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Cédric Guy, viticulteur sur 5,30 hectares et ETA à Sainte-Gemme, dans la Marne
Dans la Marne : « L’ETA m’a permis d’amortir rapidement mon matériel viticole »

Cédric Guy, viticulteur sur 5,30 hectares et ETA à Sainte-Gemme, dans la Marne, s’est lancé dans la prestation pour financer ses achats de matériel il y a cinq ans. Il ne regrette rien.

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Cédric Guy, viticulteur sur 5,30 hectares et ETA à Sainte-Gemme, dans la Marne, a lancé son ETA viticole il y a cinq ans.
© C. Guy

« Je suis installé sur 5,30 hectares depuis six ans. Il y a cinq ans, j’ai décidé de lancer une activité d’ETA en parallèle car j’avais besoin d’acheter du matériel et devais pouvoir le rentabiliser. Au niveau de la structure juridique, mon conseiller comptable m’a recommandé de partir sur une SARL car je voulais notamment proposer des traitements phyto

Lire aussi : Comment sécuriser son projet d'ETA viticole avec des contrats ?

Avec l’aide de mon épouse qui était comptable, j’ai ensuite établi un prévisionnel financier. Je pense que tout cela a rassuré le banquier pour l’emprunt et j’ai pu acheter un enjambeur tout équipé. Depuis, je propose donc toutes les prestations, qu’elles soient mécaniques ou manuelles, sur enjambeur ou chenillard. J’ai regardé les prix qui se pratiquaient dans le coin et le coût de l’amortissement des matériels avant de fixer mes tarifs. Pour les traitements, je suis par exemple à 200 euros par hectare à l’enjambeur et à 350 euros par hectare au chenillard. C’est dans la fourchette haute de ce qui se fait sur le secteur.

 

« Je resserre peu à peu le parcellaire »

Je n’ai jamais fait de démarchage. J’ai un site internet, mais il ne m’a jamais ramené de client ; tout s’est fait par le bouche-à-oreille. La première année, j’étais mon plus gros client. Puis ça a grossi peu à peu, surtout après 2021. Beaucoup de viticulteurs ont été mécontents car ils ont eu de la maladie, je m’en suis mieux sorti que les autres, du coup beaucoup ont changé de crémerie. À présent, je refuse des clients. Et je resserre le parcellaire. Au départ, j’allais jusqu’à 25 km autour du domaine, à présent je vais au maximum à 15 km.

Lorsque j’ai créé la société de prestation, j’ai passé un agrément phyto et c’est la chambre d’agriculture qui m’a audité. Elle m’a recommandé un format de contrat. Je l’ai un peu retouché, mais globalement, c’est celui que j’utilise pour chaque client. Je ne travaille pas à la carte, c’est moi qui suis décisionnaire et qui m’organise comme je le souhaite. Par exemple, lors des traitements, toutes les parcelles, dont les miennes, sont englobées dans la tournée. Je couvre l’ensemble du parcellaire en deux jours.

Un contrat avec le service juridique du cabinet comptable

Je passe 15 à 20 % de mon temps de travail sur mon domaine, et le reste chez les clients. Au dernier bilan, le CA de la SARL était de 800 000 euros mais cette année, il devrait avoisiner le million d’euros. J’emploie deux CDI et quatre CDD, plus des saisonniers.

Lire aussi : Bien cadrer le recours à la prestation de service viticole

L’avantage de ce système est que cela m’a permis d’amortir le matériel, ce qui fait que la prestation ne coûte pas cher pour mon domaine. J’ai une force d’intervention plus rapide que si j’étais seul.

L’inconvénient est qu’il y a parfois des couacs avec des clients, mais ça fait partie du métier. Il y a des mauvais payeurs, mais j’ai un contrat avec le service juridique de mon cabinet comptable, c’est lui qui gère ces situations. Cela permet que tout soit fait dans les clous. »

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