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Tours antigel en arboriculture : « J’ai opté pour les éoliennes car cela couvre une grande surface sans besoin de main-d’œuvre​​​​​​ »

Avec les hivers de plus en plus doux, les risques de gel se sont singulièrement accrus ces dernières années pour les arboriculteurs. Retour d’expérience sur l'une des méthodes de lutte, les tours antigel. 

<em class="placeholder">Grégory Chardon, arboriculteur à La Roche-de-Glun.</em>
Après avoir perdu tous ses fruits en 2021, Grégory Chardon a investi dans un dispositif antigel.
© D. Bessenay

« Les arboriculteurs ont beaucoup investi dans les filets antigrêle, les bâches antipluie, antidrosophile. Ce serait dommage de tout se faire prendre par le gel ! Il leur faut donc aller au bout de la protection », analyse Christophe Gratadour, responsable arboriculture pour les chambres d’agriculture du Rhône et de la Loire. Plusieurs moyens de lutte se sont développés ces dernières années, mais chaque situation est différente et ils ne sont pas envisageables partout. Les bougies sont plutôt plébiscitées dans la région car elles évitent un gros investissement financier. « Mais cette solution est chère à l’usage, poursuit le technicien, 16 à 18 euros l’unité à raison de 400 à 500 bougies par hectare, à renouveler plusieurs nuits si nécessaire. »

Tours antigel en arboriculture, une couverture large mais des investissements lourds

Ce n’est pas le choix retenu par Grégory Chardon, acteur incontournable de la filière, investi, entre autres mandats, au sein d’Interfel et de la FNPFruits. Installé dans la vallée du Rhône, à La Roche-de-Glun, au nord de Valence, il exploite 40 hectares, dont 27 de fruits (pêches, abricots, cerises). « Nous voyons vraiment l’impact du dérèglement climatique depuis 2010. Il n’y a plus une année sans aléas. »

Pour la grêle, il mise sur les filets : 75 % du verger est déjà couvert et il continue de s’équiper progressivement. Pour le gel, il a dû prendre le taureau par les cornes après le catastrophique millésime 2021 « où j’ai quasi perdu tous mes fruits ». Il a opté pour les tours antigel : deux éoliennes fixes (sur dalle béton) avec cheminées, positionnées dans les zones les plus gélives. Un choix qu’il n’a pas pris à la légère puisque le projet s’est élevé à 130 000 euros, moins des subventions significatives de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du Plan fruits, soit un reste à charge de 75 000 euros.

Déclencher les éoliennes contre le gel au bon moment

« J’ai opté pour les éoliennes car cela couvre une grande surface et sans besoin de main-d’œuvre, par rapport aux bougies par exemple. Avec cette installation, je peux protéger huit hectares d’abricots et 2,5 de vignes qui sont en périphérie », explique-t-il. L’installation a été aisée car les rangs sont suffisamment larges.

La mise en marche des éoliennes est programmable, grâce à des capteurs qui relèvent la température au sol et à 11 mètres d’altitude et à des alertes envoyées directement sur le smartphone. En revanche, l’allumage des cheminées est manuel. Grégory Chardon insiste : « Il faut déclencher au bon moment, ne pas attendre que les températures soient négatives, penser à l’inertie des pales. » Si la méthode est bien moins chronophage que les bougies, il est évident que les nuits de gel « on ne dort pas bien et je vais vérifier sur place que tout fonctionne ».

Principal inconvénient de cette méthode : le bruit généré qui contraint l’arboriculteur à utiliser un casque. À quelques centaines de mètres de là, les voisins sont pour l’heure compréhensifs. « C’est seulement deux ou trois nuits par an », relativise le professionnel.

Depuis l’installation de son système antigel, Grégory Chardon a utilisé les tours avec parcimonie. « En 2022, elle a tourné pas mal, j’ai sauvé ma récolte, en 2023 et 2024, très peu et en 2025 seulement quelques heures. »

Coûts de fonctionnement des tours antigel

L’entretien de l’installation se monte à 500 euros par an, le coût de fonctionnement réside donc essentiellement dans la consommation de gasoil « et attention aux vols », prévient Grégory Chardon. L’éolienne utilise 30 litres de gasoil à l’heure avec un réservoir d’une capacité de 300 à 400 litres, ce qui assure une autonomie d’environ 10 à 12 heures. La cheminée dispose d’une cuve de plus de 1 000 l et propose trois vitesses de combustion selon la température souhaitée avec des consommations qui varient : 80, 120 ou 160 l/h.

Rédaction Réussir

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