Aller au contenu principal

Traitements phytos en prestation de service sans agrément : « Cette pratique illicite progresse », dénoncent les ETA

La Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) alerte dans un communiqué sur la réalisation de prestations de service en application de produits phytopharmaceutiques sans agrément sur tout le territoire. Une distorsion de concurrence qui met en danger la confiance dans le système, déplorent les ETA.

    Pulvérisateur dans un champ
Pour réaliser des traitements phytosanitaires en prestation de service facturée c’est bien le certiphyto pour « l’utilisation des produits phytopharmaceutiques dans la catégorie décideur en entreprise soumise à agrément (DESA) » qui est nécessaire.
© David Laisney

De plus en plus d’application de produits phytosanitaires en prestation de services sont réalisées sans agrément, dénonce la fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) qui défend les entrepreneurs de travaux agricoles (ETA) dans un communiqué en date du 6 mai 2025.

Nous ne remettons pas en cause le principe de l’agrément, au contraire !

« Nous ne remettons pas en cause le principe de l’agrément, au contraire ! Nous croyons en sa valeur. Nous demandons, puisque c’est une obligation, que celle-ci soit respectée et appliquée partout, par tous. C’est une question de sécurité, et de responsabilité » martèle Philippe Largeau, président de la FNEDT à propos « des abus constatés dans tous les territoires ».

Relire : La prestation de services phytos passe par la case agrément

Quelles règles pour l’application de produits phytosanitaires en prestation de service ?

Depuis 2012, l’application de produits phytopharmaceutiques en prestation de service est encadrée par des exigences légales et réglementaires, et notamment l’agrément entreprise et la détention d’un certiphyto, rappelle la FNEDT. 

Mais depuis 2016 et le changement de la dénomination du certiphyto donnant droit à « l’utilisation des produits phytopharmaceutiques dans la catégorie décideur en entreprise non soumise à agrément » (DENSA), précédemment appelé « décideur en exploitation agricole » (DEA), « certains s’engouffrent dans la brèche » dénonce la FNEDT. Le terme « d’entreprise » prêterait ainsi à confusion selon la fédération.

Or pour réaliser des traitements phytosanitaires en prestation de service facturée c’est bien le certiphyto pour « l’utilisation des produits phytopharmaceutiques dans la catégorie décideur en entreprise soumise à agrément (DESA) » qui est nécessaire. Et ce à l’exception de trois situations bien précises : l’entraide à titre gratuit, la prestation sur des exploitations « de petite surface » sous réserve de détenir le certiphyto ou l’utilisation exclusive de produits de biocontrôle.

Lire aussi : Les sociétés civiles agricoles peuvent enfin, légalement, exercer des activités commerciales

Quels risques d’avoir recours à un prestataire sans agrément ?

Une exploitation agricole qui ferait appel à un prestataire de service ne bénéficiant pas de l’agrément s’exposerait à une pénalité de 3% sur ses aides PAC, dans le cadre de la conditionnalité des aides, en cas de contrôle. Le prestataire, lui, risquerait jusqu’à 15 000 € d’amendes et 6 mois de prison, selon la FNEDT. 

Lire aussi : Quelles baisses des aides PAC en cas de non-respect de la conditionnalité en 2025 ?

Les entreprises de travaux agricoles (ETA) qui se plient à la réglementation, sont suivies et contrôlées par des organismes certificateurs accrédités et par les services régionaux de l’alimentation, défend la fédération des entrepreneurs des territoires.

Lire aussi : ­­­­­Entreprises de travaux agricoles : pourquoi le moral des patrons d’ETA est en berne ?

C’est la confiance dans le système qui est en jeu, estiment les ETA

Pour les ETA, « c’est la confiance dans le système qui est en jeu. Ceux qui respectent les règles sont pénalisés deux fois. D’abord par la lourdeur administrative, la conformité aux exigences de l’agrément représente un surcoût de 15 % pour nos entreprises. Ensuite par la concurrence déloyale, c’est comme si on pouvait faire des perfusions sans diplôme d’infirmier » estime Franck Bellessort chef de file du groupe de travail Phyto FNEDT. L’entrepreneur met notamment en avant le respect de la qualité, de l’adaptation au type de traitement ou encore de la date de péremption des équipements de protection individuelle (EPI), le contrôle des produits de traitement et l’homologation des mélanges proposés ainsi que du respect des règles de conditionnalité (bandes enherbées…) lors des traitements par une ETA.

La FNEDT a alerté le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, et demande de prendre en compte les potentiels risques pour la santé humaine et environnementale que génèrent ces pratiques illicites. 

Le réseau des ETA se prépare à interpeller les préfectures, les DDT et les SRAL ; il est urgent de faire connaitre ces pratiques illicites et dangereuses.

Lire aussi : ETA - "Nous demandons plus d’équité avec le monde agricole en temps de crise", affirme Philippe Largeau, président de la FNEDT

Les plus lus

Carte de France des arrêtés de restrictions des travaux agricoles face aux risques d'incendies. Les départements soumis à des restrictions sont en rouge.
Moisson 2026 et risque d’incendie : carte des départements interdisant la récolte aux heures les plus chaudes

La canicule et la sécheresse accentuent les risques de départs d’incendies pendant les moissons et plusieurs feux de champs…

Agriculteur remplissant de GNR le réservoir de son tracteur
Prix du GNR agricole : demandez l’aide de 15 centimes d’euros par litre pour le mois de mai, le guichet est ouvert !

Le gouvernement vient de préciser les modalités pour bénéficier des différents dispositifs de soutien aux agriculteurs pour l’…

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : un nouveau foyer détecté en Sardaigne

Un foyer supplémentaire de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été détecté le 30 mai en Sardaigne, à une…

Volailles label-rouge autour d’un bâtiment
Pas-de-Calais : « Ce projet de poulaillers c’est tout à fait ce que les Français veulent ! Ce n’est pas possible de vouloir l’empêcher », s’insurge Icilaterre

L’association d’agriculteurs consommateurs a décidé de défendre Valentin Melin, jeune polyculteur dont le projet…

Moisonneuse batteuse dans un champ d'orge.
La moisson 2026 a officiellement démarré : « la deuxième année la plus précoce depuis 2011 »

La saison de la moisson 2026 est lancée précocement. Les premières vidéos et photos de récoltes d’orge, cameline mais aussi…

Paysage agricole
Aides PAC 2025 : les montants réévalués à la hausse pour l’écorégime bio, les jeunes agriculteurs, les aides couplées animales et végétales

Plusieurs arrêtés parus ce 12 juin au journal officiel réévaluent à la hausse les montants annoncés pour la campagne 2025 des…

Publicité