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À l’élevage de porcs du Gaec Chauveau : Des résultats exceptionnels en engraissement

Au Gaec Chauveau dans la Sarthe, les porcs charcutiers dépassent le kilo de croissance quotidienne. Malgré un poids d’abattage élevé, ils obtiennent un TMP largement supérieur à la moyenne Uniporc.

À la tête d’un atelier naisseur-engraisseur de 140 truies à Saint-Georges-le-Gaultier, dans la Sarthe, Jean-Luc, Claudine et François Chauveau obtiennent des résultats exceptionnels en engraissement.

Depuis deux ans, les porcs charcutiers affichent une croissance de 1 020 grammes par jour en moyenne en engraissement, pour un poids de sortie de 120 kilos. L’âge à 115 kilos n’est que de 154 jours. En parallèle, le taux de muscle des pièces (TMP) se maintient à 61,8, et la plus-value totale à 16,9 centimes par kilo. « Dans le contexte actuel, augmenter le poids des porcs à l’abattoir est économiquement intéressant, estime Claudine Chauveau. Il est donc impératif d’obtenir de bonnes croissances sans que le TMP et l’indice de consommation ne se dégradent. »

Génétique et alimentation

Pour réaliser cet objectif, les éleveurs ont mis tous les atouts de leur côté. D’une part, une génétique performante, avec un verrat capable de produire des issus lourds et conformés (Excelium de Choice). « Nous avons démontré que ce verrat a la capacité à produire des carcasses de plus de 100 kilos tout en maintenant des TMP supérieurs à 61 % », explique Pascal Juhel, technico-commercial Choice. D’autre part, un aliment « haut de gamme » (Unique First de Seretal) permettant aux animaux d’exprimer leur potentiel génétique.

Un respect strict des chargements

Et surtout un outil de production de qualité, simple mais bien entretenu, et des éleveurs rigoureux dans leur approche technique et sanitaire. « Nous sommes très vigilants sur l’état de santé de nos animaux, explique Claudine Chauveau. Je passe en engraissement matin et soir. Si un cochon est malade, je réagis immédiatement. » Comme tous les élevages de la Sarthe, les porcs sont indemnes de SDRP (syndrome dysgénésique et respiratoire du porc). Les actions préventives sont privilégiées. Les porcs sont vaccinés contre l’iléite, le mycoplasme et le circovirus. Ce dernier vaccin a été mis en place suite à la détection de signes subcliniques, pénalisant les performances techniques mais provoquant peu de pertes (3,7 % entre le sevrage et la vente sur les deux dernières années). Enfin, le chargement dans les cases est maîtrisé, avec des lots de 200 porcs maximum qui n’excèdent pas les capacités d’engraissement de l’élevage. « L’excédent de porcelets est systématiquement vendu au sevrage. »

Une conduite d’élevage irréprochable

L’alimentation à volonté aux nourrisseurs facilite les bonnes croissances. « Mais la fente est très peu ouverte, pour éviter le gaspillage. » Claudine Chauveau met en avant la facilité d’accès à l’aliment, avec des nourrisseurs de 140 cm pour 12 à 13 porcs par case (11 cm par porc). La ventilation est aussi un point de vigilance important. « À chaque entrée de lot, la sonde de température est vérifiée, souligne Jean-Luc Chauveau. J’ai déjà constaté jusqu’à 3 °C d’écart entre l’affichage du boîtier et la température réelle dans la salle. Il faut en tenir compte pour avoir une ventilation de qualité ! » Grâce au maintien d’un bon statut sanitaire, les départs sont réguliers. « Il en faut trois, rarement quatre pour chaque bande », constate l’éleveur. Les têtes de lot partent à 140 jours et les derniers à 165 jours, des données qui reflètent une fois de plus des croissances rapides et des lots homogènes.

Le suivi par bande pour gagner en réactivité

Pour suivre les performances d’engraissement en temps réel, Jean-Luc et Claudine Chauveau ont opté depuis trois ans pour le suivi à la bande proposé par leur groupement GRPPO-Seretal. Les porcs sont frappés avec un numéro permettant l’identification de leur bande à l’abattoir. Avec les données d’entrée (date, nombre et poids), de sortie (date et nombre), les pertes (date et poids estimé) et les données d’abattage récupérées sur le site d’Uniporc Ouest, leur technicien édite sur une feuille Excel les résultats techniques de chaque bande. Des codes couleurs indiquent le niveau de performance obtenu pour chaque critère. « Grâce à cette approche, il est possible d’analyser rapidement les résultats de chaque lot, de valider un nouveau programme alimentaire ou une modification de la conduite, ou bien de réagir en cas de dégradation des résultats », souligne Ronan Bidault, technico-commercial Seretal. Chez les Chauveau, tous les voyants sont au vert pour le moment.

Un outil de production de qualité, bien entretenu, et des éleveurs rigoureux dans leur approche technique et sanitaire

"Verrat Excelium, l’efficacité alimentaire par excellence"

 

 
Florence Ytournel, directrice R&D Choice "Une majorité de nos élevages de sélection sont désormais équipés de Dac, permettant le contrôle individuel de 8 000 verrats par an." © Choice

La société Choice qui produit le verrat Excelium met en avant trois atouts majeurs pour son verrat Excelium : l’efficacité alimentaire, la vigueur des porcelets et un excellent taux de muscle. « Une majorité de nos élevages de sélection sont désormais équipés de Dac, permettant le contrôle individuel de 8 000 verrats par an », explique Florence Ytournel, directrice recherche et développement Choice. Elle rappelle les critères de sélection du verrat : « un index global supérieur ou égal à 110, garantie d’un bon niveau génétique pour l’ensemble des caractères de production, une sélection des verrats plus poussée sur la valeur d’indice de consommation (IC), et l’exclusion des animaux qui consomment plus que leurs besoins métaboliques et physiologiques ». Grâce à cette sélection, la valeur IC des verrats labellisés Excelium est inférieure de 0,08 à la moyenne de la population totale de cette lignée. Elle souligne que 30 % des verrats obtiennent un indice de consommation inférieur à 2,04. « En plus du progrès génétique généré dans la lignée, l’écart de 0,08 kg/kg d’IC par rapport à la population va se maintenir dans les prochaines années, conservant ainsi l’avantage de 0,04 pour le porc charcutier issu de l’Excelium. » Avec un prix de l’aliment finition désormais à 400 euros la tonne, elle calcule un gain annuel de 12 000 euros pour un atelier de 250 truies naisseur-engraisseur.

Avantage sur les performances d’abattage

« Par ailleurs, la sélection sur l’index global permet de suivre les tendances génétiques de la lignée : +0,25 mm de muscle, -0,21 mm de gras dorsal et +0,2 kilo de poids vif par an ». Pour rebondir sur les performances enregistrées chez Claudine et Jean-Luc Chauveau, Florence Ytournel met en exergue les performances de croissance des verrats Excelium : « son GMQ 30-115 kg est supérieur à 1 160 grammes par jour pour les 30 % meilleurs, et à plus de 1 000 grammes par jour pour 76 % de la population ». 

 

 

 

Selon les données de terrain synthétisées par Choice, l’Excelium présente également un avantage sur les performances d’abattage moyennes par rapport à la moyenne Uniporc ouest : -0,7 mm de G3, +0,6 mm de M3, +0,6 % de TMP pour, au final, une plus-value totale supérieure de +1,3 centime par kilo.

 

 

 

Cette génétique est également adaptée à la production de porcs lourds. Les carcasses de plus de 100 kilos maintiennent un TMP à plus de 61 %.

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