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Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

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Plus d’efficacité protéique avec une alimentation multiphase

Au Gaec de la Ribotelière, les apports azotés sont réduits en engraissement grâce à une alimentation multiphase. À performances identiques, les porcs charcutiers alimentés à la soupe consomment moins de protéines.

Depuis le mois de mars, les associés du Gaec de la Ribotelière à Yzernay, dans le Maine-et-Loire, ont mis en place un plan d’alimentation à huit phases en engraissement. À partir de deux complémentaires fabriqués à la ferme (nourrain et finition) et trois matières premières (blé, maïs et lactosérum), ils reconstituent dans la machine à soupe huit aliments différents qui se différencient sur le ratio lysine digestible sur énergie nette (lys dig/EN). Ce ratio évolue de 0,97 pour l’aliment nourrain destiné aux animaux de 25 kg, à 0,55 pour le dernier aliment distribué aux porcs de plus de 100 kg.

Ce plan d’alimentation multiphase permet de diminuer fortement les apports protéiques, avec un taux de matière azotée totale (MAT) qui varie de 16 % pour le premier aliment à 11,5 % pour le dernier. « Malgré ces faibles taux qui ne veulent plus dire grand-chose en formulation, on couvre parfaitement les besoins des animaux grâce à l’utilisation des acides aminés de synthèse », explique Mathieu Fonteneau, l’un des associés du Gaec.

La hausse du prix du porc au Marché du porc breton se confirme

 

Le taux d’incorporation des complémentaires évolue en permanence

Pour obtenir des formules adaptées aux besoins des animaux, Florence Maupertuis, ingénieure à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, joue sur le taux d’incorporation des deux complémentaires, et donc des tourteaux de soja et de colza. Le complémentaire nourrain passe de 27 % pour les porcs de 25 kg à 12 % pour les porcs de 60 kg. Il n’est plus utilisé par la suite. Le complémentaire finition est incorporé à 14 % dans la ration dès le second aliment destiné aux porcs de 35 kg. Il occupe jusqu’à 25 % de la formule pour les porcs de 80 kg et finit à 18 % dans le dernier aliment finition.

La proportion des matières premières ajoutées aux complémentaires (maïs, blé et lactosérum) évolue aussi, mais dans de moindres proportions : de 24 à 36 % pour le blé, et de 16 à 19 % pour le lactosérum. Le taux de maïs est stable à 27 %. Le Gaec de la Ribotelière produit également 50 tonnes de féverole qui n’entre dans les formules qu’une partie de l’année.

Bien maîtriser le fonctionnement de la machine à soupe

Pour mettre en place ce type de conduite alimentaire dans un engraissement équipé d’une machine à soupe, Mathieu Fonteneau souligne l’importance d’avoir une conduite d’élevage et des équipements adaptés. « Chacune des huit phases alimentaires est distribuée pendant deux semaines seulement. Avec notre conduite en cinq bandes, nous produisons des lots de 600 porcs espacés de quatre semaines, ce qui est suffisant pour distribuer une phase alimentaire différente pour chaque lot. Avec quatre lots présents en permanence en engraissement, nous avons donc quatre menus différents à chaque repas. » L’utilisation de la machine à soupe comme mélangeuse impose aussi une quantité minimum de chaque ingrédient incorporé directement dans la cuve, afin d’éviter les risques d’erreur liés au poids de chute. « À cause de cette contrainte, nous avons fixé un taux d’incorporation minimum de 12 % dans les formules ».

Selon le diagnostic Devautop réalisé par la chambre d’agriculture, l’efficacité protéique de l’élevage était de 54,8 kg de MAT consommée pour 100 kg de carcasse en 2017, un chiffre proche de la moyenne de l’échantillon d’élevages enquêtés. « Ce score devrait diminuer en 2019, grâce à l’optimisation de la conduite alimentaire qui permet de baisser les apports azotés tout en maintenant des performances techniques identiques », explique Florence Maupertuis.

Des protéagineux dans la rotation des cultures

Le diagnostic met aussi en avant une autonomie protéique de 36 %, un score élevé pour un élevage de porc. « Nous avons toujours raisonné le développement de notre élevage en fonction des terres disponibles afin d’être autonomes en plan d’épandage », explique Mathieu Fonteneau. Les céréales (blé, maïs et orge) constituent l’essentiel des cultures. Les 120 hectares qui leur sont dédiés fournissent environ 1 100 tonnes par an. La féverole (12 ha) valorisée par la fabrique d’aliment et le colza (8 ha) dont les graines sont vendues entrent dans la rotation. En complément des récoltes, le Gaec achète chaque année 500 tonnes de triticale et de maïs, 150 tonnes de tourteau de soja, 120 tonnes de tourteau de colza ainsi que le lactosérum. La provenance de la matière azotée reste majoritairement locale (54 %). L’import ne représente que 16 % des approvisionnements.

Témoignage : Mathieu Fonteneau, éleveur et président d’Airfaf Pays de la Loire

« Les éleveurs doivent sortir de leur exploitation »

« Les éleveurs de porcs ne peuvent progresser que s’ils regardent ce qui se fait de mieux en dehors de leur exploitation. Les groupes de progrès de la chambre d’agriculture, les réunions d’Airfaf… sont là pour leur mettre à disposition les nouvelles techniques d’élevage et d’alimentation. Les expérimentations menées par la recherche appliquée dans des fermes expérimentales comme les Trinottières peuvent être rapidement mises en pratique sur le terrain. Elles permettent d’améliorer les résultats techniques et de gagner de l’argent. Dans notre élevage, le multiphase mis en place sur la base des expérimentations de la chambre d’agriculture nous permet de gagner deux euros par porc grâce aux économies sur le coût des formules. »

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