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Sécheresse dans les Landes : jusqu’à 70% de pertes sur certaines cultures selon un premier bilan de la chambre d’agriculture

La chambre d’agriculture des Landes dresse un lourd premier bilan des conséquences de la sécheresse sur l’agriculture, en particulier les cultures d’été. Elle demande des mesures exceptionnelles pour les exploitants les plus touchés.

Parcelle de maïs grain irriguée dans les Landes
La chambre d’agriculture des Landes avance notamment « une chute des rendements du maïs non irrigué de 50 à 70% (avec certaines parcelles détruites à 100%) et des pertes comprises entre 20 et 35% sur le maïs irrigué ».
© Virginie Charpenet

« A ce jour, il s’agit de la sécheresse de juillet la plus intense jamais observée », estime l’agroclimatologue Serge Zaka le 30 juillet sur X après l’analyse des nombreuses données. Alors que chaque département recense les dégâts en agriculture, la Chambre d’agriculture des Landes est la première à dresser un bilan le 29 juillet et les chiffres sont édifiants. La chambre consulaire évoque « une crise agricole majeure ».

Lire aussi : Canicule : près d’un tiers des agriculteurs assurés ont déclaré un sinistre lié à la chaleur

Les cultures d’été sévèrement touchées dans les Landes

Le déficit pluviométrique estimé à 85% en juillet dans les Landes a provoqué des « pertes particulièrement sévères » sur les cultures d’été. La chambre d’agriculture départementale avance : une chute des rendements du maïs non irrigué de 50 à 70% (avec certaines parcelles détruites à 100%), des pertes comprises entre 20 et 35% sur le maïs irrigué, et des baisses de 10 à 35% sur le tournesol. Un bilan effectué à partir des données recueillies auprès des conseillers, des organisations de producteurs et des exploitations agricoles. « S’il est trop tôt pour évoquer avec certitude la situation du soja, la baisse pourrait atteindre 10 à 30% » avance la chambre d’agriculture des Landes.

Relire : Maïs grain : canicule et sécheresse pourraient provoquer une récolte historiquement basse

Semences, maraîchage et légumes de plein champ également durement touchés

Dans le secteur des semences, les pertes peuvent atteindre 60% en maïs semence et jusqu’à 40% en tournesol semences.

Maraîchage et légumes de plein champ « sont également durement touchés », affirme la chambre d’agriculture des Landes qui parle d’une situation « catastrophique pour le haricot », avec « des abandons massifs de contrats et des pertes estimées entre 30 et 60% ».

Lire aussi : Sécheresse 2026 : 65 départements en situation de crise, quelles conséquences sur les activités agricoles ?

Besoins complémentaires estimés dans les Landes à 13 000 tonnes de fourrages et 7700 tonnes de maïs pour l’élevage

En filières animales, la chambre consulaire ne donne pas de bilan chiffré mais relève des mortalités liées à la chaleur sur des ateliers de volailles de chair et de palmipèdes et des baisses de performances observées dans plusieurs productions, notamment en production laitière.

« L’élevage fait face à une crise fourragère majeure » constate aussi la Chambre d’agriculture qui avance une baisse de 90% de la pousse de l’herbe et des « besoins complémentaires » évalués à 13 000 tonnes de fourrages et 7700 tonnes de maïs pour assurer l’alimentation des troupeaux jusqu’à l’hiver.

Lire aussi : Assurance récolte : l’acompte versé pourra être de 80% du montant de l’ISN pour les agriculteurs pénalisés par la sécheresse

La chambre d’agriculture des Landes réclame des mesures exceptionnelles

Evoquant un « moral des agriculteurs particulièrement dégradé », à l'issue de ce bilan la Chambre d’agriculture des Landes demande la « mise en œuvre de mesures exceptionnelles pour soutenir les exploitations les plus touchées ».

Parmi ses propositions : une réforme du système assurantiel agricole et du dispositif d’indemnisation de solidarité nationale (ISN) afin « de corriger les dysfonctionnements constatés, notamment pour les producteurs de kiwi et de vignes ». Elle sollicite également l’abaissement du seuil de déclenchement de l’ISN à 30 % de pertes, le relèvement du taux d’intervention à 45 % et la suppression de l’avance par les agriculteurs de la part d’assurance financée par la PAC.

Elle demande par ailleurs des adaptations réglementaires d’urgence aux règles de la PAC : avec l’ouverture de la valorisation des jachères à tous les agriculteurs, des assouplissements de la BCAE 7 pour favoriser la diversification des cultures sans pénalités et des dérogations temporaires à l’obligation d’implantation des couverts végétaux pour les agriculteurs.

Lire aussi : L’année 2026 marquée par une sécheresse inédite avec des conséquences sur les cultures et les élevages

Gestion de l'eau : l'enjeu du bassin de l'Adour pointé du doigt 

Face à l’intensification des sécheresses, la chambre d’agriculture des Landes demande aussi : 

  • Le maintien des autorisations de prélèvements d’eau sur le bassin de l’Adour
  • l’accélération de stockage individuel et collectif « avec un soutien financier des pouvoirs publics »
  • ou encore le développement des projets de réutilisation des eaux usées traitées.


La Chambre d’agriculture des Landes déplore des décisions du Préfet concernant la réalimentation de l’Adour qui sont, selon elle, « contraires aux intérêts agricoles et environnementaux ». 
Le 10 juillet, la Chambre d’agriculture a demandé de ralentir le rythme de déstockage de l’eau pour la réalimentation de l’Adour afin de garder de l’eau disponible pour l’irrigation pour les mois d’aout et septembre. Une demande refusée par le préfet. « Bilan : du 10 juillet au 25 juillet, 1 million de m3 (soit l’équivalent de l’irrigation annuelle de 500 ha) sont partis directement à la mer à Bayonne. Les cultures de soja, légumes et semences seront les plus impactées à cette période », affirme la chambre d’agriculture. 

Lire aussi : Irrigation dans le sous-bassin de l’Adour : 1200 recours déposés par des agriculteurs « ulcérés par les attaques incessantes »

« Compte tenu des difficultés croissantes rencontrées par certains exploitants », la Chambre interroge « sur la mise en place d’un accompagnement humain, administratif, juridique et financier, notamment pour les agriculteurs contraints de cesser leur activité ».

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