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Tereos : des résultats en baisse dans un contexte du marché du sucre défavorable

Le groupe coopératif Tereos affiche des résultats en baisse pour l’exercice 2025-2026 à cause des prix du sucre en forte baisse depuis deux ans. Il met en avant les efforts réalisés pour gagner en compétitivité, maîtriser des frais et son endettement.

<em class="placeholder">Gérard Clay, président de Tereos, et Olivier Leduc, directeur de Tereos</em>
Gérard Clay, président de Tereos, et Olivier Leduc, directeur.
© V. Charpenet

Le groupe coopératif sucrier Tereos a présenté ses résultats annuels et ses ambitions stratégiques le 28 mai lors d’une conférence de presse. Son chiffre d’affaires 2025-2026 s’établit à 5,3 milliards d’euros, en recul de 13 % par rapport à 2024-2025. L’Ebitda (1) s’élève à 416 millions d’euros (M€), soit un chiffre quasiment divisé par deux par rapport à l’exercice précédent (- 48 %). Point positif, le groupe poursuit ses efforts pour maîtriser son endettement avec une dette structurelle stabilisée à 1,2 M€ à fin mars 2026 (- 40 % en 5 ans).

Le marché du sucre dans un bas de cycle

La baisse des résultats s’explique principalement par un contexte de marché du sucre très défavorable lié principalement à une surproduction mondiale. Sur deux ans, le prix du sucre européen a diminué de 38 %, passant de 850 euros la tonne (€/t) en janvier 2024 à 511 €/t en janvier 2026 (2). Le marché européen a cumulé en 2025 des importations massives de sucre brut sans droits de douane, des bons rendements et une consommation stable. « L’Union européenne n’a pas besoin de ces volumes importés qui déstabilisent le marché », considère Olivier Leduc, directeur général de Tereos. Les importations bénéficiaient jusqu’à récemment du régime douanier de perfectionnement actif que Bruxelles a décidé de suspendre pour 12 mois dans le but d’assainir le marché européen.

Des résultats en baisse mais une bonne récolte en 2025

Les résultats sont en baisse malgré une bonne année du côté de la production de betterave en France. Les coopérateurs ont produit 16,7 millions de tonnes (Mt) avec un rendement de 93,5 tonnes par hectare à 16° (91 t/ha au niveau national). En lien avec le marché en berne, la rémunération des coopérateurs se chiffre à 32,29 €/t de betteraves à 16° au titre de la campagne 2025-2026 (contre 41,44 €/t en 2024-2025). S’ajoute à cela le versement d’une prime de 50 à 150 €/ha (enveloppe de 800 000 € au total) pour un millier d’agriculteurs engagés dans le programme d’agriculture régénérative de la coopérative.

Une politique forte de réduction des coûts

« Dans ce contexte, la coopérative s’adapte pour rester compétitive », assure Gérard Clay, président de Tereos. Dans son sillage, le directeur général Olivier Leduc a présenté les atouts du groupe pour faire face. Tereos peut s’appuyer sur une diversité d’activités pour sécuriser ses résultats. En plus de son activité sucrière historique, avec des implantations en Europe et au Brésil, le groupe peut compter sur ses activités alcool/éthanol et de transformation d’amidon. « Le sucre représente moins de la moitié du chiffre d’affaires de Tereos », souligne Olivier Leduc.

Répartition du chiffre d’affaires de Tereos en 2025-2026

<em class="placeholder">Répartition du chiffre d&#039;affaires de Tereos sur l&#039;exercice 2025-2026</em>
Source Tereos © Tereos

Le groupe mène aussi depuis trois ans un travail pour réduire ses coûts avec 80 M€ de gains générés dans les usines et une diminution de 33 M€ de ses frais généraux. Tereos a également réduit la voilure sur ses investissements (- 111 M € en 2025-2026 par rapport à 2024-2025), « sans abandonner sa politique de modernisation et de décarbonation », assure Olivier Leduc.

Des meilleurs résultats espérés pour 2028

Le groupe coopératif s’attend à un Ebitda encore en baisse en 2027-2028 et espère une amélioration de ses résultats sur l’exercice suivant grâce à une remontée des cours du sucre courant 2027. En parallèle, les dirigeants assurent poursuivre à moyen terme la politique de réduction des coûts (plan sur quatre ans) et d’amélioration de sa performance industrielle et commerciale pour préparer le prochain bas cycle. À plus long terme, l’entreprise compte poursuivre sa trajectoire de décarbonation et ses projets innovants dans le domaine de la chimie verte (bioplastiques et biocarburant pour l’aviation).

(1) Bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement
(2) Source Observatoire européen du marché du sucre

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