptalisé auparavant. L’édulcoration concerne uniquement les vins secs, rouges, blancs, rosés actuellement.