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[VIDEO] Start-ups agricoles : levée de fonds et rentabilité, quelle stratégie ?

Chaque année, les LFDAY accueillent toujours plus de start-ups. Pourtant si les levées de fonds progressent, l’Ag-Tech français et européen reste à la traine, face aux géants américains et chinois.  Les financements actuels pourraient être au cœur de la souveraineté alimentaire. Axioma France a, par exemple, réussi à lever 2 à 3 millions d’euros. Décryptage sur les besoins d’investisseurs, mais aussi sur la logique de rentabilité avec Florian Breton, président de la ferme digitale et fondateur de MiiMosa.

Pour la troisième édition des LFDAY, la Ferme digitale a opté pour le Conseil Conseil économique, social et environnemental, à Paris. 600 personnes et 50 start-ups participaient à l’évènement, il y a trois ans. Désormais, 1200 personnes et 120 personnes se donnent rendez-vous. « C’est, aujourd’hui, le troisième événement européen sur l’agriculture numérique et digitale », souligne Florian Breton, président de la Ferle digitale et fondateur de MiiMosa.

 

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Investissement AgTech : la France en retard

La dynamique est là. La France demeure, cependant, à la traîne au moment de mettre le nez dans les comptes. « En termes de levée de fonds, nous sommes bien en retard. Sur les 5 dernières années, 13 milliards d’euros ont été levés au niveau mondial. L’an passé, nous étions à 7 milliards. Mais, 50 % des investissements sont réalisés aux Etats-Unis, 30 % en Asie, moins de 10 % en Europe et 2 à 3 % en France », souligne Florian Breton. Le fondateur de MiiMosa invite à une prise de conscience et défend notre future souveraineté alimentaire. En France, les start-ups peinet parfois à convaincre, alors que les Etats-Unis bénéficient d’importants fonds d’investissements. « Google, Amazone injectent beaucoup d’argent ». Alibaba suit la même logique en Asie. « Notre secteur agricole n’est pas vieillissant. Il existera demain et nécessite de lourds investissements pour accompagner le changement d’échelle des innovations ».

 

Une levée de fonds pour Axioma France

Axioma France, concepteur et fabricant de bio-solutions, vise justement ce "changement d’échelle". La start-up corrézienne a levé entre 2 et 3 millions d’euros. Pour Anthony Bugeat, fondateur d’Axioma France, les investisseurs ne sont pas plus « frileux » dans l’hexagone. « En revanche, leurs règles d’investissement sont différentes. Les fonds demandent généralement un million d’euros de chiffre d’affaires. Chez Axioma, nous étions sur de la R&D. On a finalement trouvé des partenaires qui ont une volonté de s’engager ».   

 

Start-up à temps partiel...

La somme récoltée doit permettre à la start-up de passer à la phase de commercialisation.  En 2017, une première levée de fonds avait permis d’obtenir les autorisations de mise en marché. L’objectif est désormais de trouver des distributeurs et des partenariats industriels. Axioma peut poursuivre sa croissance. Mais, l’entreprise n’oublie pas la rentabilité à moyen terme. « Je suis une start-up à temps partiel, je raisonne sur des cycles de trois ans. Je dois être rentable tous les trois ans. La première année, je développe un produit. La seconde, je lance les actions pour accéder au marché et générer du chiffre d’affaires. La troisième année, je suis rentable. C’est ce que nous avons fait en 2013, 2014 et 2015 », explique l’entrepreneur. Axioma est donc entré dans un nouveau cycle à partir de 2019 avant une rentabilité prévue pour 2021. La levée de fonds doit lui permettre de se développer. « Le mot "start-up" peut parfois être péjoratif. On se dit, c’est du financement et il n’y a pas grand-chose derrière.  Nous, on veut vraiment lever des fonds pour accélérer ».

 

La rentabilité : un choix ?

Rechercher des financements pourrait avoir des limites, avec le risque de voir la valorisation prendre le pas sur la rentabilité. La levée de fonds n’est donc pas une finalité. « Tout dépend de la maturité du secteur », insiste Florian Breton. Des start-up auraient pu faire le choix de la rentabilité. MiiMosa  est notamment dans ce cas : « Nous avons encore une marge de progression sur notre marché du financement participatif. Il faut donc encore investir et recruter des talents ».

 

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