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« Nos porcs en bonne santé croissent plus vite en engraissement»

À la SCEA de la Manche à Nay dans la Manche, la maîtrise du sanitaire est un facteur clé des performances des porcs charcutiers de l’atelier de 450 truies naisseur-engraisseur.

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Vincent Varin : « Nous sommes drastiques sur les règles sanitaires, le respect de la marche en avant, les procédures de nettoyage et de désinfection, la gestion des flux de lisiers… »
© A. Puybasset

Pour Vincent Varin, c’est en premier lieu le bon statut sanitaire de l’élevage qui explique les croissances élevées de ses porcs charcutiers. 

Lire aussi : "Nous avons retrouvé de la sérénité après le dépeuplement repeuplement de notre cheptel de truies"

Installé dans le Calvados, l’éleveur a repris en 2020 un site naisseur-engraisseur de 450 truies à Nay dans la Manche. Sur les douze derniers mois lissés, le GMQ 30-115 atteint 973 g/j sachant que les porcs sont alimentés par des nourrisseurs à sec à volonté. Les données GTE sevrage-vente de 2025 confirment le haut niveau de performance de l’élevage passé au mâle entier depuis deux ans : le GMQ 8-115 dépasse 830 g/j, soit 88 g de plus que la base GT Porc en mâles entiers (1), l’indice de consommation est inférieur à 2,10 avec un taux de muscle de 61,9 %. En parallèle, le taux de perte sevrage-vente se situe à 3,3 %.

 

 
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L'ouverture du nourrisseur est surveillée au quotidien pour veiller à avoir en permanence de l'aliment disponible mais en petite quantité pour éviter le gaspillage. © A. Puybasset

Les frais de santé sont quant à eux inférieurs à 80 euros par truie. « C’est le résultat d’une exigence accrue sur la gestion du sanitaire, d’une conduite alimentaire simple mais efficace, d’une génétique performante (Axiom, truie Adénia et verrat Valens) et du respect des fondamentaux », résume l’éleveur.

 

 
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Sas d'accueil avec douches. Des investissements ont été réalisés ces dernières années pour renforcer la biosécurité interne et externe de l'élevage. © A. Puybasset

Un site assaini, indemne de mycoplasme

Assaini en 2006, grâce à un dépeuplement-repeuplement du troupeau de truies selon le concept Émergence du groupement Terrena Porc, l’élevage est resté indemne de mycoplasmes (et de SDRP). Situé dans une zone de faible pression sanitaire (peu de densité d’élevages), il est géré au quotidien par une équipe dédiée de quatre salariés, qui n’interviennent pas sur les autres sites. « Nous sommes drastiques sur les règles sanitaires, le respect de la marche en avant, les procédures de nettoyage et de désinfection, la gestion des flux de lisiers… », explique Vincent Varin. « Des investissements ont été réalisés ces dernières années pour renforcer la biosécurité interne et externe. L’élevage est désormais entièrement clôturé. »

 

 
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© A. Puybasset

Un réglage quotidien des nourrisseurs

Les porcs arrivent en engraissement à 32 kg dans une salle préchauffée, en respectant les chargements, tandis que les animaux en excédent sont engraissés chez deux façonniers. L’aliment complet est distribué à volonté dans des nourrisseurs à sec. Les surconsommations sont toutefois maîtrisées par une gestion très fine de l’ouverture du nourrisseur. Les fonds d’auge récemment rénovés sont raclés au quotidien. « L’objectif est d’avoir en permanence des granulés disponibles dans le fond d’auges mais en petite quantité afin d’éviter le gaspillage et de garder un aliment frais en permanence pour stimuler la consommation », souligne l’éleveur.

 

 
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L'aliment distribué en post-sevrage est avant tout orienté sur la sécurisation digestive. © A. Puybasset

« Notre lignée Valens est par ailleurs bien adaptée à l’alimentation à volonté à sec avec une capacité des cochons à s’autorationner, ce qui permet de maîtriser l’indice de consommation tout en ayant de bonnes croissances », relève Tanguy Maucurier, responsable commercial secteur Grand Ouest d’Axiom.

En effet, entre 2024 et 2025, le GMQ 8-115 kg a progressé de 40 g tandis que la consommation par porc et par jour est restée stable (1,8 kg).

Les têtes de lots partent à 150 jours et les fins de lots à 185 jours. Il y a en moyenne 4 à 6 départs par bande, ce qui permet d’avoir un taux de 87 % de porcs dans la gamme.

« Le fait d’atteindre plus rapidement le poids cible (156 jours d’âge à 115 kg) nous apporte de la souplesse pour le lavage des salles entre bandes (une semaine de délai). »

Une sécurité digestive en post-sevrage

Pour l’éleveur, la performance de croissance des porcs charcutiers se joue dès le démarrage. « Nous sommes très attentifs aux porcelets qui décrochent en maternité (apport d’un complément alimentaire lacté) et visons un taux élevé d’homogénéité des portées sevrées. » Pour faciliter la transition alimentaire, les porcelets reçoivent un aliment premier âge une semaine en maternité puis 2,5 semaines en post-sevrage en appliquant la règle des 14 kg. « Ce dernier est avant tout orienté sur la sécurité digestive. Il est formulé avec des matières premières lactées et plus de 30 % de matières premières cuites, ce qui favorise l’ingestion et sécurise le démarrage des porcelets en post-sevrage. La maîtrise de la quantité et de la qualité des protéines est également un levier important pour limiter les troubles digestifs. » À partir de 84 jours, nous passons directement de l’aliment deuxième âge à un aliment charcutier, jusqu’à l’abattage. Les porcs sont nourris sans soja en engraissement, conformément au cahier des charges La Nouvelle Agriculture et l’élevage est inscrit dans une démarche zéro antibiotique de la naissance à la vente.

(1) Base GT Porc d’élevages en mâles entiers, données de 2024

Fiche élevage

SCEA de la Manche

450 truies naisseur-engraisseur

2 800 places d’engraissement (+ 2 façonniers)

Conduite en 7 bandes (sevrage 28 jours)

Aliment complet Terrena

Génétique : Axiom (truie Adénia en autorenouvellement et verrat Valens)

Groupement : Terrena Porc

Cahier des charges La Nouvelle Agriculture Terrena

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