Sécheresse : Installé en mai dans la Sarthe, ce jeune éleveur laitier s’en « sort plutôt bien en anticipant et en étant opportuniste »
Nouvellement installé près de Loué, Vivien Courdoisy fait face à une sécheresse sévère alors que les annuités pèsent lourd sur sa nouvelle exploitation. Malgré la baisse de production de lait et des prairies fortement touchées, le jeune éleveur laitier estime pour l’heure « s’en sortir plutôt bien » notamment grâce à l’accompagnement de son conseiller lait, qui l’a aidé à anticiper et à adapter rapidement ses choix.
Nouvellement installé près de Loué, Vivien Courdoisy fait face à une sécheresse sévère alors que les annuités pèsent lourd sur sa nouvelle exploitation. Malgré la baisse de production de lait et des prairies fortement touchées, le jeune éleveur laitier estime pour l’heure « s’en sortir plutôt bien » notamment grâce à l’accompagnement de son conseiller lait, qui l’a aidé à anticiper et à adapter rapidement ses choix.
Le 11 mai, Vivien Courdoisy, 29 ans, s’est installé en polyculture-élevage laitier, à Chantenay-Villedieu près de Loué dans la Sarthe. Et pour l’heure, malgré la sécheresse, son moral est plutôt bon. « J’ai repris l’exploitation de mes parents (double-actifs, ndlr), où j’étais salarié depuis six ans, ainsi que celle d’un voisin », témoigne-t-il. La ferme « regroupe désormais 170 ha (maïs, blé, colza, orge, et prairies) avec 60 vaches laitières et un atelier de veaux sevrés », poursuit-il. Formé au machinisme agricole, Vivien a rejoint la ferme familiale au moment où ses parents, touchés par des problèmes de santé, voulaient arrêter l’activité laitière. « Je fais évoluer le cheptel, mon objectif à 5 ans est de passer de 450 000 à 750 000 litres de lait (et 75 vaches laitières) et de construire un nouveau bâtiment, aujourd’hui saturé. Je souhaite aussi embaucher un salarié », explique-t-il.
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Des fourrages sécurisés jusqu’en début de campagne
Avec plusieurs dizaines de milliers d’euros d’annuités, ce jeune éleveur envisage les mois qui viennent avec optimiste, malgré la forte sécheresse qui n’épargne pas son exploitation. Et ce grâce notamment à l’aide de son conseiller lait qui lui a permis d’anticiper les difficultés liées au manque d’eau.
Suivant les conseils de Jean-Michel Naveau de Seenovia, « après un coup de sec sur les maïs l’an dernier déjà, j’avais saisi l’opportunité en juillet 2025 de semer, derrière mon colza grain, un mélange de sorgho multicoupes et d’avoine, récolté fin octobre », explique Vivien. Ce qui lui a permis de sécuriser ses fourrages jusqu’à la campagne suivante.
45 ha de maïs déjà ensilé et 20 ha de sorgho sursemé
« Cette année j’ai ensilé mes 45 premiers hectares de maïs, semés début avril, le 31 juillet, avec un rendement estimé à 6,5 à 7 tonnes de matières sèches par hectare (« dans la moyenne haute du secteur », selon son conseillé) », témoigne-t-il. Sur une quinzaine d’hectares il sème fin mai du maïs, n’ayant pris depuis que 30 mm de pluies. « Le rendement s’annonce autour de 3 t de matières sèches », confie-t-il.
Sur 20 autres hectares, sur les conseils de Jean-Michel Naveau, en mai, il réalise un semis de sorgho multicoupes derrière du méteil afin de sécuriser son apport en fourrage.
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Modification de la ration, et incorporation de pommes de terre
« Pour essayer de garder du stock, nous avons aussi rapidement fait évoluer la ration en achetant avec un voisin un camion de pommes de terre (très peu chères à ce moment-là, ndlr) tous les 15 jours dès mai et avec un objectif de 28 kilos de lait par jour et par vache pour limiter l’impact sur la trésorerie », explique encore le jeune éleveur sarthois. « Mon but n’est pas de décapitaliser, en tant que jeune installé, il me faut du produit pour payer les annuités. J’optimise au mieux mes vaches », souligne-t-il.
Dans l’été, Vivien a aussi procédé à un échange paille-fumier avec un voisin et passé ses génisses en ration sèche.
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Assurance aléas climatiques et assurance prairies
Déjà assuré pour les aléas climatiques (« mes parents avaient pris l’assurance suite à un aléa climatique en 2003 »), Vivien a pris une assurance prairie au moment de son installation. « Mes prairies sont cramées, l’assurance devrait fonctionner, ça pourrait me permettre de sécuriser le stock de fourrage si besoin », estime-t-il.
On n’a pas le choix, il faut s’adapter au changement climatique, anticiper au mieux et être opportuniste
Ainsi pour l’heure, malgré l’impact de la canicule sur la production de lait (« jusqu’à 7 kg par vache par jour au plus fort de la chaleur »), le jeune éleveur sarthois estime s’en sortir et être « dans les clous », par rapport à son plan prévisionnel. Même s’il attend la pluie pour pouvoir semer du méteil en dérobées le plus tôt possible et 30 ha de colza.
« On n’a pas le choix, il faut s’adapter au changement climatique, anticiper au mieux et être opportuniste », philosophe-t-il. A terme, il envisage de réduire sa sole céréalière et d’augmenter sa surface de fourrages. Il envisage aussi de semer ses maïs le plus tôt possible dès début avril.
Avis d'expert : « Je conseille de monter à 15 voire 16 mois de stocks de fourrages »
« Anticipation », « réactivité » et « opportunisme » tels sont les trois leitmotivs du conseiller laitier Jean-Michel Naveau du cabinet Seenovia face au changement climatique. Il conseille aussi à tous ses clients de monter à « 15 à 16 mois de stocks de fourrage ». « Ca va être central, c’est le nerf de la guerre », assure-t-il.