Tracteurs et agriculteurs, appelés par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs, sont mobilisés devant le palais Bourbon pour faire pression autour de la proposition de loi Duplomb, encore dites PPL entraves. L’objectif : faire passer ce texte visé par plus de 3500 amendements écologistes et LFI.
Une dizaine de tracteurs et une cinquantaine d’agriculteurs d’Ile-de-France, du Grand Est et de la région PACA sont rassemblés devant l’Assemblée nationale ce 26 mai à l’appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs à quelques heures de l’ouverture des débats en séance publique sur la proposition de loi Duplombvisant à lever lescontraintes à l’exercice du métier d’agriculteur.
Risque d’obstruction : 3500 amendements déposés par les écologistes et LFI
Alors que 3500 amendements ont été déposés dont plus de 1550 par les écologistes et 840 par le groupe LFI, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, s’est offusqué le 24 mai dans une vidéo contre une forme « d’obstruction parlementaire » appelant les agriculteurs à se mobiliser pour que le texte aille à son terme.
Après l’annonce dimanche 25 mai par Julien Dive, rapporteur du texte à l’Assemblée nationale, d’une motion de rejet, démarche tactique visant à renvoyer le texte directement en commission paritaire, le président de la FNSEA a appelé ce matin sur France Info les parlementaires à la voter tout en regrettant qu’il n’y ait pas de débat. Cette motion de rejet devrait être cosignée par les présidents des quatre principaux groupes du bloc central, Laurent Wauquiez (LR), Marc Fesneau (Modem), Gabriel Attal (Ensemble), et Paul Christophe (Horizons), selon Agra presse.
Pour sa part la Coordination rurale a appelé le gouvernement à engager sa responsabilité (article 49-3 de la Constitution) sur ce texte.
Proposition de loi Duplomb : le président de la FNSEA "appelle les parlementaires à voter la motion de rejet" pour contourner les 3 500 amendementshttps://t.co/FqqS55T9uX
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Un texte qui doit mettre fin aux surtranspositions françaises, selon la FNSEA
« Il faut absolument que cette proposition de loi qui met fin aux surtranspositions françaises des lois européennes soit validée par l’Assemblée nationale » a pour sa part déclaré Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, à quelques heures du début du débat. « C’est l’issue de 18 mois de pression très forte avec les agriculteurs pour lever les contraintes », a-t-il ajouté.
Menaces de nouvelles mobilisations avant les moissons
« Cette obstruction parlementaire nous met en colère : on est en train de condamner notre agriculture française » a pour sa part déclaré Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA le 25 mai au micro de BFM-TV. « On a des députés complètement hors sols qui ne veulent pas de bâtiments d’élevage pour produire, ou encore que l’on stocke de l’eau », a-t-il poursuivi évoquant aussi l’acétamipride, molécule acceptée par 26 sur 27 pays d’Europe. « Il faut du bon sens et arrêter de nous enfumer […] Si on n’aboutit pas avant les moissons les mouvements vont reprendre de plus belle », a-t-il prévenu.