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La qualité des porte-greffes sur la durée

La société Sfere BM a conçu une machine à couper les porte-greffes assurant une qualité de coupe régulière tout au long de la journée.

"La coupe des porte-greffes est une opération fastidieuse", explique Christophe Maynadier, P.-D.G. de la société Sfere BM, qui a conçu la machine BM116, récompensée d’un trophée d’Or au Vinitech 2016 (voir Réussir Vigne n° 233 p. 29). "Pour les opérateurs qualifiés, il est difficile de maintenir une qualité de coupe bonne et constante, tout au long de la journée, avance-t-il. À cela, s’ajoute la difficulté de trouver de la main-d’œuvre qualifiée." Pourtant, de la qualité de coupe dépend la réussite de la reprise des plants de vigne. Plus le délai entre le début de la préparation du porte-greffe et la mise en place de la greffe est court, plus les chances de succès du plant sont importantes. Il y a trois ans, la société Sfere BM, déjà leader de la machine à débouturer et à ébourgeonner la vigne mère, a donc décidé d’investir dans le développement d’une machine performante, qui puisse être utilisée par un opérateur non qualifié. "La première année a été consacrée à la théorie, suivie d’un prototype l’année suivante, poursuit Christophe Maynadier. Et la saison qui s’achève a vu une quarantaine de préséries réparties sur le territoire, pour remonter le maximum d’informations du terrain et aboutir à une version définitive."

Deux caméras pour ajuster la coupe

La machine se compose d’un orifice par où un opérateur introduit le bois déjà débouturé et ébourgeonné. Le bois passe ensuite devant deux caméras qui en mesurent le diamètre et détectent l’emplacement des anciens bourgeons. À partir de la lecture du bois, l’algorithme pilote la découpe et la destination des morceaux. Une buse à air comprimé élimine du circuit les bois de diamètre trop gros ou trop petit, ou ceux qui sont trop courts. Ils sont évacués dans un contenant à part. Les "certifiés conformes" sont pour leur part amenés vers deux bacs de réception. En bout de ligne, un déflecteur change régulièrement de position pour renvoyer vers l’un ou l’autre des deux bacs pour constituer des fagots comportant toujours le même nombre de porte-greffes.

Capable de traiter toutes qualités de bois, la BM116 réalise des porte-greffes de 22 à 42 cm de long, à raison de deux coupes à la seconde avec une précision de la longueur de coupe de +/- 2 mm. "Selon le calibrage choisi et la qualité des bois, cette machine réalise entre 5 000 et 7 000 porte-greffes par heure, toujours avec la même qualité de coupe", se félicite Christophe Maynadier.

Traçabilité et ergonomie au rendez-vous

Le paramétrage de la machine est facilité par un écran couleur tactile et donc ergonomique. Pour que la machine soit opérationnelle, il suffit de rentrer quelques informations : longueur des porte-greffes, longueur du talonnage (distance entre la position du bourgeon et la coupe basse du porte-greffe - 5 à 10 mm dans l’idéal), diamètres mini et maxi (6 à 14 mm), nombre de porte-greffes par fagot. Cet écran permet également de visualiser les statistiques de la journée, l’historique de la production, etc. Pour la traçabilité, toutes ces données sont exportables selon différents formats (csv, xml, bmp) via une connexion réseau RJ45 ou USB.

Sfere BM commercialise la BM116 à un tarif allant de 32 000 à 35 000 euros selon les options. Le prix intègre le service après-vente, les mises à jour mécaniques et informatiques jusqu’en décembre 2018, ainsi que les conseils et partages des acquisitions empiriques qui remontent du terrain. Pour Christophe Maynadier, "cette machine peut même intéresser un pépiniériste ne réalisant sur 500 000 plants par an".

(((TEMOIGNAGE David Amblevert))))

Dix millions de coups de sécateur en moins"

"Cela fait maintenant un mois que nous travaillons avec la BM116. Si la cadence est très légèrement supérieure à celle des opérateurs manuels, cet investissement apporte un confort pour les salariés, une fiabilité tant des calibrages que des talonnages des bois. Que de tendinites en moins ! En association à la machine à ébourgeonner BM8, ce sont l’équivalent de dix millions de coups de sécateur (à la main) qui disparaissent pour l’ensemble de nos salariés dans notre pépinière. Même s’il reste l’opération manuelle d’alimentation de la machine, la BM116 a contribué à revoir l’organisation et à motiver les équipes. Aujourd’hui, la machine peut travailler dix à onze heures par jour, avec une rotation du personnel, quand un salarié travaillait sept heures par jour auparavant.

Par ailleurs, nous avons la chance que la région Nouvelle Aquitaine, au travers du plan de compétitivité PEPI 20 20, nous soutienne financièrement (subvention de 30 %), car cette machine, éligible, participe à l’amélioration de la productivité et à une meilleure approche sociale.
Nous estimons également que la BM116 permet, aujourd’hui, de libérer une personne sur le poste "préparation des bois" pendant un mois et demi pour être affectée à un autre atelier.
Après quelques petites améliorations nous sommes très confiants pour l’avenir ; il est heureux de constater que des constructeurs portent la technologie high-tech aux portes de la pépinière viticole."

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