Controverses 2026
[Vidéo] L’agriculture française face aux crises géopolitiques mondiales : quels défis ?
Aurélie Catallo de l’Iddri et Yohann Barbe de la FNPL ont échangé avec Réussir.fr le 16 juin 2026, à l'issue des Controverses de l'agriculture et de l'alimentation. Ils participaient à la table ronde sur la place de l’agriculture française dans la tourmente géopolitique mondiale. Interview vidéo.
Aurélie Catallo de l’Iddri et Yohann Barbe de la FNPL ont échangé avec Réussir.fr le 16 juin 2026, à l'issue des Controverses de l'agriculture et de l'alimentation. Ils participaient à la table ronde sur la place de l’agriculture française dans la tourmente géopolitique mondiale. Interview vidéo.
« Il n’y a aucune exploitation qui est vraiment 100% capable d'encaisser tous les aléas géopolitiques, auxquels s'ajoutent aussi les aléas sanitaires économiques et climatiques », affirme Aurélie Catallo, directrice du programme « Agriculture et alimentation » à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Invitée aux Controverses de l'agriculture et de l'alimentation, organisées le 16 juin par Réussir-Agra à Paris, la spécialiste participait à la table ronde sur la place de l’agriculture française dans la « tourmente géopolitique mondiale ». Pour Aurélie Catallo, l’enjeu est d’améliorer la capacité des exploitations françaises à réduire leur vulnérabilité. « Pour ça, il y a deux grands leviers que toutes les exploitations peuvent essayer d'activer : la diversification et la circularité de l'azote », explique-t-elle.
« Il faut une politique commerciale et industrielle pour produire notre alimentation et nos intrants », soutient Yohann Barbe
Aussi invité à la table ronde, Yohann Barbe, éleveur laitier dans les Vosges et président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), appelle à développer en France « une vraie politique commerciale et industrielle » pour pouvoir produire sur le territoire « aussi bien l'alimentation des européens que les intrants dont l'agriculture a besoin ». Aurélie Catallo indique de son côté que la France a besoin de « reclarifier » sa stratégie sur le marché européen, pour éviter de continuer à « perdre de vitesse » par rapport à des concurrents. « La Pologne mise par exemple sur la compétitivité prix et cherche à grappiller des parts de marché […] l’Italie mise plutôt sur un tissu de PME, avec des productions avec une certaine valeur ajoutée », souligne-t-elle. « En France, nous avons essayé de faire les deux. […] Il faut aujourd’hui reclarifier le cap qu’on fixe aux opérateurs de nos filières », soutient Aurélie Catallo.
Quel avenir pour la PAC ?
Questionnée sur l’avenir de la PAC, la directrice « Agriculture et alimentation » de l’Iddri estime qu’un « affaiblissement de l'ambition commune européenne » se dessine dans la proposition de la Commission européenne. « C’est vraiment problématique si on veut que l'Union européenne regagne en souveraineté et en capacité à répondre à des aléas, notamment géopolitiques », soutient-elle. Pour Aurélie Catallo, l’enjeu de la réforme de la PAC sera « d'octroyer la nécessaire flexibilité à laquelle de nombreux États membres aspirent, tout en étant capable de se fixer une ambition commune ». Yohann Barbe regrette la perte du caractère commun pour la future PAC, et dénonce le « cofinancement » proposé par la Commission européenne aux États membres. « Cofinancer avec les caisses de la France, c'est impossible. Cofinancer avec les caisses allemandes, c'est possible. Donc ça veut dire qu'on va créer une distorsion au sein de l'espace communautaire par les arbitrages de la future PAC », déplore le président de la FNPL. Yohann Barbe appelle donc à maintenir à une PAC « commune », « pour que l’agriculture puisse grandir ensemble dans l’Union européenne ».
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