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En viticulture biologique, bien positionner ses traitements est essentiel pour réussir la lutte phyto

Malgré l’apparition de solutions alternatives, la réactivité reste le maître-mot pour réussir la lutte en viticulture biologique.

Se faire conseiller par un technicien peut aider à repérer les moments clés pour la protection de la vigne.
Se faire conseiller par un technicien peut aider à repérer les moments clés pour la protection de la vigne.
© J.- C. Gutner

En viticulture biologique, la gestion de l’oïdium n’est pas source de problème. « Plusieurs produits de biocontrôle sont homologués et efficaces », avance Nicolas Constant, référent viticulture biologique à l’IFV. Il cite notamment le soufre, les bicarbonates et l’huile essentielle d’orange douce. Le premier reste incontournable par son rapport qualité/prix difficile à battre et l’absence d’enjeu réglementaire. Les autres présentent majoritairement un intérêt dans les conditions où le soufre peut devenir phytotoxique (canicule).

Concernant la lutte antimildiou, le cuivre reste indispensable. L’efficacité des stimulateurs de défenses demeure variable. L’huile essentielle d’orange douce apporte des gains plus réguliers, mais partiels. « Sur la façade atlantique, une stratégie avec du cuivre sur une base de 300 grammes par hectare complémenté d’huile essentielle fonctionne bien, même avec une pression significative, relate l’expert. Lors des années exceptionnelles, c’est plus compliqué. » Dans ce dernier cas, le plus important reste de bien positionner les traitements en fonction de la contamination. « En 2023 cela voulait dire un, voire deux ou trois traitements par semaine. Ce qui implique de pouvoir rentrer dans les parcelles et d’être très réactif d’un point de vue organisationnel », estime Nicolas Constant. Dans ces cas de figure, le quad représente un réel atout.

Le droit à l’erreur est pour ainsi dire inexistant

Car un seul raté suffit pour mettre à mal le programme de toute l’année, comme l’a montré Lise Martin, de la chambre d’agriculture du Var, lors d’un webinaire consacré au mildiou. Elle a présenté l’exemple d’un viticulteur n’ayant pas pu traiter entre deux pluies contaminatrices pour cause de vent, ce qui a fait bondir la fréquence de mildiou sur grappe de 12 à 40 %, avec des pertes conséquentes à la récolte. L’homologation du cuivre au niveau européen court jusqu’au 31 décembre 2025, mais sa réévaluation pourrait bien prendre du retard. À court terme, la règle des quatre kilos de cuivre métal par an avec lissage annuel ne semble pas menacée.

Concernant le black-rot, Xavier Burgun, ingénieur à l’IFV Charentes, estime que l’Armicarb en complément du cuivre et du soufre est une bonne solution. D’autant plus qu’il apporte une légère protection complémentaire sur botrytis, oïdium et mildiou en moindre mesure. « Seulement c’est un produit onéreux. Nous allons travailler sur les stades d’intervention pour rentabiliser au mieux son emploi, commente l’ingénieur. En attendant, il est imaginable de le réserver aux parcelles avec les plus fortes pressions black-rot. » L’an prochain il testera au champ de nouveaux produits potentiellement intéressant, comme le Vitisan, Carpet ou Belvine.

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