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Pesticides interdits : dix exploitations agricoles perquisitionnées par la gendarmerie en Charente-Maritime

En Charente-Maritime, dix exploitations ont été perquisitionnées par une quarantaine de gendarmes dans le but de contrôler les stocks de pesticides. Ces contrôles ont été menés simultanément le 31 mars dernier.

Espace de rangements de bidons de pesticides sur des étagères
Dans dix fermes de Charente-Maritime, les gendarmes ont procédé à des perquistions pour vérifier l'éventuelle présence de pesticides interdits.
© Réussir

Vaste déploiement de la gendarmerie le 31 mars dernier en Charente-Maritime. Le but de l’opération était de contrôler les stocks de pesticides, vérifier habitations et bâtiments. A 6 h 45, une quarantaine de gendarmes se sont simultanément rendus dans dix exploitations afin de les perquisitionner. Les militaires étaient accompagnés d’experts environnementaux afin de rechercher des traces de pesticides interdits, après des alertes sanitaires, explique L’essor de la gendarmerie dans un article publié sur son site le 3 avril.

Lire aussi : Produits phytosanitaires : quelles molécules risquent d’être interdites dans un proche avenir ?

De l’acétamipride retrouvé dans des tests pratiqués sur des enfants

En 2024, des parents de la communauté de communes de la plaine d’Aunis, inquiets face au surrisque de cancer, ont fait analyser les urines et les cheveux de mineurs. Les tests menés sur 72 mineurs ont révélé la présence de pesticides dans l’organisme de onze enfants, dont l’acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. La France a interdit la commercialisation de ce produit en 2018 mais il reste autorisé dans le reste de l’Europe jusqu’en 2033 et le sénateur Laurent Duplomb souhaite le réautoriser. 

A relire : Réintroduction de l’acétamipride : Laurent Duplomb revient avec une nouvelle proposition de loi

Une plainte déposée en 2025 par deux ONG

A la suite de la révélation des résultats de ces tests, Nature environnement 17 et Santé avenir environnement ont porté plainte en 2025, ce qui a amené le parquet de La Rochelle à ouvrir une enquête. C’est dans le cadre de cette dernière qu’une quarantaine de gendarmes, accompagnés de gendarmes de l’Oclaesp, spécialistes des questions environnementales, et de la brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) qui dépend du ministère de l’Agriculture, précise l’Essor de la gendarmerie, que des perquisitions ont été menées.

Lire aussi : Atmo France publie désormais une carte dédiée à la présence de pesticides dans l'air

Une campagne de tests du sol, de l’air et de l’eau lancée jusqu’en 2028

Au sein des dix exploitations toutes situées à proximité de La Rochelle, les enquêteurs ont examiné les lieux de stockages, ont saisi des contenants et ont effectué des prélèvements sur les cultures rapporte l’Essor de la gendarmerie qui ajoute que la préfecture de Charente-Maritime a lancé une campagne de tests du sol, de l’air et de l’eau jusqu’en 2028.

Lire aussi : Acétamipride : la PPL Duplomb 2, modifiée après l’avis du Conseil d’Etat, sera-t-elle intégrée à la loi d’urgence agricole ?

Des agriculteurs sous le choc

Dans un article publié le 1er avril sur son site, France Info rapporte que Cédric Tranquard de  la chambre d’agriculture de la Charente-Maritime, également président de la commission environnement de la FNSEA, lui a affirmé qu’il « était impossible qu’il y ait eu des épandages de ce produit (ndlr : l'acétamipride) ». France Bleu Nouvelle-Aquitaine parle aussi das un article publié sur son site le 5 avril d'agriculteurs sous le choc. « Je n'ai pas fait ce métier d'agriculteur pour être traité en délinquant » a confié un agriculteur dont la ferme a été fouillée de fond en comble. Il avoue toutefois avoir eu le tort de garder des bidons de produits phytos interdits à la vente sur une étagère alors qu’il aurait dû s’en débarrasser à l'occasion d'une collecte d'anciens produits phyto.

« Si ces produits sont vraiment dangereux, qu’on se retourne contre les vendeurs, mais pas contre les utilisateurs »

Cet agriculteur et son fils assurent n’avoir jamais utilisé d’acétamipride et avoir acheté « légalement , sur le marché officiel » les autres molécules présentes à la ferme. Ils assurent tous deux que « ces traitements coûtent chers » et qu’ils ne font « pas plus de trois passages par an dans un champ de blé, lors d'une année moyenne en termes de précipitations ». Ils estiment  par ailleurs que « si ces produits sont vraiment dangereux, qu’on se retourne contre les vendeurs, mais pas contre les utilisateurs ».

Lire aussi : Pesticides : le Conseil d’Etat refuse de donner l’accès aux registres d’épandage demandés par Générations futures en Nouvelle-Aquitaine

La Coordination rurale estime que les agriculteurs ne doivent pas « servir de boucs-émissaires »

Par le biais d’un communiqué daté du 4 avril publié sur son compte Facebook, la Coordination rurale 17 dénonce « des méthodes disproportionnées et indignes » et affirme que les agriculteurs « ont été traités comme des criminels ». Elle rappelle que « les agriculteurs travaillent dans un cadre légal strict, en utilisant des produits phytosanitaires disposant d’une autorisation de mise sur le marché. Les présenter implicitement comme des coupables constitue une dérive grave ». La CR17 affirme que « l’origine des faits pourrait être totalement étrangère à la filière agricole » et estime que les agriculteurs ne doivent pas « servir de boucs-émissaires ».

Lire aussi : Des vautours fauves, espèce protégée, empoisonnés dans l'Aude avec un pesticide interdit depuis 2003 : dix mois de prison avec suris pour les coupables

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