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Le cartel des jambons sanctionné à hauteur de 93 M€

L’Autorité de la concurrence a annoncé avoir mis au jour des ententes dans le secteur de la charcuterie entre 2010 et 2013. Les principaux concernés contestent les faits qui leur sont reprochés.

L'Autorité de la concurrence accuse les entreprises de l'aval de s'être concertées entre 2010 et 2013 sur les hausses de prix des produits charcutiers pratiqués auprès de la GMS. © D. Poilvet
L'Autorité de la concurrence accuse les entreprises de l'aval de s'être concertées entre 2010 et 2013 sur les hausses de prix des produits charcutiers pratiqués auprès de la GMS.
© D. Poilvet

La décision de l’Autorité de la concurrence est tombée le 16 juillet : le cartel des jambons écope d’une amende de 93 millions d’euros (M€) pour entente. L’une à l’amont sur la variation du prix d’achat du jambon sans mouille aux abatteurs. Deux autres à l’aval, sur les hausses de prix pratiquées auprès de la grande distribution pour les marques de distributeurs (MDD) et premiers prix. « Les industriels concernés se coordonnaient pour acheter moins cher les pièces de jambon auprès des abatteurs et/ou s’entendaient sur les hausses de prix des produits charcutiers qu’ils entendaient pratiquer auprès des enseignes de la grande distribution », explique l’Autorité. Les principales entreprises sanctionnées sont la Cooperl (sanctionnée à hauteur de 35,5 M€), les Mousquetaires par le biais de l’entreprise les Salaisons celtiques (31,7 M€) et Fleury Michon (14,7 M€). Deux groupes ont demandé la clémence en échange de la fourniture d’informations à l’Autorité : Campofrio (Aoste, Jean Caby) et la société suisse Coop qui écopent de sanctions allégées.

Entente à l’amont

Concernant les achats de jambon sans mouille (JSM) auprès des abatteurs, l’enquête montre qu’entre 2011 et 2013, les groupes Campofrio, Fleury Michon, Financière Turenne Lafayette et les Mousquetaires « se contactaient via des appels téléphoniques bilatéraux avant le début des négociations, généralement le vendredi matin, afin d’aboutir à une position commune de négociation ». L’entente a influencé « la variation de la cotation du JSM sur le MIN (marché d’intérêt national), qui sert de référence », dénonce l’Autorité, qui prononce une sanction de 21,5 M€ au titre de ce grief.

Entente à l’aval

À l’aval, les ententes ont concerné à la fois des produits de charcuteries crues et des charcuteries cuites. Réunions dans des hôtels parisiens et lyonnais ainsi que des échanges téléphoniques multilatéraux ont rythmé de 2010 à 2013 l’entente concernant les produits crus (saucisses et saucissons secs, jambon cru…), selon l’Autorité. Huit entreprises sont concernées : Campofrio, CA Animation, Coop, La Financière du Haut Pays, Financière Turenne Lafayette, Savencia, Sonical, Salaisons du Mâconnais. Elles écopent d’une sanction de 10,2 M€. Pour les produits cuits (jambons cuits, pâtés…), sept entreprises (Campofrio, Cooperl Arc Atlantique, FTL, Les Mousquetaires, Nestlé et Roullier, ainsi que la société Aubret) sont sanctionnées à hauteur de 61,5 M€.

"Des éléments calomnieux créés par un concurrent"

À la suite de cette décision, les principales entreprises sanctionnées réfutent les griefs qui leur sont reprochés et ont décidé de faire appel. Du côté de la Cooperl, le discours est plus agressif. Le groupe assure dans un communiqué du 16 juillet que la décision se base sur des « éléments aussi faux que calomnieux qui ont été créés de toutes pièces par un groupe concurrent », accusant la société Campofrio (Aoste). Suite à cette décision judiciaire, nos confrères de Ouest-France ont révélé que Cooperl envisageait de sévères mesures de restructuration. Deux sites industriels de sa filiale Brocéliande seraient menacés de fermeture. Le 28 juillet, la direction a fait savoir à l’occasion d’une réunion du comité central du groupe que son équilibre financier était menacé, indique la CFDT sur sa page Facebook. « Selon elle, les assurances crédits risquent de se désengager, ce qui aura pour conséquence d’accroître un besoin en fonds de roulement de l’ordre de 200 M€. Ce besoin de trésorerie pourrait compromettre l’équilibre financier du groupe dans un contexte de défiance des banques, tant que l’annulation de la décision n’aura pas été prononcée. »

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