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Comment recruter et fidéliser ses salariés agricoles ?

L’agriculture manque de bras. Pour séduire des candidats et garder ses salariés agricoles, l’Anefa accompagne les employeurs et livre des conseils sur le salon de l’Agriculture. 

Représentants de l'Anefa lors d'une conférence au salon de l'agriculture 2024
De droite à gauche : Dominique Boucherel, secrétaire général, Laurent Paillat, président et Nicolas Savary, directeur de l’Anefa sur le salon de l’Agriculture.
© Nathalie Marchand

 

En 2022, 30% des postes de salariés agricoles étaient non pourvus et 80% des employeurs agricoles expriment des difficultés à trouver du personnel. Tels sont les données issues de la MSA et de l’association Trame énoncées par Nicolas Savary, directeur de l’Agence nationale paritaire pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa), ce mercredi 28 février lors d’une conférence de presse au salon de l’Agriculture

Sur 50 000 emplois proposés sur sa plateforme https://www.lagriculture-recrute.org 15 000 offres ne sont ainsi pas pourvues. 

Un recrutement coûte cher, de l'ordre de 10 000 euros

Et quand les employeurs agricoles trouvent des salariés agricoles ceux-ci quittent en grand nombre leur poste au bout de deux ans (turnover de 40%), selon Nicolas Savary. « Or un recrutement coûte cher, de l’ordre de 10 000 euros », explique-t-il. D’où l’importance pour l’Anefa, association paritaire, d’aider les employeurs à recruter, accueillir et fidéliser ses salariés.

Lire aussi : Emploi agricole : s’ouvrir à des profils en reconversion pour trouver des salariés

 

Comment bien recruter un salarié agricole ?

« Avant les agriculteurs cherchaient le mouton à cinq pattes et voulaient recruter au Smic, c’est fini ça ! », témoigne Dominique Boucherel, secrétaire général de l’Anefa et salarié en service de remplacement sur les Pays de la Loire. Le recrutement d’un salarié agricole passe tout d’abord par une bonne offre d’emploi, lisible, la plus professionnelle possible. L’Anefa aide les employeurs à les rédiger et à la diffuser vers France Travail et différentes plateformes dont Jobaviz, portée par le Cnous. L’association veut aussi développer des contacts avec les Missions locales, Défense Mobilité (pour la reconversion des militaires), les jeunes des quartiers prioritaires (« pour qu’ils viennent dans l’agriculture au lieu de faire des stages kebab », souligne Nicolas Savary) ou la population des réfugiés.

Avant les agriculteurs cherchaient le mouton à cinq pattes et voulaient recruter au Smic c’est fini ça !

« Nous mettons en relation employeurs et candidats, et on fait en sorte d’accompagner chacune des parties. On accompagne l’employeur sur la définition du poste à pourvoir, prépondérante pour faire ensuite une bonne annonce, et se valoriser par rapport aux concurrents, ce qui est essentiel face à la pénurie de candidats », explique Nicolas Savary, directeur de l’Anefa.

Lire aussi : Recrutement d’un salarié : l’origine agricole et l’expérience ne sont pas une obligation !

 

Comment bien accueillir un salarié agricole ?

Une fois le salarié agricole recruté, l’Anefa insiste sur la nécessité de bien l’accueillir au sein de l’exploitation agricole. Dominique Boucherel cite l’importance de bien présenter l’exploitation agricole au nouveau salarié et de lui remettre les équipements de protection individuelle (EPI). « Il est important d’impliquer l’équipe, s’il y a plusieurs personnes sur l’exploitation, dans l’accueil du nouveau salarié et de définir et développer les pratiques dans l’intégration », souligne le secrétaire général de l’Anefa, qui pointe l’importance de l’autonomie pour le nouveau salarié et des moyens de mobilité mis à sa disposition pour bien évoluer sur l’exploitation agricole.

« Un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) doit être établi et remis au nouveau salarié », rappelle Dominique Boucherel qui précise qu’un livret d’accueil peut être un plus. Il insiste aussi sur la nécessité de mettre en place « un parcours d’intégration », avec « une bonne relation humaine ».

Lire aussi : Salariés agricoles : des conditions de travail diverses, du meilleur au pire, selon une enquête

 

Comment fidéliser un salarié agricole ?

« La RH est une partie qu’on n’apprend pas ou peu dans l’enseignement agricole », regrette Laurent Paillat, président de l’Anefa et maraîcher en bio dans le Gard, avec 7 salariés.

Pour fidéliser un salarié, il pointe l’importance d’avoir un « projet commun employeur-salarié ». « Il ne faut pas dissocier le salarié du projet. Ce qui m’interpelle c’est un salarié qui découvre qu’un nouveau tracteur arrive sur la ferme. Ca ne peut pas donner confiance » ! » confie-t-il. 

Quand un salarié est bien intégré il participe au choix du matériel

« Quand le salarié est bien intégré souvent il participe au choix des outils (du nouveau tracteur), car souvent il a plus de compétences que son patron » complète Dominique Boucherel qui rappelle que deux tiers des salariés agricoles déclarent la pénibilité comme principal critère pour quitter une entreprise agricole et un salarié sur trois estime qu’évoluer dans un cadre agréable est essentiel.

« Je connais un salarié qui a choisi entre deux employeurs sur la marque du tracteur », illustre Laurent Paillat.

L'importance des formations 

Autre point essentiel pour fidéliser un salarié est de pouvoir lui proposer des formations. Aujourd’hui les formations prises en charge par Ocapiat tournent souvent autour du réglementaire. « Les formations liées aux compétences (comme la certification professionnelle) ne sont pas assez utilisées pourtant elles permettent une reconnaissance et une valorisation des salariés en place, avec la perspective de nouvelles responsabilités comme d’être tuteur ou maître de stage », regrette Nicolas Savary. « C’est important de pouvoir dégager du temps de formation aux salariés par exemple en ayant recours au service de remplacement » pointe Dominique Boucherel. 

Lire aussi : Informer et recruter, l'ANEFA Limousin fait le point sur 2022

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