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Un meilleur ingéré en post-sevrage avec la distribution de lait aux porcelets

Un essai réalisé à la station de l’Ifip à Romillé démontre que la distribution de lait après sevrage sur des porcelets de 14 jours a un effet bénéfique sur la quantité totale de matière sèche ingérée en post-sevrage.

La distribution de lait sur des petits porcelets au sevrage favorise une meilleure consommation de matière sèche au cours du post-sevrage.
La distribution de lait sur des petits porcelets au sevrage favorise une meilleure consommation de matière sèche au cours du post-sevrage.
© Ifip

 La distribution de lait reconstitué pendant une semaine après un sevrage à 14 jours permet en moyenne d’augmenter la quantité de matière sèche consommée par les animaux en post-sevrage, mais avec une très grande disparité selon les cases et selon les conditions d’élevage.

Quand les conditions de sevrage sont dégradées (grandes cases, nombreux mélanges de portées, cases hétérogènes), cet effet se traduit par une amélioration de la vitesse de croissance et de l’indice de consommation qui apparaît postérieurement à la phase de distribution du lait.

 

 
Un meilleur ingéré en post-sevrage avec la distribution de lait aux porcelets

 

En conditions plus favorables (cases de 10), l’apport de lait reconstitué n’améliore pas la croissance. C’est ce que démontre un essai réalisé à la station Ifip de Romillé sur des porcelets sevrés à 14 jours. Un premier test a comparé un lot de porcelets ayant reçu du lait durant la semaine qui a suivi le sevrage à des porcelets qui n’ont consommé que de l’aliment sec.

Les animaux étaient logés en cases de 10 places. Dans ces conditions, la vitesse de croissance a été identique pour les deux traitements sur l’ensemble du post-sevrage (respectivement 403 et 399 grammes de GMQ entre 14 et 64 jours d’âge). Dans ce premier essai, le lait a représenté les trois quarts de la matière sèche ingérée au cours de la première semaine de post-sevrage, ce qui veut dire que les porcelets délaissent pour une grande partie l’aliment sec.

Au final, le lait leur permet de consommer en moyenne 18 % de matière sèche en plus que les animaux témoins (146 vs 123 g/j). Mais il faut noter une très grande disparité selon les cases pour ce critère (de -23 à +51 %). Dans la semaine qui suit l’arrêt de la distribution de lait, tous les porcelets ont consommé significativement moins d’aliments secs (114 g/j contre 142 g/j pour le lot témoin). Ce n’est plus le cas ensuite, les consommations d’aliments des deux lots étant équivalentes. Sur l’ensemble de la phase de post-sevrage, l’indice de consommation est en faveur des animaux n’ayant pas reçu du lait (1,51 vs 1,58, l’apport de matière sèche par le lait ayant été pris en compte).

Une meilleure réponse en conditions sévères

Pour la seconde bande, les porcelets ont été logés dans des cases de 50 places. Les conditions de sevrage étaient plus sévères, car il y avait plus de mélange de portées, une plus grande hétérogénéité pondérale et tous les porcelets sevrés avaient été retenus pour l’essai.

Dans ces conditions, les porcelets ont mieux réagi à l’apport supplémentaire de lait. Les écarts de poids au même âge avec la bande précédente ont été importants (400 g au sevrage, supérieur à 1 kg à 28 jours d’âge), mettant en évidence les différences de conditions de logement au sevrage. Par rapport aux animaux témoins, la consommation de matière sèche a augmenté de 59 % en moyenne grâce à la distribution de lait (149 vs 94 g/j lors de la période de distribution de lait).

Cette augmentation d’ingestion est toujours très élevée (de +34 à +108 % selon les cases) contrairement à la bande précédente. Immédiatement après l’arrêt de distribution de lait, la consommation d’aliment sec n’a pas différé significativement entre 21 et 28 jours d’âge (124 g/j pour les porcs avec lait vs 139 g/j pour le lot témoin). 

 

 
Un meilleur ingéré en post-sevrage avec la distribution de lait aux porcelets

 

Au final, la vitesse de croissance sur l’ensemble de la période de post-sevrage dans les conditions sévères a été significativement améliorée pour les porcs ayant reçu du lait (409 vs 387 g/j). Dans ces conditions, l’écart de vitesse de croissance ne s’établit pas lors de la distribution de lait, mais à partir de 28 jours d’âge (334 vs 303 g/j entre 28 et 42 jours d’âge). Elle subsiste en période de 2e âge (616 vs 593 g/j).

L’indice de consommation est également en faveur du traitement avec lait (1,49 vs 1,53). Toutes les catégories de poids sont concernées par cet avantage de croissance permis par le lait, en particulier pour les porcelets les plus lourds et les plus légers (GMQ amélioré de + 8 % contre 4 % pour les porcelets de poids intermédiaires). 

Le fait qu’une partie des animaux sevrés n’ait pas été retenue dans la première bande, ceci afin de constituer des cases de poids homogènes et constituées d’animaux provenant d’un nombre très réduit de portées, peut expliquer en partie les différences constatées entre les deux bandes. Mais la disposition des cases de post-sevrage, les conditions d’élevage plus sévères pour la seconde bande sont également susceptibles d’avoir agi défavorablement sur la consommation d’aliment des porcs du traitement témoin. Dans le même temps, les porcelets ayant reçu du lait ont pu maintenir un niveau de consommation équivalent à la première bande au cours de la première semaine de post-sevrage. On peut également envisager que le comportement exploratoire soit modifié entre les deux conditions de sevrage utilisées dans cette étude. Si ce comportement a été plus encouragé dans la seconde bande, seuls les porcs ayant reçu du lait en auront finalement bénéficié.

Rédaction Réussir

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