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Comment décloisonner un bâtiment porcin sur caillebotis intégral ?

Quelques astuces de conception permettent de donner une impression d’espace aux animaliers tout en conservant une coque de bâtiment fermée sur caillebotis intégral.

La filière porcine française est organisée autour d’une chaîne de bâtiments fermés.

Parmi les jeunes générations, ce cloisonnement est souvent connoté négativement et peut même les conduire à bouder cette filière au cours de leur parcours de formation. Cela profite généralement aux ruminants qui disposent de bâtiments plus ouverts sur l’extérieur. Malgré tout, des solutions existent pour décloisonner les bâtiments porcins tout en conservant un coque fermée compatibles avec des objectifs de production (performances zootechniques, préservation du sanitaire, confort thermique des animaux…). Dans le cadre du projet BâtiPorc C4E, piloté par l’Ifip, plusieurs éleveurs rencontrés ont anticipé ces nouvelles demandes et ont trouvé des astuces pour modifier la perception des travailleurs au sein des bâtiments.

Apporter de la lumière naturelle

Dans la très grande majorité des cas, l’intégration de la lumière naturelle dans le bâtiment est la clé de ce décloisonnement. L’objectif est de faire entrer la lumière par les deux extrémités des salles. Lorsque le bâtiment est conçu avec un couloir latéral, il suffit de positionner en face de chaque fenêtre du couloir une fenêtre de taille identique donnant vers l’intérieur de la salle. Lorsque le bâtiment est conçu avec un couloir central, cela demande des modifications plus structurantes, comme l’installation de puits de lumière ou la création d’un grand volume équipée de plaques translucides au-dessus du couloir. Le positionnement et le nombre de surfaces vitrées sont également importants pour permettre aux travailleurs d’avoir un visuel sur l’extérieur depuis n’importe quel point du bâtiment. Ainsi, des hublots peuvent être installés sur les portes et des fenêtres peuvent être installées dans les murs entre les salles. Cette vision traversante participe à désenclaver les salles positionnées au milieu de la chaîne de bâtiments alors qu’auparavant, cette sensation n’était réservée qu’aux salles positionnées aux pignons. Ces nombreuses fenêtres facilitent également la surveillance des animaux. Elle peut être plus facilement réalisée depuis le couloir sans perturber leur comportement naturel. Généralement, la sensation de décloisonnement est plus forte lorsque les ouvertures sont positionnées à hauteur d’homme. Les bandeaux lumineux positionnés au plafond apportent beaucoup de lumière, mais l’absence de contact visuel direct avec l’extérieur peut déplaire à certains animaliers.

Modifier la charpente pour augmenter les volumes

Dans les salles, il est possible de travailler sur les volumes disponibles importants pour limiter la sensation d’enfermement. Ainsi, il est maintenant fréquent de voir des plafonds plats positionnés à 2,8 ou 3 mètres de haut (standard souvent positionné à 2,5 ou 2,6 m). Certains sautent même le pas et passent directement en grand volume. Pour ce faire, il est nécessaire de revoir la charpente : soit un passage en charpente traditionnelle (poteau poutre ou lamellée collée), soit une modification du système de fermettes pour limiter l’encombrement du plafond et allonger les distances entre les éléments constitutifs de la charpente. Une grande hauteur sous-plafond peut être un plus, notamment dans les maternités libertés où les aménagements intérieurs peuvent monter relativement haut (cloisons de séparation des cases de 1,2 m associées parfois à des cadres métalliques montant à 2 m). Cependant, ce type de plafond peut parfois mal vieillir. Avec le temps, ils noircissent (salissures, déjections de mouches…) car ils ne sont pas toujours accessibles lors des opérations de lavage.

Yvonnick Rousselière, yvonnick.rousseliere@ifip.asso.fr

Côté web

Dans le cadre du projet Bâtiporc C4E cofinancé par le fond CASDAR et en partenariat avec les chambres d’agriculture de Bretagne et de Pays de la Loire, une plate-forme web a été mise en place pour télécharger des fiches techniques afin d’accompagner les éleveurs et leurs conseillers dans la conception de nouveaux bâtiments porcins.

https://batiporc.ifip.asso.fr/accueil

« Le grand volume dispose d’autres attraits »

Yvonnick Rousselière, Ifip-Institut du porc

"Le passage en grand volume peut également être un plus pour la gestion des coups de chaleur. Cette grande masse d’air montera moins vite en température en été et jouera un rôle de tampon lors des journées contrastées de la mi-saison (nuit fraîche et journée chaude). En revanche, en hiver, pour les stades physiologiques les plus fragiles, comme les porcelets sous la mère ou en post-sevrage, il peut être pertinent d’aménager une partie de la case avec une niche pour limiter les risques de retombée d’air froid sur les animaux en début de bande".

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