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Résidus de pesticides : quels aliments concernés d’après l’autorité de sécurité alimentaire européenne ?

L’autorité de sécurité alimentaire européenne a publié son rapport annuel sur la présence de résidus de pesticides dans les aliments le 5 mai 2026. D’après les résultats issus des analyses de 2024, 98,8 % des échantillons sont conformes aux limites fixées par la législation européenne. Des résidus sont néanmoins retrouvés plus d’un produit analysé sur deux.  

Graphique des pourcentages des échantillons situés sous ou au desus des limites maximales de résidus de pesticides.
L'Efsa ciblent les mêmes produits tous les trois ans pour observer l’évolution des résidus de pesticides dans le temps.
© Données : Efsa EU MANCP, Mai 2026. Graphique : Flourish

« Le dernier rapport confirme, comme les années précédentes, que le risque pour la santé humaine résultant de la présence de résidus de pesticides dans les aliments reste faible. » C’est ce que déclare l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) au sujet de son dernier rapport publié le 5 mai 2026 sur les analyses 2024. 

Chaque année, les Etats membres de l’Union européenne ainsi que la Norvège et l’Islande collectent et communiquent à l’Efsa les résultats d’analyse d’échantillons alimentaires concernant la présence de résidus de produits phytosanitaires. L’objectif : donner « une image représentative du marché européen, des contrôles nationaux effectués par les autorités et des prélèvements réalisés dans le cadre du renforcement des contrôles aux frontières », précise le communiqué. 

Lire aussi : Résidus de pesticides dans l’alimentation européenne : quels produits concernés ?

Les mêmes produits sont ciblés tous les trois ans pour observer l’évolution dans le temps. En 2024, les autorités nationales ont prélevé 9 842 échantillons parmi ces 12 produits : aubergines, bananes, brocolis, champignons de culture, pamplemousses, melons, poivrons, raisins de table, huile d’olive vierge, grains de blé, graisse bovine et œufs de poule. 

Relire : Pesticides : quelles simplifications prévoit Bruxelles pour les substances actives et de réciprocité pour les produits importés ?

98,8 % des échantillons conformes aux limites fixées par la législation européenne

D’après le rapport, 98,8 % des échantillons sont conformes aux limites fixées par la législation européenne : « un résultat comparable aux 98,7 % enregistrés en 2021, lorsque la même sélection de produits avait été analysée ». 

Aucun résidu mesurable de pesticides (parmi une liste de 200) n’a été détecté dans 43,1 % des prélèvements. Dans 54,4 % d’entre eux, un ou plusieurs résidus étaient présents dans le respect des limites maximales de résidus (LMR). Tandis que ces dernières étaient dépassées dans 2,4 % des cas dont 1,2 % ont été classés non conformes. Cela signifie que la LMR était dépassée même après prise en compte d’une incertitude de mesure. 

Relire : Pesticides : une liste de 120 « usages prioritaires » publiée pour orienter le calendrier de l’Anses 

Quels aliments contiennent le plus de résidus de pesticides d’après les analyses coordonnées par l’Efsa ? 

 

Lire aussi : Les analyses de résidus de pesticides, un enjeu majeur pour la filière fruits et légumes

Des résultats préoccupants selon les ONG du Pesticide Action Network 

Malgré « le risque faible » avancé par l’Efsa, le réseau d’associations européens Pesticide Action (PAN Europe) trouve ces résultats « préoccupants ». « De plus en plus de preuves scientifiques montrent que l'exposition aux résidus de pesticides via l'alimentation est liée à des risques accrus de développer des maladies chroniques telles que le cancer, et peut entraîner l'infertilité », explique Martin Dermine, directeur exécutif du réseau dans un communiqué.

PAN Europe demande l’application d’un « facteur d’évaluation des mélanges » pour revoir à la baisse les limites d’exposition admissibles et « protéger la santé publique contre l’exposition à des cocktails de pesticides ». 

Lire aussi : Cultiver sans pesticides est faisable techniquement et économiquement, sous certaines conditions, selon une étude menée pendant dix ans

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