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Simon Blanchard, associé chez Derenoncourt Consultants
" 2018 comblera les amateurs de bordeaux "

Les crus classés de Bordeaux dévoilent cette semaine leur millésime 2018 après une campagne pour le moins chaotique. Décryptage du millésime avec Simon Blanchard, associé chez Derenoncourt Consultants.

La semaine des primeurs de Bordeaux se déroule cette année du 01 au 05 avril 2019. Après le bilan mitigé des primeurs de l'an dernier, Bordeaux espère beaucoup du millésime 2018.
© P.CRONENBERGER

C’est un véritable happy ending “, témoigne Simon Blanchard lors de l'avant-première de la semaine des primeurs organisé par l’équipe Derenoncourt Consultants à Paris, lundi 25 mars. L’évènement, qui réunit chaque printemps un grand nombre d’experts des vins de Bordeaux, prend cette année une dimension encore plus chaleureuse. Soulagement, stress et fierté se mélangent lorsque les professionnels évoquent l’éprouvant millésime 2018. “J’ai vu des chefs de culture au bord de la rupture, avec un niveau d’épuisement au 1er juillet similaire à ce que j’observe d’habitude à la fin des vendanges”, raconte Simon Blanchard. À l’origine de la tourmente, une pression mildiou inédite, qui aura nécessité une attention de tous les instants.

Effeuiller côté est mais pas côté ouest"

Après un printemps catastrophique, début juillet, la météo a changé et la pluie a fait place au soleil. Les nuits fraîches ont limité le développement de botrytis, grand absent de ce millésime 2018, pour le plus grand soulagement des vignerons. Sans canicule, le raisin a bénéficié de bonnes conditions pour mûrir. " Nous avons encouragé les propriétés à effeuiller côté est mais pas côté ouest. Cela a permis d’aérer et de sécher les foyers de mildiou tout en préservant les baies des rayons du soleil ”, explique Simon Blanchard. Les fenêtres de traitements, serrées du fait du climat et de l’impossibilité d’entrer dans les parcelles, n’ont laissé aucun répit aux viticulteurs. " C’est un millésime qui s’est joué dans les vignes ; chaque geste devait être bien calculé”, poursuit le consultant.

Extraire doucement et favoriser des élevages protecteurs

En cave, les fermentations alcooliques (FA) se sont globalement déroulées sans encombre. L’équipe Derenoncourt Consultants a plutôt incité ses clients à miser sur l'extraction douce, réalisée grâce à des pigeages sur grappes entières. Des macérations de trois semaines, au cours desquelles les malos se sont souvent enclenchées, ont permis d’apporter rondeur et équilibre au vin. “C’est un millésime d’amateurs ”, précise sourire aux lèvres Simon Blanchard. Côté élevage, il a encouragé l’utilisation de grands contenant type amphore ou foudre, afin de limiter les échanges d’oxygène sur des matières pas trop extraites. Pour le consultant, 2018 est un très bon millésime qui présente un bon potentiel de garde mais sera accessible rapidement. “ Il y a une forme d’hétérogénéité avec des profils de vins très géo-localisés. Parfois on retrouve du 2016, mais en plus tendre”, décrit-il avant de conclure que “ ce millésime ne ressemble à aucun autre”.

 

Notre avis

Sur un échantillon de 62 domaines présentés à la dégustation, les vins se caractérisent par une dominante de fruits rouges croquants. La fraîcheur caractérise indéniablement ce millésime, et s’exprime par des notes mentholées ou de réglisse régulièrement identifiées. En bouche, les vins présentent de bons équilibres entre sucrosité et acidité. On retiendra la souplesse des tanins, souvent veloutés, et les longueurs en bouche variant de moyennes à longues.

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