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Sept conseils pour faciliter l’adaptation des génisses à la traite robotisée

Les premiers passages au robot de traite demandent patience et accompagnement. Un peu d’anticipation et quelques astuces vous aideront à accompagner efficacement le début de lactation de vos génisses.

Apprendre à une génisse à passer régulièrement au robot peut être une activité chronophage. Cet apprentissage, d’une durée variable selon les animaux, est nécessaire pour que les primipares prennent un bon rythme de fréquentation et démarrent bien leur lactation. De l’anticipation et de l’organisation vont faciliter cet apprentissage. 

1- Eviter d’avoir trop de génisses en même temps

La première étape est de bien évaluer son besoin de renouvellement pour ne pas en élever plus de génisses que nécessaire. Lors du choix du père de ses génisses de renouvellement, il faudra intégrer la qualité de la mamelle (attaches, longueur et implantation des trayons) et la vitesse de traite. « Sur une mamelle mal conformée, le robot peut passer plus de temps à la brancher, ce qui compliquera la traite », souligne Denis Glorennec, qui accompagne chez Innoval des éleveurs en traite robotisée depuis plus de 20 ans.

Des vêlages de primipares répartis sur toute l’année évite d’avoir trop de génisses à habituer en même temps. « Des lots trop importants prennent beaucoup de temps. A l’inverse, une génisse seule peut avoir du mal à s’intégrer au troupeau, prévient Maël Raulo, responsable technique nutrition et génisses chez Innoval. L’idéal est d’avoir deux génisses à introduire par mois et par stalle pour que cela reste gérable en charge de travail tout en facilitant leur intégration ».

2 - Habituer les génisses à entrer dans un espace cerné de barrières

En pesant régulièrement vos génisses, non seulement vous suivez leur croissance pour être sûr qu’elles atteignent les 600 kg au vêlage mais vous les entrainerez aussi à passer au robot. « Des génisses pesées régulièrement ont appris à entrer dans une cage, avec des barrières qui se referment. Elles seront moins stressées par le robot », assure David Buan, consultant génisses chez Eilyps.

Même stratégie avec un Dac. « Si des éleveurs dispose encore d'un Dac datant d’avant la robotisation, il peut être judicieux de l’utiliser pour les génisses, conseille Maël Raulo. L’attrait de l’alimentation les aidera à prendre l’habitude de rentrer dans un espace cerné de barrières ».

3 - Limiter les stress

Le vêlage et le début de la lactation s’accompagnent déjà de stress pour les primipares. Autant limiter les autres sources de stress. Par exemple en anticipant des manipulations comme pour la tonte de la queue. Positionner la case de préparation au vêlage près du robot aide aussi les génisses à s’habituer aux bruits.

4 - Amener régulièrement les génisses au robot les premiers jours

Pour habituer les génisses au robot, il n’y a pas d’autre choix que de les y accompagner 2 ou 3 fois par jour sur leurs premiers jours de lactation. « L’idéal serait de pas toujours les pousser aux mêmes horaires pour éviter qu’elles restent sur ce rythme », conseille Denis Glorennec. Au bout de 3 à 5 jours, les données du robot permettent de vérifier si les génisses y vont seules. « Si on voit qu’une génisse y est allée d’elle-même, c’est le signe qu'elle a compris », rassure Mickael Sergent, consultant nutrition et robot chez Seenovia. Il faut aussi surveiller l’intervalle entre les traites, qui ne doit pas dépasser les 15 heures. « Il faut garder à l’esprit le repère de 10 à 12 kg par traite, rappelle Maël Raulo. Ce qui veut dire que des génisses qui démarrent à 30 kg doivent passer au robot 3 fois par 24 heures ». L’idéal serait que les primipares ne soient pas à plus de 0,1 à 0,2 traite en dessous de la moyenne du troupeau.

5 - Faire un circuit court pour faciliter l’accès des fraiches vêlées

Pour les premiers jours après vêlage, il est intéressant d’avoir une case paillée ou quelques logettes, réservées aux nouvelles entrantes, à proximité du robot, qui donne la possibilité de faire un circuit court avec un accès privilégié au robot. « Les génisses seront sécurisées, guidées vers le robot », détaille Mickaël Sergent. Ce qui leur évite d’avoir à traverser tout le bâtiment. Quand il y a plusieurs stalles, « l'une d'entre elles peut être réservée au lot des primipares », conseille David Buan.

6 - Attention à la saturation du robot

Les génisses iront d’autant plus facilement au robot qu’elles verront la stalle disponible. En général, elles passent davantage la nuit, quand il y a moins de fréquentation. « Avec un robot trop chargé, les génisses auront du mal à s’imposer pour avoir leur tour », prévient Denis Glorennec. L’apprentissage sera d’autant plus simple que la génisse n’aura pas trop à attendre. « Il faut au moins 10 à 15% de temps libre pour que les génisses trouvent facilement un créneau, recommande Maël Raulo. S’il y a moins de 10% de temps libre, on peut laisser les génisses plus longtemps dans le circuit cour».

7 - Faire quelques passages avant vêlage

Quand le robot n’est pas saturé, certains éleveurs y font passer les génisses quelques jours avant vêlage pour les habituer à l’environnement. « Cela aide à leur faire comprendre que le robot distribue de l’aliment, ce qui les incite à une fréquentation autonome par la suite », remarque Mickaël Sergent. Cela donne aussi la possibilité de faire un pre-scan de la mamelle pour que la première traite soit moins longue. « Mais les habituer à l’aliment sans la traite peut également compliquer la première traite, nuance Denis Glorennec. Les génisses risquent de taper au branchement car elles vont percevoir le bras comme un élément perturbateur. »

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