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Un outil mis au point par les chambres d’agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire
Devautop calcule l’autonomie protéique des élevages de porcs

Les éleveurs peuvent caractériser leur exploitation sur la thématique de l’autonomie protéique grâce à un outil mis au point par les chambres d’agriculture des Pays de la Loire et de Bretagne. Devautop permet également d’analyser son évolution dans le temps.

Devautop distingue trois origines des matières premières protéiques. La « MAT Camion » correspond aux achats de matières premières produites hors région dans le reste de la France. © M. Fonteneau
Devautop distingue trois origines des matières premières protéiques. La « MAT Camion » correspond aux achats de matières premières produites hors région dans le reste de la France.
© M. Fonteneau

L’objectif de l’outil Devautop est d’une part d’harmoniser l’approche du calcul de l’autonomie protéique dans toutes les filières animales et d’autre part de disposer d’un outil simple et facile à utiliser en élevage (une heure maximum pour réaliser le diagnostic). L’approche de l’autonomie protéique est basée sur la différence entre la consommation de protéines des animaux de l’exploitation et les achats de protéines à l’extérieur de l’exploitation. La consommation de protéines est estimée sur la base de la consommation d’aliment et des performances de l’élevage. En production porcine, elle est calculée en multipliant les quantités d’aliment consommées par la teneur en matières azotées totales (MAT) de chaque catégorie d’aliment. De la même façon, les achats de MAT sont obtenus en multipliant le tonnage acheté de chaque matière première par la teneur correspondante en MAT. Un contrôle de cohérence est ensuite réalisé avec la MAT produite sur l’exploitation.

Les achats extérieurs de protéines sont eux-mêmes ventilés en fonction de leur provenance géographique. La « MAT tracteur » correspond aux achats de matières premières produites dans la région administrative. La « MAT Camion » correspond aux achats de matières premières produites hors région dans le reste de la France. La « MAT Bateau » correspond aux achats de matières premières produites à l’étranger. Dans la base de matières premières de Devautop, une provenance géographique est proposée par défaut pour chaque matière première.

Sensibiliser les éleveurs à la problématique de l’autonomie protéique

À l’issue de la phase de saisie, l’outil édite un bilan global à l’échelle de l’exploitation et un bilan pour chaque atelier animal présent sur l’exploitation. Il fournit en premier lieu un bilan récapitulatif des besoins et des achats de MAT. Il calcule également différents indicateurs :

La provenance géographique de la MAT (tracteur, camion et bateau). Elle permet à l’éleveur de prendre conscience de sa dépendance plus ou moins forte vis-à-vis des protéines végétales importées.
L’autonomie protéique : c’est la part de MAT intraconsommée dans la totalité de la MAT consommée. Cet indicateur est fortement corrélé avec le lien au sol de l’atelier porcin (nombre d’ha SAU/truie présente).
L’efficacité protéique : c’est la quantité de MAT consommée pour produire 100 kg de carcasse. Cet indicateur est indépendant du lien au sol de l’atelier porc. Il permet de mettre en lumière d’éventuels « gaspillages » de protéines liés à la conduite alimentaire de l’élevage.

Ces différents indicateurs peuvent servir de point de départ pour sensibiliser les éleveurs à la problématique de l’autonomie protéique. Ils permettent également de se situer par rapport à d’autres exploitations agricoles ou bien de mesurer une progression intra-élevage au cours du temps. Devautop peut être utilisé comme un outil de conseil individuel par les techniciens d’élevage ou bien comme support de formation pour animer un groupe d’éleveurs. Il a pour vocation d’être diffusé auprès de tous les partenaires techniques des éleveurs de porcs. Il est disponible sur demande auprès des chambres d’agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire.

En savoir plus

Six filières sont concernées par l’outil Devautop : bovins lait, bovins viande, ovins, caprins, porcs et volailles. Cinq structures partenaires ont contribué à la création de l’outil : Institut de l’élevage, chambres d’agriculture, organismes de contrôle laitier, réseau Civam et GAB.

MAT ou protéines : de quoi parle-t-on ?

MAT = ensemble des constituants azotés des aliments végétaux : protéines mais aussi acides aminés libres, amides, nitrates… La valeur MAT d’un aliment est calculée en multipliant la teneur en azote total mesurée en laboratoire (méthodes Kjeldahl ou Dumas) par 6,25 (cette valeur est déduite de la concentration moyenne des protéines en azote qui est de 16 %).

Protéines = macromolécules organiques constituées de chaînes d’acides aminés.

Azote non protéique = azote des constituants alimentaires qui n’est pas sous forme de protéines : urée, ammoniaque, nitrates…

Pour la majorité des aliments végétaux utilisés en production porcine (tourteaux, céréales…), les notions de MAT ou de protéines sont équivalentes et l’on peut employer indifféremment l’un ou l’autre terme. En revanche, dans certains produits à base de légumineuses fourragères (luzerne ou trèfle) une part non négligeable de l’azote est d’origine non protéique. Cette distinction est importante car les animaux monogastriques (porcs et volailles) ne valorisent pas l’azote non protéique présent dans l’aliment. Cet azote est intégralement éliminé dans les urines et les fèces sous forme d’urée et de protéines microbiennes.

Source : Projet DY +, Glossaire de l’alimentation protéique
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