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Recul général de la consommation de porc

La hausse des prix de détail a engendré un recul de la consommation en viande de porc et en charcuterie, à l’exception des catégories de produits les plus économiques qui résistent.

La consommation de produits frais libre-service a baissé de 1,7% sur les 7 premiers mois de l’année,
La consommation de produits frais libre-service a baissé de 1,7% sur les 7 premiers mois de l’année,
© D. Poilvet

La première partie de l’année 2023 présente une situation économique difficile pour les ménages. L’inflation a atteint en juillet au cumul des deux ans un niveau sans précédent, avec +22,4 % en alimentaire et +20,3 % en viandes. Le pouvoir d’achat des ménages (1) a diminué de 0,6 % au premier trimestre 2023, la hausse des salaires (+4,6 % au 1er trimestre (2)) n’ayant pas permis de rattraper l’inflation.

Lire aussi : Les consommateurs de viande demandent des garanties éthiques

 

 
Recul général du porc à la consommation de porc

Dans ce contexte, les ménages les plus modestes ont été contraints de puiser dans leur épargne pour faire face à la hausse des prix de l’alimentaire. Comme premier impact, la consommation à domicile de produits frais libre-service a baissé de 1,7 % sur les 7 premiers mois de l’année, les familles effectuant leurs courses plus souvent mais en plus petite quantité. Ainsi, 45 % des Français déclarent ne pas toujours consommer les aliments qu’ils souhaiteraient. Ils ont limité en premier lieu, leur consommation de viande (-4 % au cumul à fin juillet sur un an) dans un contexte de hausse de prix de détail de +9,8 %. 

 

 
Recul général du porc à la consommation de porc

La restauration hors domicile voit son chiffre d’affaires croître en juin de 9,8 % sur un an, tiré par le snacking mais à un rythme plus lent qu’en début d’année dans un contexte d’inflation moyenne de 5,6 %. Le porc profite moins de cette hausse que le bœuf et la volaille. L’espèce, plus économique, tend cependant à revenir en restauration commerciale sous la forme de paleron ou d’effiloché par exemple (part des volumes estimés de la RHD en bœuf, volaille et porc à environ 30 %, 20 % et 15 % respectivement).

Recul en viande de porc hors élaborés

En un an, le prix de détail de la viande de porc fraîche hors élaborés a enregistré une hausse de +11,9 %, entraînant une diminution du volume de consommation (-2,9 %) notamment en raison d’une perte d’acheteurs (-1 %). En comparaison, les volumes de la volaille fraîche touchée par la grippe aviaire en 2022 et déficitaire, se stabilisent (+0,6 %) à fin juillet 2023 tandis que le bœuf piécé recule au même rythme que la viande de porc (-2,7 %). En revanche le mois de juillet 2023 marque un changement puisque les consommateurs se sont tournés d’abord vers les pièces de viande de bœuf (+10,2 % par rapport à 2022) et de volaille (+5 %) pour se faire plaisir, délaissant la viande de porc (-4,2 %) et la saucisserie (-8,2 %) dans un contexte de météo morose peu propice au barbecue. Avec un prix au kilo en viande bovine pièce qui atteint en juillet 19,2 euros le kilo contre 9,40 euros le kilo en viande de porc, la viande bovine s’inscrit un peu plus dans une consommation à caractère festif.

 

 
Recul général du porc à la consommation de porc

Décrochage en charcuterie depuis avril

Après avoir été relativement stables au premier trimestre, les volumes de charcuterie se sont progressivement dégradés pour atteindre un recul de 1,8 % au total des 7 premiers mois de l’année dans un contexte de hausse de prix de 11,1 % en un an. Cette déconsommation ne concerne pas les populations les plus modestes (+1,1 %) pour lesquels la charcuterie reste plus accessible que la viande, tandis que les plus aisés continuent à la délaisser (-3,4 %). Par comparaison, les produits traiteurs sont stables (+0,1 %). Les consommateurs ont adapté la composition de leurs paniers et la descente en gamme se poursuit. Elle se traduit en charcuterie au cumul à fin juillet 2023 par une hausse des volumes des produits premiers prix (+2,6 % par rapport à 2022), un léger recul des marques de distributeurs (MDD) (-0,7 %) tandis que les marques nationales sont délaissées (-4,5 %) en lien avec leur niveau de prix plus élevé. En indice prix, les différentes marques se positionnent respectivement à un indice prix de 76, 97 et 119 en référence au prix moyen de la charcuterie base 100 (12,10 €/kg). Les premiers prix gagnent en particulier du terrain en pâtés (+31 %), en rillettes (+23 %) et en saucisses pâtes fines (+18 %). Les pertes au cumul des 7 premiers mois sur un an se concentrent sur le jambon cuit (‑2,1%), relativement protégé par les innovations autour des produits « sans » qui se développent (sans nitrites, sans antibiotiques…), le pâté (-3,9 %) et le jambon sec (-4,8 %). Les produits les plus économiques tels que les saucisses pâtes fines (+4,1 %) et les lardons, poitrine, bacon (+2,6 %) bénéficient en revanche de leur positionnement prix plus bas. En juillet, comme pour la viande, la baisse de consommation en charcuterie a été plus prononcée (-3,9 %) avec des consommateurs achetant moins (-4,4 %) et moins souvent (‑1,5 %) .

Artisans et vente directe s’effondrent

En ce qui concerne les circuits de distribution sur les sept premiers mois de l’année, certains consommateurs prennent moins la voiture pour faire baisser la facture. Ainsi, l’e-commerce progresse (+2,6 %) également stimulé par un élargissement de l’assortiment et des prix attractifs et les ventes dans les commerces de proximité se stabilisent (+0,5 %). Quant à l’hypermarché, il recule légèrement (-0,4 %) comparé au supermarché (-2,4 %) tandis que les artisans sont fortement pénalisés (-7,3 %) de même que la vente directe (-10,3 %) qui avait nourri beaucoup d’ambitions autour du local.

Valérie Diot, valerie.diot@ifip.asso.fr

(1) Pouvoir d’achat du revenu disponible brut par unité de consommation (Insee).
(2) Salaire mensuel de base (Dares).
(3) Part d’estomac : équivalent à la part de marché correspondant à l’ensemble de la nourriture prise par les consommateurs.
(4) Publication Credoc : En forte hausse, la précarité alimentaire s’ajoute à d’autres fragilités (credoc.fr)

À retenir

Le porc conserve une position de protéine économique.
Les produits du porc voient les hausses de prix contribuer à la désaffection des consommateurs.
Les reculs sont un peu moins marqués lorsque la catégorie innove tel qu’en jambon cuit.
La crise favorise des comportements d’arbitrage vers des solutions moins chères et une baisse de consommation, notamment sur les produits d’impulsion.

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