Aller au contenu principal

Sécheresses : nouvelles règles pour gérer leur impact sur l’agriculture

Le décret sur la gestion quantitative de la ressource en eau et la gestion des situations de crise liées à la sécheresse est paru au JO le 24 juin. Le lendemain le ministère de l’Agriculture a diffusé une circulaire pour décentraliser et mieux anticiper « la mise en œuvre de mesures d’adaptation des pratiques agricoles » en période de sécheresse. Décryptage.

Sécheresse
© Réussir SA

Le temps législatif ne correspond pas toujours au temps météorologique. Alors que les agriculteurs doivent plutôt gérer actuellement un excès de précipitations, deux textes viennent de paraître pour mieux encadrer la gestion des situations de crise en agriculture liées à la sécheresse.

Jeudi 24 juin, a été publié au journal officiel un décret sur « la gestion quantitative de la ressource en eau et la gestion des situations de crise liées à la sécheresse ».

Son objectif : « encadrer le volume d’eau qui peut être prélevé dans les milieux naturels (rivières et nappes souterraines) sans les mettre en danger », commente le ministère de la Transition écologique dans un communiqué.  Mis en consultation en janvier, avant le lancement du Varenne de l’eau, ce décret vise à mieux organiser et plus sécuriser les prélèvements par les agriculteurs pour l’irrigation.

Concrètement le texte définit la notion de « volume prélevable » et renforce le rôle des « préfets coordonnateurs de bassin » pour la mise en place d’une « stratégie d’évaluation » des quantités disponibles et la répartition des différents usages. Il stipule que les autorisations de prélèvements peuvent être temporairement supérieures aux ressources mais doivent viser le retour à l’équilibre quantitatif aux échéances fixées par les schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau (SDAGE).

Lire aussi : [Météo] Fort risque de sécheresse cet été sur une grande partie de la France

Dans le même temps, le ministère de l’Agriculture a rendu public vendredi 25 août une circulaire adressée aux préfets de départements pour promouvoir une « gestion décentralisée » des périodes de sécheresse et mieux anticiper « la mise en œuvre de mesures d’adaptation des pratiques agricoles ».

Suite au lancement du Varenne agricole de l’eau le 28 mai dernier, cette instruction « invite les préfets à installer un suivi régulier et une cellule susceptible de prendre des décisions opérationnelles que ce soit sur les dispositifs d’aide, sur la gestion de tension sur les fourrages ou sur la biomasse ». Ces instances devront instaurer « un protocole de suivi fondé sur les indicateurs pertinents », tels que la pluviométrie, l’humidité des sols ou encore la production de fourrage, « en lien avec les acteurs agricoles ».

Dans le cadre de cette instruction, le ministre de l’Agriculture permet aussi aux préfets à compter du 1er juillet prochain de

  • déclencher la procédure de reconnaissance de force majeure pour autoriser le fauchage et le pâturage des jachères déclarées surfaces d’intérêt écologique (SIE) par les éleveurs

  • reporter les périodes de cultures dérobées en tant que SIE

  • accorder des dérogations aux levées de culture

Par la circulaire, le ministre de l’Agriculture demande aussi aux préfets de « faciliter les mesures d’entraide et de solidarité » proposées par les collectivités locales ou les professionnels agricoles, comme le don de paille ou l’utilisation des espaces verts pour l’alimentation animale. « Dans ce cadre, j’appelle votre attention sur la nécessité, d’une part, d’inciter les acteurs à limiter le broyage de la paille et, d’autre part, d’être attentif à la manière dont l’approvisionnement des méthaniseurs est effectué si une tension sur la ressource fourragère apparaît » précise par ailleurs le ministre de l'Agriculture dans la circulaire.

Lire aussi : Irrigation : le stockage de l’eau, toujours l'objet de réserves

Enfin la circulaire indique aux préfets comment ils pourront plus facilement activer les leviers d’actions (en matières de cotisations sociales, dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties) pour venir en aide aux agriculteurs sinistrés.

Lire aussi : Varenne de l'eau : Denormandie promet du concret dans un calendrier serré

 

 

 

 

 

Les plus lus

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : trois nouveaux cas détectés en Sardaigne, un cheptel non vacciné concerné

Trois foyers supplémentaires de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés le 28 et le 29 avril en…

Agriculteur remplissant de GNR le réservoir de son tracteur
Crise du GNR agricole : comment bénéficier de l’aide de 15 centimes d’euros par litre pour le mois de mai ?

Le gouvernement vient de préciser les modalités pour bénéficier des différents dispositifs de soutien aux agriculteurs pour l’…

Unité de méthanisation en bâche souple au milieu d'un champ.
Incorporation du biométhane : le gouvernement présente ses objectifs pour les certificats de production de biogaz après 2028

Le gouvernement vient enfin de présenter ses objectifs pour les certificats de production de biogaz (CPB). Une trajectoire qui…

Drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
Prix des engrais : la Commission européenne ne compte pas suspendre le MACF, mais prévoit des aides directes

La Commission européenne ne compte pas suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) face à l’augmentation…

  Bâtiment d’élevages de volailles dans les Côtes d’Armor
Projets de bâtiments d’élevage (ICPE), d’irrigation (IOTA) et de méthanisation : un décret pour accélérer les contentieux en matière environnementale

Un décret publié ce matin au journal officiel vise à accélérer les contentieux contre certains projets agricoles et notamment…

 Troupeau de charolaises en stabulation avec les veaux.
Location de bovins : 100 millions d’euros levés pour développer le « leasing » dans la filière allaitante

La société Élevage Durable Services annonce, dans un communiqué du 11 mai, avoir levé 100 millions d’euros pour sa solution…

Publicité