Sécheresse : la Confédération paysanne et la Coordination rurale réclament des mesures économiques et un accompagnement humain
Les différents épisodes de canicule et la sécheresse affectent les cultures mais aussi le moral des agriculteurs. La Confédération paysanne et la Coordination rurale réclament des mesures économiques et un accompagnement humain.
Les différents épisodes de canicule et la sécheresse affectent les cultures mais aussi le moral des agriculteurs. La Confédération paysanne et la Coordination rurale réclament des mesures économiques et un accompagnement humain.
Les agriculteurs souffrent autant que leurs productions des canicules à répétition et de la sécheresse. Ils sont découragés de voir leur travail anéanti et angoissés à l’idée qu’ils ne pourront tirer aucun revenu de leurs productions perdues. La FNSEA avait déjà réagi le 9 juillet en réclamant un « plan de soutien exceptionnel pour l'agriculture française »; c’est maintenant la Confédération paysanne et la Coordination rurale qui exigent des mesures pour venir en aide aux agriculteurs désemparés.
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Selon la Confédération paysanne de nombreux maraîchers et producteurs de fruits songent à « mettre la clé sous la porte »
Dans une vidéo publiée sur Facebook le 20 juillet, Thomas Gibert, porte-parole de la Confédération paysanne et maraîcher en Haute-Vienne laisse éclater sa colère. Selon lui, de nombreux maraîchers, mais aussi des producteurs de fruits, songent à « mettre la clé sous la porte » à cause « d’énormes chutes de production ». Il estime que « la sécheresse était prévisible », que ce genre de productions « n’ont pas accès au système assurantiel » et que l’on doit venir en aide aux agriculteurs. Le maraîcher réclame « une indemnisation nationale généralisée, qui se déclenche à partir de 30 % de pertes ».
« Ce n’est pas aux paysans d’assurer le risque climatique seuls »
Thomas Gibert qui considère que « ce n’est pas aux paysans d’assurer le risque climatique seuls », explique que la solidarité doit être nationale : « Les fournisseurs d’engrais, de semences, mais aussi la grande distribution et l’agro-industrie doivent eux aussi mettre la main à la poche ». Et il va plus loin : « On doit faire un fonds mutuel et solidaire, et mettre à contribution l’amont et l’aval ».
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La Coordination rurale redoute « une crise humaine majeure »
C’est par le biais d’un courrier envoyé le 20 juillet à Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel du plan de prévention du mal-être en agriculture, que la Coordination rurale fait part de son inquiétude quant à « une crise humaine majeure » risquant de menacer l’agriculture française, en raison notamment de la sécheresse généralisée. Le syndicat craint que « l’automne 2026 ne marque un tournant dramatique pour des milliers d’agriculteurs français ». En cause, une succession de crises qui « fragilisent toujours davantage leurs exploitations ».
Eviter les redressements judiciaires, les liquidations d’exploitation et les drames humains
Il fait état de remontées de terrain préoccupantes : « Nous redoutons que les bilans comptables de fin d’année fassent apparaître une forte augmentation des redressements judiciaires, des liquidations d’exploitation et, malheureusement, de nouveaux drames humains ». La Coordination rurale reconnaît l’utilité des cellules d’écoute, des sentinelles et des dispositifs de repérage, mais estime qu’elles « ne suffiront pas si les causes économiques qui conduisent les exploitants à la détresse ne sont pas traitées ».
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Impliquer tous les partenaires du monde agricole pour signaler les situations inquiétantes
Pour elle, la prévention doit désormais s’appuyer sur « des signaux d’alerte précoces ». Elle affirme que « tous les partenaires du monde agricole – banques, centres de gestion, organismes comptables, coopératives, négoces, fournisseurs, vétérinaires, Mutualité Sociale Agricole, chambres d’agriculture, élus locaux – doivent pouvoir faire remonter les situations inquiétantes ou critiques avant qu’elles ne deviennent irréversibles ».
Le syndicat soutient que ces informations doivent être centralisées auprès des préfets et des Chambres d’agriculture (CDA), « dont le rôle de coordination, neutre et indépendant, doit être renforcé ». Selon lui, les CDA doivent devenir le cœur du dispositif d’anticipation, « capables de mobiliser rapidement les acteurs compétents avant que les difficultés économiques ne se transforment en drames humains ».
🔴 LETTRE OUVERTE À OLIVIER DAMAISIN : ALERTE SUR UNE CRISE HUMAINE MAJEURE QUI MENACE L'AGRICULTURE FRANÇAISE
La Coordination Rurale adresse une lettre ouverte à Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel du plan de prévention du mal-être en agriculture.
Notre… pic.twitter.com/FMkzYXRh2m— Coordination Rurale (@coordinationrur) July 20, 2026
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La Coordination rurale réclame une série de mesures
Pour éviter les drames, la Coordination rurale demande notamment :
• un allègement exceptionnel des cotisations sociales de la MSA pour les exploitations les plus fragilisées ;
• des aides ponctuelles permettant d’éviter les cessations d’activité lorsque celles-ci peuvent encore être prévenues ;
• une exonération exceptionnelle de la taxe foncière sur les propriétés non bâties ;
• une avance intégrale des aides PAC des premier et second piliers dès le 16 octobre ;
• une dérogation totale sur les Surfaces d’intérêt écologique (SIE) afin de préserver les capacités de production françaises ;
• un accompagnement humain spécifique des agriculteurs confrontés aux procédures de redressement ou de liquidation judiciaire, avec une sensibilisation des juridictions à la détresse psychologique des exploitants et de leurs familles ;
• la mise en place, avec les Agences régionales de santé, d’un accueil médical dédié et de places spécifiquement identifiées dans les établissements psychiatriques pour les agriculteurs confrontés à des situations de grande détresse.