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Un ex-ministre de l’Agriculture à Matignon : les cinq choses à savoir sur Michel Barnier

A 73 ans, Michel Barnier est nommé Premier ministre par Emmanuel Macron. Une figure politique bien connue du monde agricole. 

Michel Barnier
Ministre de l'Agriculture de 2007 à 2009, Michel Barnier vient d'être nommé Premier ministre.
© European Union 2019 – Source: EP

Michel Barnier, 73 ans, vient d’être nommé par Emmanuel Macron à Matignon succédant ainsi à Gabriel Attal. Après 50 jours de réflexion, le choix du président de la République s’est porté sur l’ex-commissaire européen (à la politique régionale et à la cohésion puis au marché intérieur) qui est loin d’être un inconnu pour les agriculteurs.

L’ex-militant à l’UDR puis membre du RPR, de l’UMP puis des LR, a en effet endossé le rôle de ministre de l’Agriculture de juin 2007 à juin 2009 dans le gouvernement Fillon sous la présidence de Nicolas Sarkozy
 

Voir les réactions des syndicats agricoles : Michel Barnier à Matignon : l’agriculture sera-t-elle sa priorité ?

Un bilan plutôt positif rue de Varenne selon les professionnels agricoles

Redistribution des aides PAC vers les éleveurs ovins 

Que retenir de son court passage (deux ans) rue de Varenne au ministère de l’Agriculture ? Plutôt apprécié de la plupart des acteurs professionnels de l’agriculture, selon un bilan de nos confrères d’Agra Presse réalisé en avril 2009, Michel Barnier a marqué les esprits en imposant un redéploiement des aides de la PAC vers la filière ovine contre l’avis des producteurs de grandes cultures lors du bilan de santé de la PAC, ce qui lui vaudra une ovation au congrès des producteurs d’ovins en avril 2009 mais de grandes crispations du côté des céréaliers.

Une première déclinaison du Grenelle de l'environnement 

C’est aussi durant ses fonctions au ministère de l'Agriculture, que Michel Barnier (qui a aussi été ministre de l’environnement de 1993 à 1995) lance l’objectif de réduire la quantité de 50% la quantité de pesticides. Après le Grenelle de l’environnement, initié par Nicolas Sarkozy, Michel Barnier annonce aussi un plan de relance du bio, le programme de certification à haute valeur environnementale ou encore le plan de performance énergétique des exploitations.

Interdiction de la culture des OGM

Sur les OGM, en revanche, c’est Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie et sa secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko qui prennent en main le dossier et interdisent la production du maïs Mon 810 en France, sans contestation de la part du ministre de l’Agriculture. Il sera d'ailleurs hué au congrès des céréaliers et des producteurs d'oléoprotéagineux le 20 septembre 2007.

Mise à jour | « Les agriculteurs ont l’impression d’avoir été floués » : Arnaud Rousseau prévient Michel Barnier

Un manque de combativité sur l’agriculture face à la Commission européenne

Si Michel Barnier a œuvré durant sa carrière dans les arcanes de l’Europe, il lui sera reproché son manque de combativité en tant que ministre sur plusieurs sujets agricoles à Bruxelles. Jean-Michel Lemétayer, alors président de la FNSEA, lui reprochera ainsi de ne pas avoir assez défendu les quotas laitiers face à la commissaire agricole Mariann Fischer Boel.

Certains professionnels de l’agriculture estimeront aussi qu’il n’a pas réussi à imposer les bases d’une Pac forte pour l’après 2013 jetées durant la présidence française de l’Union européenne. Il aura en revanche réussi à imposer à Bruxelles l’idée d’une boîte à outils permettant aux Etats membres d’adapter la PAC à leur contexte.

Relire : Un compromis européen qui ne satisfait pas tout le monde 

Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit

Quelques années plus tard, Michel Barnier a été nommé négociateur en chef pour l’Union européenne chargé des négociations du Brexit. Une discussion durant laquelle il aura en tête l’enjeu agricole, comme il en avait témoigné lors du 73e congrès de la FNSEA à Nancy en mars 2019. 

«  L’Europe agricole se trouve face à une équation difficile à résoudre. Le Brexit c’est 11 à 12 milliards d’euros de contributions nettes perdues par an, dont 3,5 milliards d’euros fléchés vers la Pac. Il va falloir faire aussi bien avec moins. Les discussions ont commencé à la Commission européenne. J’espère qu’il y aura des parlementaires qui connaîtront l’agriculture », déclarait-il alors. 
 

L’ambition exprimée de faire de la France « la première puissance économique et agricole en Europe »

Lors de l’élection présidentielle de 2022, Michel Barnier s’est porté candidat pour la primaire des Républicains, face à Eric Ciotti, Valérie Pécresse et Philippe Juvin. Parmi les axes de son projet il avait alors revendiqué l’ambition de faire de la France « la première puissance économique et agricole en Europe ».

Dans un texte, « Agriculture, l’urgence d’un renouveau » il déclare alors sa volonté d’imposer une taxe carbone aux frontières et dénonce la surenchère réglementaire qui pèse sur l’agriculture, proposant « d’alléger toutes les charges qui plombent le travail, qui plombent les entreprises, l’artisanat, l’agriculture, l’industrie et les jeunes ».

Relire : Election présidentielle 2022 : deux ex-ministres de l’Agriculture se déclarent candidats

Un montagnard, passionné de ski à Matignon

Né en Isère, Michel Barnier qui a été le plus jeune conseiller général de France, en 1973 en Savoie, se revendique comme un montagnard, passionné de ski. Il a d’ailleurs œuvré pour les Jeux olympiques d’Albertville en 1992, en tant que coprésident du comité d’organisation avec le skieur Jean-Claude Killy.

S'il se qualifie volontiers de montagnard, Michel Barnier passe surtout beaucoup de temps en Sologne, où sa femme a hérité d'une ancienne ferme familiale. Dans le Centre Val de Loire, il n'a pas hésité durant les régionales 2021 à soutenir la candidature de son ami Nicolas Forissier (qui a été secrétaire d'Etat à l'Agriculture de 2004 à 2005), sur la liste duquel se trouvait son fils Nicolas. 

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