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« L’organisation sociétaire de l'exploitation porcine facilite l'installation des jeunes»

Tanguy Gaillard, 30 ans, salarié au Gaec des Prélions dans l’Ain pendant quatre ans, s’est installé en 2015 en rachetant les parts de l’un des associés.

Tanguy est le premier associé du Gaec des Prélions à Biziat dans l’Ain non issu de la famille Bagne qui a créé et développé l’exploitation depuis trois générations. Il avait été embauché en 2012 après un cursus de formation agricole (BTS ACSE + CS porc) pour faire dans un premier temps des travaux de démolition de vieux bâtiments, de rénovation des maternités et de construction de 200 places de gestantes et d’un engraissement de 2 300 places. « J’avais travaillé dans l’élevage en 2010, durant un stage de 15 jours qui m’avait permis de découvrir la production porcine. » La bonne ambiance qui régnait (et qui règne toujours) au sein de l’équipe l’avait aussitôt séduit, de même que les bonnes conditions de travail. « J’avais aussi apprécié la rigueur technique nécessaire à la production porcine et l’organisation qui permet une bonne répartition des tâches entre les personnes travaillant sur l’élevage », souligne-t-il. De plus, étant originaire du village, il voyait dans ce job l’opportunité de rester au pays. « Je n’aurais pas aimé partir ailleurs », concède-t-il. Son projet d’installation réalisée en 2015 s’appuyait sur la rénovation complète de la fabrique d’aliment, un projet plusieurs fois repoussé mais qui va se concrétiser cette année, avec la construction d’un hangar et l’acquisition d’un nouvel ensemble broyeur mélangeur. Des cellules pour stocker 1 400 tonnes de céréales sèches vont aussi être montées.

Du porc et des cultures

« L’autonomie alimentaire est un objectif majeur pour assurer la pérennité et la rentabilité de l’exploitation », explique-t-il. Durant ces cinq dernières années, l’acquisition de deux exploitations voisines et de leurs terres a permis d’augmenter la production des céréales nécessaires à l’alimentation des animaux. Cependant, les éleveurs doivent toujours compléter les apports avec des coproduits issus des industries agroalimentaires de la région (lactosérum, pâte à pain…) qui rentrent entre 30 et 35 % dans les rations. « Ils jouent aussi un rôle tampon pour compenser les différences de rendement d’une année sur l’autre », explique Tanguy. Les éleveurs comptent aussi sur l’un des sites extérieurs pour développer leur capacité d’engraissement afin de réduire les placements de porcs à façon et de répondre à l’augmentation de la productivité des truies, qui atteint aujourd’hui 36 porcelets sevrés par truie et par an. En effet, le site d’origine du Gaec est limité dans son développement par la topographie des lieux et par la présence d’une zone humide à proximité.

Un fonctionnement en binôme

L’installation de Tanguy et la fin des gros travaux de rénovation ont nécessité de répartir différemment le travail entre les associés et les salariés. Tanguy a pris en charge les productions végétales avec l’un des salariés, tout en continuant de participer aux travaux d’aménagement des bâtiments. « Nous fonctionnons en binôme sur chaque poste afin d’assurer la continuité du travail même en cas d’absence de l’une des deux personnes », explique l’éleveur. Chaque associé est de garde un week-end sur quatre, et les jours fériés sont gérés à deux personnes. Une organisation permise par les récents investissements. « Nous les avons raisonnés pour améliorer le confort de travail et l’automatisation des tâches. » Cette organisation explique aussi sans doute que l’élevage attire les jeunes et n’a jamais été en carence de main-d’œuvre. « L’embauche de jeunes permet de les former nous-mêmes », ajoute Ludovic Bagne, l’un des associés du Gaec. « Il est plus facile de former une personne non formée que de déformer une personne mal formée ! » Cependant, cette organisation demande aussi des capacités d’adaptation importantes de la part des associés. « Pour remplacer l’un des salariés travaillant sur l’élevage qui partira en 2022, nous devrons recruter un jeune. S’il n’est pas très motivé par le porc, nous le destinerons plutôt aux cultures. Mais cela veut dire que chacun de nous est parfois amené à changer de fonction. »

Tanguy Gaillard sera prochainement imité par Valentin Maréchal, actuellement salarié de l’élevage après un parcours de formation similaire. Valentin remplacera Michel Bagne qui fera valoir ses droits à la retraite d’ici deux ans.  « Je suis également originaire de la région. Je ne suis pas issu du milieu agricole mais j’ai suivi un cursus de formation agricole avec notamment un BTS en apprentissage sur l’exploitation », explique-t-il. Tout comme Tanguy, il a été séduit par la bonne ambiance qui règne au sein de l’équipe, et par l’intérêt du travail en production porcine. Cette phase d’apprentissage lui a surtout permis de bien mûrir son projet, et aussi de conforter ses futurs associés dans leur choix. « Pour pérenniser l’exploitation et la qualité des relations humaines, il faut surtout ne pas subir les installations, sans connaître les personnes », conclut Ludovic Bagne.

L’accompagnement des jeunes, une priorité pour Cirhyo

Accompagner les jeunes dans leur projet d’installation pour la création ou l’agrandissement de leur élevage est la priorité de Cirhyo. Dans un premier temps, le service bâtiment du groupement (7 personnes) leur propose une étude préalable : analyse du projet, conception des bâtiments, étude technique, appels d’offres et suivi de chantier. Il réalise également une étude économique, en relation directe avec le financeur et le centre de gestion. Le service s’occupe de toutes les démarches administratives et environnementales. Cirhyo prend en charge les frais de permis de construire et une partie des frais des dossiers ICPE. Il assure aussi le montage et les relais des prêts d’investissement ou de fonctionnement proposés par les différentes régions partenaires (Pida, Frisipp). Dans le cas de la création d’une activité porcine nouvelle sur l’exploitation, Cirhyo propose à l’éleveur des bâtiments types spécialisés engraissement ou post-sevrage engraissement avec des garanties financières et un contrat sur dix ans. Les produits sont commercialisés en filière qualité propre au groupement, avec un accompagnement financier et des prix soutenus. Si l’installation concerne un agrandissement d’élevage nécessitant souvent des investissements importants, Cirhyo propose des accompagnements bancaires par caution simple sur 10 % de l’investissement durant les sept premières années, ou bien des prêts d’investissement ou de fonctionnement complémentaires à hauteur de 10 % de l’investissement global.

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