Mieux connaître le sanglier pour protéger son élevage de porc
Le sanglier est une espèce cousine du porc un peu envahissante qui profite des ressources agricoles et peut transmettre des maladies, la fièvre porcine africaine en premier lieu.
Le sanglier est une espèce cousine du porc un peu envahissante qui profite des ressources agricoles et peut transmettre des maladies, la fièvre porcine africaine en premier lieu.
Face à la fièvre porcine africaine (FPA), la biosécurité est de mise. « Pour être pleinement efficaces, les mesures de biosécurité doivent tenir compte des risques propres à l’écosystème dans lequel est l’élevage, rappelle David Riou, lors de l’assemblée générale de l’OS Porc Bretagne. Parmi ces facteurs de risque, il y a les sangliers ».
Des sangliers de plus en plus nombreux. « Sur la campagne 2024/25, nous en avons abattu 24 000, chiffre Bertrand Piel, directeur de la Fédération régionale des Chasseurs de Bretagne. Il y a 10 ans, on en prélevait 5 000 par an ».
Des sangliers présents partout
Le représentant des chasseurs explique cette augmentation de la population par trois facteurs. « Le premier est paradoxal, c’est la chasse. Plus une espèce est chassée, plus elle accélère sa reproduction, reconnaît Bertrand Piel. Le deuxième tient à l’augmentation des superficies en maïs, aliment qui permet aux sangliers une prise de poids rapide. Les laies sont pubères plus tôt, il y a moins de mortalité embryonnaire. De plus, avec le changement climatique, il y a des fruits sauvages durant une grande partie de l’année ».
Bien nourris, les sangliers ne demandent qu’à proliférer. Cette augmentation des populations entraîne un élargissement de leurs zones de présence. Les sangliers ne se cantonnent plus à la forêt, ils vont explorer les zones agricoles et les friches. « Les sangliers s’installent quand ils trouvent un endroit où ils seront tranquilles pour dormir et avec des ressources alimentaires dans un rayon de 1 km », détaille Bertrand Piel. En leur assurant le gîte et le couvert, certaines cultures font inciter les sangliers à se fixer : le colza au printemps, le maïs mais aussi le blé noir. « Son aspect buissonnant peut accueillir des nids de naissance », remarque Bertrand Piel. Autre culture fixatrice, le miscanthus, qui est un refuge permanent, où il est difficile de chasser.
Diminuer les risques
« La faune sauvage va toujours exister, reconnaît David Riou. À chacun de réfléchir aux mesures qu’il peut prendre pour protéger son exploitation des sangliers ». La première est d’éviter les cultures fixatrices à proximité de ses bâtiments. Il peut être judicieux de s’organiser avec ses voisins pour ne pas avoir de trop grandes surfaces de maïs contiguës. Il faut éviter les zones refuges, comme des friches, dans les 500 m autour de ses bâtiments. S’il vaut mieux empêcher toute intrusion directe, la contamination peut aussi se faire par contact indirect, dans des abords boueux, auxquels les sangliers pourraient accéder.
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En complément, éleveurs et chasseurs doivent travailler ensemble à la régulation des populations. « Nous ne pouvons organiser de battues que sur des territoires pour lesquels l’exploitant nous a donné un bail de chasse », précise Bertrand Piel. "En plus d’autoriser la chasse, les éleveurs peuvent aussi y participer en passant leur permis."
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Repères
Un guide pédagogique
Pour informer l’ensemble des éleveurs sur les mesures de biosécurité face aux sangliers, l’OS Porc Bretagne et la fédération régionale des chasseurs ont édité un livret pédagogique, qui sera distribué via les OP.