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« C’est un plaisir de travailler pour soi quand on s'installe en production porcine»

Rémi Cambon a réalisé son rêve. Il a attendu 10 ans pour reprendre et développer l’élevage de ses parents à Junhiac, dans le sud du Cantal pour se concentrer sur les porcs sur litière accumulée.

Si les choses sont parfois évidentes dans une vie elles ne sont pas toujours accessibles de suite. C’est un peu l’histoire de Rémi Cambon, installé depuis janvier 2020 à la suite de son père, à Junhiac dans le sud du Cantal. « J’ai toujours voulu m’installer, élever des cochons. Mais quand mon père travaillait, il n’y avait pas de place pour deux, l’exploitation était trop petite pour que nous puissions nous en sortir », résume-t-il.

L’élevage créé en 1983 par Jean-Paul Cambon, son père, était constitué à l’origine d’un atelier naissage de 86 truies en plus d’une activité d’élevage de bovins viande alors encore présente sur l’exploitation. Dix ans plus tard, à l’installation de Sylvie, la mère de Rémi, l’élevage de porc passe naisseur-engraisseur, avec la création de 200 places d’engraissement et 250 places de post-sevrage et l’atelier bovins viande et abandonné. Un dernier agrandissement est survenu en 2003, pour porter l’atelier à 110 truies et la suite.

110 truies et la suite

Pour attendre son heure, Rémi a travaillé ailleurs pendant dix ans après avoir passé un bac pro paysagiste. Ce bac, entrant dans le cadre agricole, a permis à Rémi de simplifier son parcours d’installation. Son projet a été essentiellement axé sur la production de porcs sur paille Capelin, proposé par son groupement CAPP. Au total, le jeune éleveur aura investi 300 000 euros pour son installation. Outre la transformation d’une partie des bâtiments existant pour créer 330 places de post-sevrage et 200 places d’engraissement sur litière accumulée, il a construit un nouvel engraissement sur paille de 410 places. « La construction de ce nouveau bâtiment me permet de réintégrer sur l’élevage une partie de l’engraissement jusqu’ici réalisé chez un autre éleveur à une dizaine de kilomètres de l’élevage, faute de place », précise-t-il. Sa conception est adaptée au climat rigoureux de la région, avec une ventilation dynamique et des volets latéraux régulés pour l’entrée d’air qui améliorent l’ambiance par rapport à une ventilation statique. Le plafond est isolé pour limiter les déperditions de chaleur, et les porcs disposent de niches sur lesquelles est entreposée la paille nécessaire à la bande. L’objectif est d’améliorer l’indice de consommation et la qualité de la litière par rapport à un bâtiment en ventilation statique. « Je compte 80 kg de paille par porc. » Cette paille est achetée pour l’instant à un entrepreneur de la région, car l’éleveur ne dispose pas de terres labourables. « Les terres de l’exploitation sont actuellement louées à un tiers. J’espère pouvoir les récupérer prochainement pour cultiver un peu de céréales et produire une partie de la paille dont j’ai besoin. » L’objectif de René Cambon est d’élever à terme 2 000 porcs Capelin, sur 2 700 porcs charcutiers produits à l’année.

Une filière de qualité sur paille

Capelin est une marque développée par le groupe coopératif Altitude basé dans le Cantal et construite sur des porcs élevés sur litière accumulée. La filière produit aujourd’hui 12 000 porcs par an. Le cahier des charges de ce porc a été élaboré avant tout pour favoriser la qualité de la viande : carcasses lourdes (gamme de poids comprise entre 85 et 125 kg), engraissement sur paille avec une surface de 1,2 m2 par porc, et incorporation de farine de châtaigne dans l’aliment finition. Abattus par la Covial à Aurillac, les porcs sont réglés suivant une grille propre au groupement détaillée par Robert Molenat. « Il y a d’abord un prix plancher « cadran » à 1,30 euro le kilo appliqué dès que les prix du marché du porc breton passent au-dessous. Deux primes spécifiques, une pour le Capelin de 19,5 centimes le kilo et la prime traçabilité de 2 centimes ajoutent 21,5 centimes à la plus-value TMP. » Depuis ses débuts, Rémi a livré à la filière des porcs d'une moyenne comprise entre 97 et 98 kilos de carcasse. La viande est ensuite transformée par Cantal Salaisons qui a développé une gamme uniquement présente dans les réseaux de distribution traditionnelle. Pour le groupement CAPP, l’installation de Rémi Cambon fait partie d’un groupe de trois installations en cours qui viendront compenser, en nombre de cochons, les récents départs à la retraite. Pour Rémi Cambon, ses presque deux ans d’activité l’ont conforté dans son choix de reprendre l’exploitation familiale. « On travaille pour soi, ce n’est pas pareil que le salariat », ajoute le jeune éleveur, « On ne voit plus vraiment les choses de la même façon. » Il espère maintenant que sa compagne, Béatrice Rouquier qui travaille pour l’heure à l’extérieur, puisse le rejoindre sur l’exploitation.

L’accompagnement de CAPP

 

 
Alyzée Viallon est la nouvelle technicienne de CAPP qui assurera le suivi de l’élevage de Rémi Cambon. Elle remplace Robert Molenat qui fait valoir ses droits à la retraite. © Y. Kerveno

Sur les 300 000 euros investis, Rémi a pu bénéficier d’un financement de 122 000 euros apporté dans le cadre des aides du plan de compétitivité et d’adaptation des entreprises (PCAE). Grâce à son implication dans le GIEE (groupement d’intérêt économique et environnemental) porc sur paille créé par la CAPP, il a aussi pu percevoir un bonus de 10 % par rapport au schéma classique de l’aide et il a bénéficié d’un prêt à taux zéro de 26 000 euros de la région Auvergne-Rhone-Alpes. Par ailleurs, la CAPP propose, aux jeunes qui s’installent, un dispositif de prêt à 1 % sur 5 à 15 ans, dans la limite de 15 % de l’investissement, dont l’objectif est de rassurer les banques.

Curriculum

Rémi Cambon

30 ans
Bac pro paysagiste
10 ans salarié dans le domaine du paysage
2020 : installation.

Côté éco

Rémunération de base Capelin indexée sur le marché du porc breton, avec un prix plancher de 1,30 €/kg.
Prime Capelin : 19,5 c€/kg
Prime traçabilité : 2 c€/kg
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