Plan Casi : le Finistère double son enveloppe, les syndicats refusent de trier les bénéficiaires dans plusieurs départements
Le département du Finistère a décidé de doubler l’enveloppe réservée au fonds de réarmement agricole à 7,6 millions d’euros. Dans plusieurs autres départements, les syndicats déplorent des enveloppes trop faibles et refusent de participer à définir les critères d’attribution.
Le département du Finistère a décidé de doubler l’enveloppe réservée au fonds de réarmement agricole à 7,6 millions d’euros. Dans plusieurs autres départements, les syndicats déplorent des enveloppes trop faibles et refusent de participer à définir les critères d’attribution.
Si le ministère de l’Agriculture se refuse à donner le détail des enveloppes attribuées aux régions pour le fonds de réarmement du plan Casi (Climat, adaptation, sécheresse, incendie), elles-mêmes réparties entre départements par chaque région, les chiffres sont publiés au niveau local, avec son flot de mécontentements.
Lire aussi : Île-de-France : la Région annonce un plan d’urgence de 5 millions d’euros pour aider ses agriculteurs en difficulté
Le Finistère double son fonds de réarmement
Le Finistère se distingue par l’ampleur de son effort. Le département s’est vu attribuer 3,8 millions d’euros, une enveloppe que le président du Département, Maël de Calan, a décidé de doubler pour la porter à 7,6 millions d’euros.
« Le Finistère connaît une sécheresse d’une intensité et d’une durée exceptionnelle. Les conséquences sur les filières agricoles sont majeures : pertes de rendements, pénurie de fourrage, animaux en souffrance, surmortalité dans les élevages », peut-on lire dans un communiqué du Finistère qui compte plus de 6000 exploitations agricoles et dont l’agriculture représente 10% des emplois. Maël De Calan appelle la Région Bretagne et les intercommunalités finistériennes à faire le même effort « pour assurer le rebond de l’agriculture finistérienne ». A noter que le guichet est déjà ouvert dans le Finistère (jusqu’au 1er octobre), le préfet ayant annoncé une priorisation des demandes en faveur des exploitations particulièrement touchées dans les secteurs des légumes, du maraîchage et de l’élevage de ruminants, ainsi que des exploitations comptant un jeune agriculteur ou un nouvel installé.
En dehors du Finistère, dans beaucoup de départements, l’annonce des enveloppes départementales, jugées trop faibles, fait grincer des dents ainsi que les critères de sélection des agriculteurs bénéficiaires du fonds de réarmement.
Lire aussi : Plan sécheresse (Casi) : l’accès au fonds de réarmement agricole se précise région par région
Des organisations agricoles refusent de « participer au tri » des bénéficiaires
Dans le Lot-et-Garonne, Jeunes agriculteurs, FDSEA, Confédération paysanne et Coordination rurale se sont accordés pour dénoncer une « enveloppe indécente » de « 3 millions d’euros d’aide d’urgence pour 3515 agriculteurs, soit 853,48 euros par exploitation ». Et l’ensemble des syndicats de refuser dans un communiqué commun de faire le tri entre « quelques-uns sauvés, quand les autres seraient laissés sur le bord du chemin ».
En Dordogne qui dispose d’une enveloppe de 2,87 millions d’euros pour le fonds de réarmement, la Chambre d’agriculture a, elle aussi, refusé de donner son avis sur ses critères de distribution. Etant donné que toutes les filières agricoles sont concernées à des degrés divers par les conséquences des épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs, « la définition des critères d’éligibilité et les décisions d’attribution des aides relèvent de la responsabilité des services de l’Etat », écrit-elle.
Lire aussi : « Le plan sécheresse est très insuffisant », réagissent les syndicats agricoles de manière unanime
Dans l’Indre, FDSEA et Confédération paysanne ont décidé de quitter la réunion du comité départemental d’expertise sécheresse le 17 septembre, refusant de porter la responsabilité de la répartition de l’enveloppe de 2 millions d’euros attribuée au département dans le fonds de réarmement agricole.
Vous avez décidé combien pourront être aidés. N’attendez pas de nous que nous décidions lesquels
« Vous avez décidé combien pourront être aidés. N’attendez pas de nous que nous décidions lesquels. Le jeune installé plutôt que celui qui travaille depuis vingt ans ? Celui qui emploie plutôt que celui qui travaille seul ? Celui qui est déjà au bord du gouffre plutôt que celui qui tient encore ? » peut-on lire dans le communiqué commun.
Lire aussi : « La crise est sérieuse : 30 à 35 000 exploitants agricoles auraient un besoin urgent d’une aide forte »