Thrips en poireau : combiner plusieurs leviers de lutte
Tolérance variétale, produits de biocontrôle, irrigation par aspersion ou encore utilisation de règles de décision... Si la pression est modérée, la combinaison de différents leviers peut permettre de limiter les dégâts de thrips en poireau.
La protection contre le thrips repose sur Decis Protech (deltaméthrine), limité à trois applications par an, et Success 4 (spinosad), limité à deux applications par an. Des essais d’alternatives ont été menés au Sileban de 2023 à 2025 sur différents leviers. Le premier est la tolérance variétale. Dans les essais, la variété tolérante Darter a eu un feuillage beaucoup plus sain que la variété sensible Krypton.
« Certaines variétés sont moins attractives pour le thrips ou marquent moins, note Ludivine Quinet, ingénieure du Sileban. Toutefois, le choix variétal se fait d’abord sur le créneau de récolte, le rendement, la qualité visuelle, la tolérance aux maladies et la facilité d’épluchage. La tolérance au thrips vient en général après. » Les essais ont aussi montré une certaine efficacité de produits de biocontrôle, notamment du Neudosan, sur les larves et les adultes. « L’efficacité de ces produits est toutefois météo-dépendante, rappelle-t-elle. Avec des applications cadencées, les conditions peuvent ne pas être optimales, ce qui limite l’efficacité. Ils peuvent être utilisés en début de saison, quand la pression est modérée, pour garder les produits conventionnels pour les périodes plus critiques. »
Des règles de décision pour le biocontrôle ou l’irrigation
Les essais ont montré aussi que l’irrigation par aspersion a une certaine efficacité, l’eau faisant glisser les thrips dans le fût et les noyant. Un levier pertinent quand la parcelle est irrigable.
Une autre piste encore est l’utilisation de règles de décision pour le biocontrôle ou l’irrigation. Des règles ont été élaborées à partir du stade de la culture, de l’observation et du modèle Inoki développé par le CTIFL et le Sileban qui permet de prédire l’émergence des thrips à partir des degrés-jours, sans préciser l’intensité du pic. Dans les essais PAUPFL, Inoki a permis d’anticiper les émergences de larves et d’adultes.
Mais dans d’autres essais du Sileban, la prédiction a été moins bonne. « Tous ces leviers n’ont de plus qu’une efficacité partielle et seulement en cas de pression modérée, constate Ludivine Quinet. La meilleure efficacité est obtenue en combinant plusieurs leviers, ce qui nous amène à travailler sur d’autres axes. » Un projet, Auxi-Lutte, a ainsi été engagé par le Sileban, Fredon Normandie et les firmes Biogard et Bioplanet sur l’évaluation des auxiliaires naturels et des lâchers d’auxiliaires.