Salade : « pour les pucerons, nous avons constaté l’impact de la fertilisation »
Véronique Fleury, responsable du service agronomie à la coopérative Rosée des champs, à Doué-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire, nous livre les dernières avancées des producteurs de salade dans la lutte contre les pucerons.
Véronique Fleury, responsable du service agronomie à la coopérative Rosée des champs, à Doué-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire, nous livre les dernières avancées des producteurs de salade dans la lutte contre les pucerons.
« La coopérative, en plus de légumes frais, produit des légumes et salades prêts à l’emploi, crus et cuits, à destination de la restauration hors domicile. La salade représente la moitié de notre activité. Nos producteurs cultivent des salades en plein champ de mai à octobre.
Depuis déjà plusieurs années, nous testons de nombreuses alternatives aux leviers chimiques, dans un souci de réduire notre impact sur l’environnement mais aussi de nous préparer à l’arrêt programmé de certaines solutions.
Pour les pucerons, nous avons constaté l’impact de la fertilisation. Des plantes plus fertilisées vont davantage attirer les pucerons. Ils auront moins d’appétence lorsque la fertilisation azotée est équilibrée. Nous réalisons des analyses de sol en labo avant la culture, puis des tests rapides avec le Nitracheck en cours de culture pour apporter la juste dose et réduire les attaques. Cette pratique rentre dans une approche plus globale dite régénérative. On prend en compte tout l’environnement de la culture, notamment la vie du sol. C’est le premier support d’aide pour lutter contre les bioagresseurs, y compris contre les pucerons. Par exemple, nous apportons depuis de nombreuses années beaucoup de matières organiques, ce qui donne de la souplesse et de la résilience au sol et du confort pour les plantes. Toujours pour aller plus loin en fertilisation, nous participons au projet européen AllEcoSys avec des essais qui permettent de comparer la fertilisation minérale et la fertilisation organique.
Dans cette même démarche régénérative, nous sommes en train d’explorer l’impact de l’allongement des rotations. Nous testons une diversification avec un allongement des rotations sur trois ou quatre ans avec d’autres légumes, sur trois à cinq ans avec des céréales. Nous constatons un net effet sur la pression.
Nous essayons également les biostimulants. Pour le moment, nous n’avons rien trouvé de satisfaisant mais nous continuons à tester de nouvelles solutions, y compris de biocontrôle à base de champignons entomopathogènes. Leur utilisation en plein champ est complexe puisqu’on ne peut pas contrôler tous les paramètres (hygrométrie, températures…) mais nous continuons à travailler le sujet.
Nos essais incluent aussi les bandes fleuries, en gérant les abords de la parcelle pour avoir des bandes accueillantes. Mais ce levier présente des limites par rapport au parcellaire morcelé, caractéristique du maraîchage plein champ.
Nous explorons les réponses variétales. Une première génération des variétés résistantes aux pucerons a été testée mais la résistance a été contournée rapidement. On teste la deuxième génération.
La protection physique est un challenge. Nous avons fait beaucoup de progrès dans l’identification de certains leviers. Ce qui est clair c’est qu’aujourd’hui il n’y a aucune méthode aussi efficace seule par rapport aux anciennes solutions. La combinaison de plusieurs solutions permet d’obtenir des résultats sans pour autant présenter les mêmes garanties. Nous continuons les recherches pour améliorer les combinaisons et trouver d’autres solutions complémentaires.