Quelles sont les conditions de traitement phytosanitaire pendant la floraison de la vigne ?
Difficile d’y voir clair dans la réglementation qui encadre les traitements phytosanitaires pendant la floraison de la vigne. Voici ce que l’on sait, à date.
L’arrêté du 21 novembre 2021, qui fixe un cadre pour la protection des abeilles et insectes pollinisateurs, introduit de nouvelles conditions pour les traitements phytosanitaires pendant la floraison. Conditions qui, en vigne, ont fait l’objet de nombreux atermoiements… Comment alors être aux normes lors de cette campagne ?
Premièrement, en portant une attention particulière aux produits que vous allez utiliser. L’arrêté de 2021 prévoyait un régime de transition, qui a pris fin au 1er janvier 2026. À partir de cette date, les produits qui n’ont pas été réévalués et dont l’autorisation de mise sur le marché ne stipule rien au sujet des pollinisateurs ne sont plus autorisés pendant la période de floraison de la vigne. « Sauf si la firme a déposé son dossier auprès de l’Anses, détaille Éric Chantelot, référent phytosanitaire à l’IFV. La difficulté étant qu’il n’y a pas de liste officielle des dossiers déposés. En principe les firmes ont informé les distributeurs, à qui il faudra faire confiance. »
Ainsi les informations figurant sur les étiquettes des produits seront mises à jour petit à petit, au fur et à mesure des décisions et mises à jour des AMM par l’Anses. Les produits qui portent d’ores et déjà une phrase SPe8, mentionnant le danger pour les pollinisateurs, sont de facto interdits pendant toute la période de floraison. La seule dérogation possible réside dans la lutte obligatoire contre la flavescence dorée : un arrêté du 9 mai 2025 autorise l’utilisation sur vignes en floraison de produits insecticides n’ayant pas été spécifiquement évalués lorsque aucun autre produit ainsi évalué n’est disponible. C’est actuellement le cas des produits insecticides utilisables en agriculture biologique.
Une plage horaire de cinq heures au coucher du soleil
Pour les produits autorisés pendant la floraison, les conditions prévues par l’arrêté de 2021 s’appliquent. À savoir, le traitement sur une culture en floraison doit être réalisé dans une plage horaire de cinq heures qui comprend les 2 heures qui précèdent le coucher du soleil et les 3 heures qui suivent. Ici encore, une exception est prévue par le législateur, dans le cas où un traitement fongicide doit être mis en œuvre rapidement compte tenu de l’urgence liée au développement d’une maladie. Le ministère précise spécifiquement que « lorsque les conditions météorologiques l’imposent, le traitement du mildiou de la vigne en floraison peut être réalisé sans contrainte horaire ». Cette adaptation ne nécessite ni notification ni autorisation préalable, mais le motif doit être consigné dans le registre phytosanitaire. « En cas de contrôle il faudra le justifier », avertit Éric Chantelot. À ce titre il peut être opportun de garder par exemple les bulletins de santé du végétal (BSV) et relevés pluviométriques.
Notons qu’encadrer la floraison par un traitement juste avant et juste après la fleur peut être une stratégie pour s’affranchir de cette problématique organisationnelle. « Dans le Midi quand les conditions sont bonnes, la floraison peut se dérouler en sept jours, ce qui permet de rester couvert même en bio, hors cas de lessivage », commente Éric Chantelot.
Les phrases « SPe8 » vont devenir « SPb 1 à 5 »