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« Je vois que le troupeau est mieux et nous aussi » : témoignage de Marion dans l’Action agricole picarde

Marion s’est installée en élevage laitier en 2016, en Gaec familial à trois, dans la Somme. Depuis 2020, l’exploitation est gérée à 2. Marion et sa mère, avec l’aide d’une conseillère d’Avenir conseil élevage, entament une réflexion sur l’avenir de leur exploitation et de leur élevage. Depuis septembre 2023, elles opèrent une gestion plus cohérente. Comment y sont-elles parvenues ? C’est ce que relate l’article paru dans l’Action agricole picarde. Retour sur expérience. 

Le Gaec du Saint-Landon est situé sur la commune de Le Mesge dans la Somme.
© Capture Google - 2023 CNES / Airbus, Maxar Technologies, Données cartographiques

« Il faut revoir tous nos repères ». Ce constat est celui de Marion Gauthier, éleveuse en Gaec avec sa mère Isabelle à Le Mesge dans la Somme. Si elle parle de l’implantation des prairies et de l’implantation des maïs, cette devise pourrait être le fil conducteur de tout son témoignage dans l’Action agricole picarde. L’article a été écrit par Avenir conseil élevage, une entreprise qui accompagne les éleveurs laitiers et allaitants du Nord et de la Picardie. 

Installation dans une conjoncture difficile

Marion Gauthier s’est installée en 2016 avec deux associés puisqu’à cette époque, son oncle Pascal était encore en activité. Il a pris sa retraite en 2020. Au départ, le projet de la jeune femme « consistait en une augmentation de l’effectif du troupeau laitier », peut-on lire dans le journal picard. Mais « il se passe toujours quelque chose qui n’est pas prévu ! », témoigne l’éleveuse. 

Nous n'avons pas pu réaliser l'agrandissement du bâtiment alors que nous avions déjà acheté des vaches

La conjoncture laitière était très difficile et les investissements prévus ont été reportés. « Nous n’avons pas pu réaliser l’agrandissement du bâtiment alors que nous avions déjà acheté des vaches d’un troupeau avec un bon potentiel génétique ». Le Gaec a donc dû gérer un troupeau de 75 vaches dans un bâtiment conçu pour un peu plus de 50 et une salle de traite un peu juste également. A la difficulté d’intégrer un lot de vaches important dans un troupeau est venue s’ajouter celle des infrastructure « pas ajustées ». Le DAC (distributeur d’aliments concentrés) notamment n’était pas adapté. « Il nous a fallu du temps pour trouver la bonne ration », se souvient Marion. 

L’article relate encore la ténacité des éleveurs qui parviennent, malgré ces aléas, à « produire la quantité de lait désirée ». Cependant « les résultats économiques ne sont pas à la hauteur du travail fournis et des besoins de l’exploitation », commente Avenir conseil élevage. En cause notamment, les terres séchantes très impactées par les sécheresses. « Presque tous les ans, nous devons acheter du maïs pour combler le manque », explique l’éleveuse. 

Vers plus de cohérence dans la gestion de l'exploitation

En 2020, mère et fille entament une réflexion sur l’avenir de l’exploitation de 179 ha et de l’élevage. Elles sont aidées pour cela par Mélanie Vendanger, conseillère élevage chez ACE. 

Le premier objectif fixé est de réduire l’âge au vêlage. Objectif « quasiment atteint » en trois ans. 

Il faut aussi préparer le départ à la retraite d’Isabelle. La solution technique envisagée est la diminution du cheptel « mais encore faut-il qu’elle soit économiquement viable », peut-on lire dans l’article. « Pour que l’élevage reste viable économiquement tout en réduisant l’effectif de 30 %, il faut augmenter la production laitière individuelle tout en optimisant les surfaces fourragères afin de réduire le recours aux achats », détaille encore Avenir conseil élevage. « Atteindre en moyenne 28 litres par vache 365 jours par an », c’est l’objectif que se fixent les deux éleveuses.

De 75 à 50 vaches à la traite

La préparation au vêlage a fait partie des leviers actionnés pour y parvenir. Mais surtout les deux éleveuses ont réduit l’effectif pour l’adapter aux infrastructures. Depuis septembre 2023, le troupeau compte 50 vaches à la traite. « Pas facile de prendre une telle décision », mais moins de vaches, c’est « plus de plaisir à faire notre travail », reconnaît Marion. « Je vois que le troupeau est mieux et nous aussi »

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