Accord de durabilité vins de pays d’oc : faut-il convaincre les consommateurs ou la GD ?
Une table ronde organisée lors de Millésime Bio a fait le point sur les accords de durabilité de l’IGP pays d’oc. Reste une question clé : qui doit absorber la hausse des prix du vin, les consommateurs ou la grande distribution ?
Une table ronde organisée lors de Millésime Bio a fait le point sur les accords de durabilité de l’IGP pays d’oc. Reste une question clé : qui doit absorber la hausse des prix du vin, les consommateurs ou la grande distribution ?
Grâce aux accords de durabilité, ils peuvent enfin parler prix, grâce aux accords de durabilité ils ont trouvé un consensus sur les coûts de production du vin en bio et en HVE. Voici en substance le message des intervenants présents lors de la table ronde « Comment produire durablement l’IGP pays d’oc bio en Occitanie, premier vignoble bio français ? » proposée sur le salon Millésime Bio 2026.
« La Commission européenne nous a demandé de travailler sur des données fiables et vérifiables. Grâce au CerFrance Midi Méditerranée nous avons pu le faire », s’est félicitée Florence Barthès, la directrice d’Inter Oc. 800 compatibilités d’exploitations viticoles et 150 de coopératives ont ainsi été analysées. Il en ressort un coût de production moyen calculé à 7 200 euros par hectare en bio, à 5 200 €/ha en HVE. Les frais de vinification s’établissent, quant à eux, entre 30 et 32 euros par hectolitre selon la couleur.
20 à 30 centimes de plus sur une bouteille
« À marge constante, si les acheteurs vrac appliquent des prix compris dans le tunnel d’orientation, construit à partir de ces coûts de production, cela représente 20 peut-être 30 centimes d’euro en plus sur le prix final de la bouteille, estime Julien Franclet, président de SudVinBio. C’est une somme ridicule. »
Pourtant, la grande distribution se montre d’ores et déjà réticente à accepter cette hausse. « Les metteurs en marché bio sont conscients des coûts mais ils ressortent toujours l’excuse de l’acceptation du client à payer plus, déplore Carole Frelin, directrice générale du groupe Frelin, maison de négoce et producteur de vin bio. Le succès des initiatives comme " C’est qui le patron " montre pourtant que les consommateurs sont prêts à choisir des produits qui rémunèrent correctement les producteurs. »
« La balle est dans le camp des producteurs »
Faut-il alors aller vers la création d’un nouveau label ? « C’est une option, parmi d’autres, à envisager », estime Fabien Castelbou, président des Vignerons coopérateurs d’Occitanie. L’effort financier se porterait sur les consommateurs, ce qui exaspère Fabrice Guiraud, représentant des caves particulières à la table ronde. « Le problème, ce sont les marges et le manque de transparence de certains, fustige-t-il. Les charges des producteurs explosent, le cours du vrac se dégrade et le prix des bouteilles de vins bio dans les rayons reste stable. La balle est dans le camp de la production. Nous sommes arrivés à trouver un accord basé sur des coûts légitimes et justes. Il faut refuser de vendre en deçà et déclasser en conventionnel tous les vins bio qui ne trouvent pas d’acheteurs aux prix du tunnel. Sans ça, c’est la filière des vins bio en Occitanie qui est en péril. Dans le Gard, 57 % des viticulteurs ont plus de 50 ans, 30 % ont plus de 60 ans. Que va-t-il se passer si le cours du vin bio en vrac converge vers celui du conventionnel ? Ils vont arrêter et personne ne reprendra en bio. »
« La grande distribution au travers de ses marques de distributeurs achète du vin en vrac. Les enseignes vont donc être confrontées, rapidement et en direct, aux accords de durabilité de pays d’oc », rappelle Carole Frelin. « Et il faudra faire font commun », encourage Frédéric Saccoman, directeur de la cave coopérative bio Héraclès dans le Gard.
Rendez-vous en début d’été, après la période de signatures des contrats annuels, pour constater si les accords de durabilité de pays d’oc auront été appliqués…