Prédation : un rapport sénatorial veut retirer le loup de la liste des espèces protégées
Un rapport sénatorial sur le pastoralisme, dont les recommandations ont été présentées le 3 juin, appelle à retirer le loup de la liste des espèces protégées au niveau européen. C’est une « menace » pour l’avenir du pastoralisme, soutiennent les rapporteurs, qui font des recommandations à intégrer à la loi d’urgence agricole.
Un rapport sénatorial sur le pastoralisme, dont les recommandations ont été présentées le 3 juin, appelle à retirer le loup de la liste des espèces protégées au niveau européen. C’est une « menace » pour l’avenir du pastoralisme, soutiennent les rapporteurs, qui font des recommandations à intégrer à la loi d’urgence agricole.
Alors que le loup avait été déclassé au niveau européen en 2025, un rapport sénatorial appelle le gouvernement à « aller plus loin » en le retirant de la liste des espèces protégées. « L'État français doit avoir le courage de mettre sur la table un nouvel abaissement à l'échelle européenne », soutient le sénateur Jean-Marc Boyer (Les Républicains), corapporteur de la mission d’information sur l’avenir du pastoralisme, présentée le 3 janvier au Sénat.
La pression de la prédation du loup menace l’avenir du pastoralisme
Avec Yves Bleunven (Centriste) et Lucien Stanzione (Socialiste), ils ont réalisé 28 auditions d’une centaine d’acteurs du pastoralisme (éleveurs, bergers, membres de ministères, de l’OFB ou des parcs), dans le Puy-de-Dôme et dans le Vaucluse. « La pression de la prédation [du loup, ndlr] menace l’avenir du pastoralisme », estime le rapport, qui a été adopté par la commission des Affaires économiques du Sénat. Treize recommandations sont faites, notamment sur la question du loup. Les sénateurs espèrent pouvoir les intégrer dans le volet « prédation » du projet de loi d’urgence agricole, lors de l’examen fin juin par le Sénat. « Nous essaierons de voir comment ces recommandations pourront venir enrichir le texte qui nous arrive de l'Assemblée Nationale », soutient Dominique Estrosi Sassone, présidente de la commission des Affaires économiques du Sénat.
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Que recommandent les rapporteurs de la mission d’information sur le pastoralisme ?
Parmi les recommandations de la mission d’information, les rapporteurs appellent à « fiabiliser » l’estimation de la population lupine, jugeant que les chiffres de l’OFB sont en décalage avec les observations des acteurs auditionnés. « Aujourd'hui, il y a une incertitude totale sur le nombre de loups qu'il y a sur le territoire national », affirme Jean-Marc Boyer. En réponse, les sénateurs souhaitent développer un « programme de coopération transfrontalière » sur le loup, et renforcer le rôle des fédérations départementales de chasseurs pour réaliser des recueils d’indices génétiques.
Concernant les attaques, le rapport souhaite que la catégorie « origine indéterminée » des constats de dommages soit supprimée, afin de « mieux reconnaître la responsabilité du loup ». Les sénateurs demandent aussi de « supprimer le reste à charge de 20 % » que les éleveurs doivent assumer pour le déploiement des mesures de protection, en le faisant financer par le ministère de la Transition écologique.
Via la loi d’urgence agricole, ils souhaitent que les tirs d’effarouchement et de défense sur le loup dans les parcs nationaux et les réserves naturelles soient autorisés dans les zones de chasse. Le rapport demande aussi que les lieutenants de louveterie soient indemnisés. Et que les lunettes à visée thermiques soient autorisées sous conditions pour les éleveurs réalisant un tir de défense. Une mesure ajoutée par amendement dans la loi d’urgence agricole et adoptée à l’Assemblée nationale, contre l’avis du gouvernement.
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« Il ne s’agit pas d’exterminer le loup », se défend le corapporteur
« Il ne s’agit pas d’exterminer le loup, mais de donner aux éleveurs menacés d’avoir des possibilités de se défendre », justifie le sénateur Jean-Marc Boyer devant la presse.
Des recommandations concernent aussi les questions de l’accès à l’eau pour les animaux en estives, sur les conflits d’usage des zones pastorales, ou encore sur le maintien de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) dans la prochaine PAC. Les sénateurs souhaitent aussi intégrer certaines recommandations dans la proposition de loi « Montagne », qui devrait être examinée début juillet au Sénat.
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