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Protection de la ressource en eau : à La Rochelle, les agriculteurs réduisant l’utilisation de produits phytosanitaires seront rétribués

L’Agence de l’eau Loire-Bretagne et l’agglomération rochelaise vont mettre en place un dispositif de paiement pour services environnementaux à destination des agriculteurs qui vont s’engager à changer leurs pratiques afin de protéger la ressource en eau, notamment en réduisant l’utilisation de produits phytosanitaires.

Près de La Rochelle, sur l’aire d’alimentation des captages de Varaize et des Mortiers, un dispositif de PSE va être mis en place pour rétribuer les agriculteurs réduisant l’utilisation de produits sanitaires afin de protéger la ressource en eau.
© Communauté d’agglomération de La Rochelle

Dans la région de La Rochelle (Charente-Maritime) , les exploitants qui vont adopter des pratiques agricoles ou qui vont réaliser des aménagements paysagers favorables à la préservation de la qualité de l’eau vont pouvoir bénéficier de paiements pour services environnementaux (PSE). 

Ce dispositif est mis en place par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne via la Direction des eaux de la Communauté d’agglomération de La Rochelle. Il va se déployer sur l’aire d’alimentation du captage de Varaize, incluant le périmètre de protection éloigné du captage des Mortiers qui s’étend sur plus de 1 300 ha dont plus de 70 % en surface agricole. L’agriculture de ce territoire est dominée par les grandes cultures conventionnelles avec une quasi absence d’élevage.

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Nitrates et herbicides dans le viseur

Les initiateurs du projet expliquent que la qualité de l’eau aux captages de Varaize et des Mortiers est largement dégradée par les nitrates d’origine agricole, « avec des concentrations moyennes annuelles supérieures à 70 mg/l (pour une norme de distribution de 50 mg/l), nécessitant de ce fait une dilution avec l’eau de la Charente pour être distribuée »

Ils soulignent également que « suite à une pollution à l’herbicide chlortoluron fin 2020 du captage des Mortiers, la Direction des eaux de la Communauté d’agglomération de La Rochelle a décidé de mettre en pause ce dernier tant que des actions de sécurisation ne seraient pas mises en place ».

Lire aussi : Construction de réserves d’eau en Charente-Maritime : « Le climat n’est pas très encourageant mais la sécheresse de cet été a remis l’irrigation au cœur du débat »

Les agriculteurs rémunérés en échange d’efforts environnementaux

La stratégie qui va être mise en place porte donc sur la rémunération des exploitants agricoles en échange d’efforts environnementaux consentis pour la préservation de l’eau et de la biodiversité. Il sera demandé aux agriculteurs de réduire leur utilisation de nitrates et de produits phytosanitaires, en particulier les herbicides

Concernant les nitrates, il s’agit de cibler des services agissant sur le transfert du sol à la nappe et sur des cultures avec peu de besoin en fertilisation. 

Pour ce qui est des produits phytosanitaires, il est demandé aux agriculteurs de réduire l’usage des herbicides en diversifiant les assolements pour casser les cycles avec des cultures ayant peu besoin d’intrants, voire de prolonger certaines cultures couvrantes sur plusieurs années, comme les prairies, pour diminuer la pression en adventices. 

Lire aussi : Vers deux fois plus de captages d’eau protégés : quelles conséquences pour les agriculteurs ?

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Un dispositif PSE qui va s’étaler sur cinq ans et financé à hauteur de 1,2 million d’euros

Pour être éligibles au dispositif, les agriculteurs doivent exploiter au moins une parcelle d’une surface minimale de 0,5 ha dans l’aire d’alimentation du captage de Varaize et déposer leur dossier de candidature durant le premier semestre 2026. 

Les exploitants retenus devront signer une convention individuelle avec la Communauté d’agglomération de la Rochelle afin de fixer le montant de la rémunération au regard des services environnementaux rendus, ainsi que les modalités de contrôle des actions réalisées. 

« Chaque année, un suivi sera réalisé afin d’actualiser les indicateurs et les montants associés » précisent les initiateurs du projet qui portera sur une durée de cinq ans et qui sera financé à hauteur de 1,2 million d’euros.

Lire aussi : Paiement pour services environnementaux : le territoire du Grand Reims va tester un dispositif

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